« La mixité sociale est toujours un enjeu majeur pour Paris », rappelle Anne Hidalgo, qui met la pression sur l’Etat

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En inaugurant ce jeudi, l’îlot Saint-Germain, dans le 7e arrondissement de Paris, la maire socialiste Anne Hidalgo et son équipe en ont profité pour rappeler que « la mixité sociale est l’un des enjeux majeurs portés par la municipalité depuis 2014, et même depuis 2001 sous la mandature précédente ». Avec un petit tacle au passage le gouvernement, « avec qui il est impossible de discuter d’une quelconque décote sur les propriétés foncières qui lui appartient dans Paris intra muros ».

Avec 254 logements sociaux, une crèche, des équipements sportifs et des espaces verts, l’îlot Saint-Germain constitue un symbole fort de la politique volontariste de la majorité socialiste de construire toujours plus de logements accessibles aux ménages les plus modestes. « Aujourd’hui, nous atteignons les 25 % de logements sociaux, contre 13 % en 2001, rappelle Anne Hidalgo. Ce qui permet à 700.000 Parisiens de rester dans Paris intra muros ». Mais elle pointe également les disparités encore fortes entre l’est et l’ouest de la capitale.

Des disparités encore très importantes

Dans le 7e arrondissement, fief de Rachida Dati (LR) depuis 2008, le taux de logements sociaux qui plafonne sous les 5 %, est le plus bas de la capitale. Et si la vente de l’îlot Saint-Germain, ancien QG des Armées déménagé en 2015 à Balard, a été actée durant le mandat présidentiel de François Hollande, Ian Brossat, adjoint au logement à la mairie de Paris, se souvient d’un « très très long bras de fer. Le ministère de la Défense n’était pas dans l’optique de céder le terrain à la Ville au départ, et il a traîné des pieds. A l’époque, Emmanuelle Cosse, alors ministre du Logement, a particulièrement œuvré pour parvenir à cet accord ».

Non sans peine, puisqu’il se souvient également d’un amendement voté au Sénat, empêchant que les biens dépendant du ministère des Armées, ne soient soumis à la décote. « C’est une partie du feuilleton qui s’est bien terminée en effet, sourit-il. Mais l’ancien sénateur UDI et élu du 7e arrondissement, [Yves Pozzo di Borgo] avait réussi à nous mettre une belle épine dans le pied ». Une raison pour ne plus viser les biens du ministère des Armées ?

Des discussions très difficiles avec l’Etat depuis 2017

« L’Etat est globalement un très gros propriétaire foncier à Paris, et le ministère des Armées particulièrement, assure l’adjoint au Logement. Mais nous n’avons pas un ministère en particulier dans le viseur. » D’ailleurs, les deux projets qui ont vu le jour à la caserne des Minimes dans le 3e arrondissement et celui à venir dans le 16e arrondissement pour la caserne Exelmans, n’ont pas nécessité les mêmes négociations : elles étaient déjà la propriété de la Ville de Paris, qui y logeait à titre gratuit des militaires .

De même, la Ville, qui ne compte pas s’arrêter là, a annoncé trois dossiers, dans le 2e, le 4e et le 5e arrondissement, tous propriété de la Direction générale des Finances publiques (DGFIP), précise le cabinet de Ian Brossat, qu’elle veut proposer au ministre du Logement rapidement. « J’en appelle à l’ancien maire de Dunkerque et nouveau ministre, Patrice Vergriete, qui connaît bien ces sujets-là. Nous sommes partants pour l’accompagner sur le sujet du logement accessible, nous avons d’ailleurs des projets clés en main pour que l’Etat contribue également à la question du logement ». L’occasion aussi pour Anne Hidalgo d’affirmer que depuis 2017 et l’accession au pouvoir d’Emmanuel Macron, « tous les dossiers de vente du foncier de l’Etat à Paris sont bloqués, le gouvernement refusant en bloc toute décote ».

Néanmoins, la maire de la capitale continue d’afficher son objectif de « 40 % de logements sociaux et abordables à Paris en 2035 », en misant notamment sur le nouveau plan local d’urbanisme (PLU), adopté en juin et qui devrait s’appliquer fin 2024-début 2025. Elle a aussi annoncé la création en 2024 d’une foncière pour le logement abordable, « afin que les classes moyennes puissent louer 25 % moins cher que le prix du marché », une clause qui ne concernera que 320 logements par an dans un premier temps. Enfin, elle s’est félicitée des « premiers effets bénéfiques de l’encadrement des loyers, dont la gestion a été reprise en mains par la municipalité » et d’un compte foncier doté de 320 millions d’euros pour 2024, contre 86 millions en 2014. Merci l’augmentation de la taxe foncière ?

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