La FIPEQ se dirige vers des moyens de pression plus lourds dans les CPE

Alors que la FIPEQ se dit prête à solliciter des mandats de moyens de pression plus lourds de ses membres dans les CPE, la ministre Sonia LeBel répète qu’elle veut attendre que les autres syndicats aussi aient déposé leurs demandes avant de déposer son offre à l’ensemble des travailleuses dans les services de garde.

La Fédération des intervenantes en petite enfance (FIPEQ), affiliée à la CSQ, qui représente plus de 11 000 travailleuses dans les services de garde, a donné à Québec jusqu’à la fin d’avril pour déposer ses offres et débuter véritablement la négociation pour le renouvellement des conventions collectives dans les centres de la petite enfance.

À défaut d’un tel dépôt d’ici la fin d’avril, la FIPEQ sollicitera de ses membres des mandats de moyens de pression plus lourds, « ce qui va nous amener possiblement à la grève », a prévenu sa présidente, Valérie Grenon.

Interrogée à ce sujet mercredi, la présidente du Conseil du trésor a répondu qu’elle attendait que les syndicats de la CSN et de la FTQ aussi aient déposé leurs demandes. « Le gouvernement doit attendre d’avoir l’ensemble des propositions syndicales avant de faire son dépôt, parce qu’on n’aura pas des dépôts différents pour chacun des syndicats », a répliqué la ministre.

Mme Grenon, de la FIPEQ, voit là un prétexte pour retarder indûment sa négociation, alors qu’elle a déposé ses demandes en septembre dernier.

« Ce n’est pas comme ça que ça marche, une négociation », le gouvernement peut très bien discuter des clauses normatives avec la FIPEQ — qui a des demandes différentes des autres organisations — avant de présenter un dépôt salarial pour l’ensemble, a-t-elle fait valoir en réplique. « Il y a autre chose qu’on peut négocier, autre que le salaire », plaide Mme Grenon.

Elle rapporte que même pour les responsables de services éducatifs (RSE) en milieu familial, pour lesquels la FIPEQ représente le plus grand nombre de travailleuses, la négociation n’a pas vraiment commencé non plus. Dans les CPE, « on n’a aucune date de négociation [à venir], pas de date en avril, peut-être en mai », se plaint Mme Grenon. Or, la FIPEQ désirait régler avant le départ pour les vacances d’été.

Pourtant, la présidente du Conseil du trésor assure que des discussions ont bel et bien lieu avec la FIPEQ. « Ça ne veut pas dire qu’on ne négocie pas, qu’on n’est pas à la table de négociation avec la FIPEQ. Mais dès que l’ensemble des syndicats qui représentent les CPE auront fait leurs demandes syndicales, le gouvernement va faire un dépôt officiel », assure la ministre LeBel.

La Fédération de la santé et des services sociaux, affiliée à la CSN, est majoritaire dans les CPE, alors que la FIPEQ est majoritaire dans les services de garde en milieu familial.

Le mode de rémunération des travailleuses est aussi différent, mais la FIPEQ veut mener les deux négociations de front. Les responsables de services de garde en milieu familial touchent une subvention du ministère de la Famille pour compenser les dépenses liées au service de garde dans leur domicile, alors que les travailleuses dans les CPE sont des salariées rémunérées à l’heure.

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