La patineuse artistique russe Kamila Valieva suspendue quatre ans pour dopage

La patineuse artistique Kamila Valieva a été disqualifiée des Jeux olympiques d’hiver de Pékin en 2022 pour dopage sportif, lundi, près de deux ans après que son histoire eut semé la controverse en Chine.

La décision du Tribunal arbitral du sport (TAS) signifie que la Russie perdra sa médaille d’or dans l’épreuve par équipe. Celle-ci sera plutôt octroyée aux États-Unis, tandis que le Japon sera promu sur la deuxième marche du podium. Le Canada, exclu initialement du podium à Pékin, recevra finalement la médaille de bronze.

Le Comité international olympique (CIO) avait décidé de ne pas distribuer de médailles dans l’épreuve par équipe à Pékin, où Valieva, alors âgée de 15 ans, était l’une des patineuses étoiles quelques heures avant qu’elle reçoive un résultat positif à un test de dépistage à la trimétazidine, un médicament pour le coeur interdit dans le sport.

Le TAS a indiqué qu’il avait maintenu la contestation de l’Agence mondiale antidopage (AMA), qui avait demandé au tribunal de disqualifier Valieva des Jeux olympiques et de la suspendre. Un tribunal sportif russe l’avait cependant blanchie de toute accusation.

Le TAS l’a suspendue pour quatre ans, soit jusqu’en décembre 2025. Les prochains Jeux olympiques d’hiver se dérouleront du 6 au 22 février 2026 à Milan / Cortina d’Ampezzo, en Italie.

« Patinage Canada applaudit à la décision rendue par le Tribunal arbitral du sport concernant l’infraction de dopage de la patineuse artistique russe Kamila Valieva, lors des Jeux olympiques d’hiver 2022. Cette décision souligne l’importance de mesures antidopage rigoureuses et le besoin de vigilance continue, afin de protéger l’intégrité du patinage artistique et de tous les sports », pouvait-on lire dans un communiqué publié sur le site Internet de Patinage Canada.

« Patinage Canada préconise des règles impartiales et équitables pour un sport sans drogue, à l’intention de tous les athlètes, et appuie les efforts d’organismes internationaux, dont l’Agence mondiale antidopage (AMA), en vue du maintien de l’intégrité de notre sport », a-t-on ajouté.

Un message laissé au Comité olympique canadien (COC) n’a toujours pas été retourné.

Le CIO est responsable de la redistribution des médailles et son comité exécutif doit se réunir en mars.

 

L’équipe juridique de Valieva a indiqué qu’elle analyserait la décision du TAS avant de déterminer si elle la contestera devant le Tribunal fédéral suisse — l’équivalent de la Cour suprême au Canada —, a mentionné l’avocate Andrea Pinna par voie de communiqué. Pinna, qui est établie à Paris, a mené la défense de la patineuse russe lors des procédures d’appel en septembre et novembre.

Les recours devant le Tribunal fédéral suisse peuvent être interjetés pour des raisons procédurales précises, et non sur le fond de l’affaire.

Les avocats de Kalieva alléguaient que son organisme avait été contaminé par des traces de trimétazidine, un médicament que son grand-père utilise.

 

« Après une analyse prudente de toutes les preuves présentées, pouvait-on lire dans le jugement, le comité du TAS a conclu que Mme Valieva n’a pu établir de façon claire, en fonction du calcul des probabilités et des preuves qui ont été présentées au comité, qu’elle n’avait pas volontairement voulu enfreindre la politique antidopage. »

Les juges ont déterminé que, en vertu des règles antidopage russes, Valieva ne pouvait se soustraire aux sanctions puisqu’elle était mineure au moment du test de dépistage positif.

Il n’y a « rien dans les règlements qui discerne un athlète d’âge adulte d’un autre d’âge mineur », a-t-on précisé dans le document de cour, qui n’a toujours pas publié de verdict détaillé puisque des éléments de confidentialité doivent encore être réglés.

Ce dossier a provoqué le chaos aux Jeux olympiques puisque l’échantillon de Valieva, qui avait été prélevé six semaines plus tôt aux championnats russes de patinage artistique, n’avait pas été signalé par un laboratoire suédois avant le déroulement de l’épreuve par équipe le 7 février 2022 — notamment en raison d’un problème d’effectifs au laboratoire qui était attribuable à la pandémie de COVID-19.

Valieva avait poursuivi ses activités aux JO malgré le verdict, après qu’un tribunal russe et un comité distinct du TAS l’eurent épargnée puisqu’elle était d’âge mineur au moment des faits.

Ces distractions ont provoqué de nombreuses erreurs dans les programmes individuels de Valieva, qui était pourtant la favorite pour l’emporter. Elle a éventuellement pris la quatrième place.

La saga s’est poursuivie à l’extérieur de la patinoire. La réaction de son entraîneuse, Eteri Tutberidze, a été fortement critiquée par les experts de la discipline et le président du CIO, Thomas Bach.

Bach avait déclaré à Pékin au lendemain de l’incident qu’il avait été « très, très perturbé » de constater « l’extrême dureté » de l’entourage de Valieva.

Le dossier a été transféré au TAS afin de contester une décision d’un tribunal antidopage russe rendue vers la fin de 2022, qui estimait que Valieva était innocente. Ce verdict laissait entendre qu’elle serait disqualifiée des championnats nationaux, mais qu’elle conserverait ses résultats olympiques et sa médaille d’or dans l’épreuve par équipe.

L’AMA avait demandé au TAS d’imposer une suspension de quatre ans à Kalieva et sa disqualification des JO. L’Union internationale de patinage recommandait plutôt une suspension de deux ans et sa disqualification.

Valieva, qui aura 18 ans en avril, n’a pas patiné dans une épreuve internationale depuis les Jeux de Pékin.

avec La Presse canadienne

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