La météo, qui a offert un Noël vert aux Québécois, limite les activités hivernales

De Montréal à la Gaspésie, les Québécois ont subi le même sort : être privé de Noël blanc. Mais il est encore trop tôt pour ranger ses skis, assurent des stations, qui estiment que le « meilleur est à venir ».

En l’absence de 2 centimètres de neige au sol le matin du 25 décembre, Noël a plutôt été vert à travers la province. Si le phénomène est « un peu plus courant » à Montréal, il est « rarissime » en Gaspésie ou encore au Saguenay, explique Simon Legault, météorologue chez Environnement Canada.

Dans ces régions où le taux de Noël blanc est« de 95 à 98 % », les habitants n’avaient pas vu le gazon un 25 décembre depuis « plusieurs décennies », ajoute-t-il. Et même s’il est trop tôt pour dessiner une tendance, il faudra s’y habituer, car cela va devenir « un petit peu plus fréquent […] dans le contexte des changements climatiques ».

Un Noël vert ne sonne pas pour autant la fin de l’hiver, rassure-t-il, même s’il reconnaît que la saison a déjà pris un « retard difficile à combler ».

« On aura de la neige à chaque hiver, dans les prochaines décennies, prévient le météorologue. Mais on va vivre des variations très importantes : des grosses tempêtes, des redoux plus importants, mais aussi des froids qui peuvent être surprenants. »

Les températures devraient baisser dans les prochains jours, pour s’approcher des normales de saison. Deux ou trois centimètres de neige sont attendus à Montréal et dans plusieurs régions du Québec d’ici la fin de la semaine.

Il faudra toutefois attendre la « deuxième moitié de janvier » pour espérer des « quantités de neige peut-être plus abondantes », même si M. Legault ne « voit pas pour l’instant de système bien organisé ou très vigoureux qui amènerait des tempêtes de neige ». 

Des stations de ski optimistes 

Les conditions météorologiques des derniers jours ont eu un impact sur certaines activités du Massif de Charlevoix, comme la luge. « Nous aurions souhaité [la] proposer à cette période de l’année. Malheureusement, en raison de ces contraintes, nous avons dû annuler les départs jusqu’au 4 janvier », écrit le vice-président opérations, Vincent Dufresne.

Ce dernier a bon espoir que toutes les pistes de la montagne seront éventuellement ouvertes « sans aucun retard notable par rapport aux années précédentes ». M. Dufresne soutient qu’en dépit des défis, la planification annuelle du Massif de Charlevoix permet à l’équipe « d’anticiper les périodes de redoux et de pluie en début de saison et de [se] prémunir contre leurs effets néfastes ». 

En Estrie, la directrice marketing du Mont Sutton, Nadya Baron, affirme que « les journées actuelles sont plus tranquilles » qu’elles ne le sont habituellement à cette période. Elle soulève que les détenteurs d’une passe de saison ont cependant fait plus de jours de ski qu’à pareille date l’année dernière » grâce à la neige tombée il y a quelques semaines. 

Mme Baron estime toutefois que « le meilleur est à venir » pour sa station. « Les dernières statistiques démontrent que les gens ont l’intention de faire du ski cette saison […] et notre capacité en enneigement a été doublée avec les récents investissements », énumère-t-elle. 

Des conditions « plus que parfaites » pour les érablières

L’équipe de l’érablière de la Ferme Lacabert, à Sainte-Anne-de-la-Rochelle, en Estrie, est elle aussi optimiste. Les « fluctuations » entre des températures plus douces en journée et des gelées la nuit sont « idéales pour la production du sirop d’érable », explique sa copropriétaire Julie Lacasse. 

Sous les conseils du fils des propriétaires et étudiant en production acéricole, Mathias Hébert, l’érablière a commencé à récolter pour la première fois depuis 2019 du sirop à la mi-décembre, plutôt qu’à la mi-février.

Les températures plus douces permettent aussi aux employés d’entailler les arbres dans des conditions « moins dures physiquement », indique Mme Lacasse, qui explique que plusieurs gros producteurs ont pris de l’avance cette année. 

Ils peuvent aussi réparer la tubulure, endommagée par les animaux sauvages et les tempêtes de vent de plus en plus récurrentes, selon les propriétaires. « C’est notre premier gros test avant d’affronter le printemps. » 

Mais il « faut quand même que l’hiver arrive », lance l’employé Samuel Marois. Les gelées sont en effet essentielles « pour faire bouger la sève dans l’arbre », explique Mathias. « Quand ça gèle pas, il y a de moins en moins de sucre dans l’eau, faque ça prend beaucoup d’eau pour produire du sirop. »

Ces épisodes de froid doivent être combinés à des températures positives en journée pour permettre « le mouvement de la sève et faire les coulées », ajoute sa mère Julie Lacasse. « On ne peut pas se passer de l’hiver pour faire la saison des sucres. »

Des Fêtes en gris à Montréal

Au Grand Marché de Noël de Montréal, situé dans le Quartier des spectacles, des passants déambulent malgré le temps gris du 27 décembre. Vêtus de minces manteaux, des enfants sautillent entre les kiosques. 

Devant l’un des édicules, Cléa Guerin confie qu’elle trouve la température actuelle plutôt ennuyante. La météo a chamboulé ses plans des Fêtes, car celle qui habite la métropole depuis environ sept mois avait loué un chalet près de Québec pour y pratiquer des activités hivernales. « On est un peu déçus, je ne sais pas trop quoi faire. »

Près de là, Jessica Aviles et ses deux filles dégustent une crème glacée à l’intérieur du Complexe Desjardins. Le fait qu’une fine pluie tombe sur la rue Sainte-Catherine à cette période-ci est « étrange », souligne la mère. Elle avait toutefois planifié une sortie à l’abri des aléas météorologiques, soit d’aller assister au ballet Casse-Noisette à la Place des Arts.

Nicole Carrier a également opté pour un Noël culturel en se procurant des billets pour un spectacle à la Maison symphonique. Venue de Longueuil, elle dit ne pas être incommodée par l’absence de neige, car elle « déteste » la saison hivernale. « C’est quand même dommage pour ceux qui aiment ça », reconnaît-elle, en mentionnant avoir déjà vécu à quelques reprises un temps des Fêtes vert. « Mais pas aussi fréquemment que ça. On dirait que chaque année, l’hiver diminue toujours. »

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