La pénurie de main-d’oeuvre ralentit le virage numérique des entreprises, selon une étude

Dans un contexte où « 9 emplois sur 10 exigeront des compétences numériques » d’ici 2030, « 70 % des moyennes et grandes organisations canadiennes trouvent que l’embauche de travailleurs qualifiés dans le numérique est quelque peu ou très difficile ».

C’est ce que révèle un rapport publié mardi par Deloitte, à l’issue d’une vaste étude sur « l’équité numérique », dont la firme dévoile peu à peu les résultats depuis un an. L’entreprise a sondé 804 cadres canadiens, mené 13 entrevues et consulté diverses publications ainsi que ses propres conseillers.

« Les technologies numériques représentent un potentiel énorme pour la croissance économique, mais toutes les organisations ne sont pas bien équipées ou formées », résume Jaimie Boyd, leader nationale du groupe Gouvernement numérique chez Deloitte Canada. 

« On a constaté, dans le cadre de notre étude, que le problème était plus grand que ce qu’on imaginait. Parmi les défis les plus récurrents, il y a les coûts élevés des logiciels, le manque de connaissance des employés et, surtout, la difficulté à trouver des travailleurs [maîtrisant] les outils numériques adéquats », ajoute Mme Boyd.

Problèmes accrus en région

Le Québec est la province canadienne qui compte « le plus grand pourcentage de leaders (18 %) […] déclarant que l’embauche de travailleurs ayant des compétences numériques de base est un grand défi », selon Deloitte, qui ne précise toutefois pas pourquoi.

Le rapport indique également que « de nombreuses régions rurales et éloignées du Canada sont encore aux prises avec d’importants problèmes de connectivité » à Internet. « En 2021, seulement 62 % des ménages des régions rurales et éloignées avaient accès à la cible minimale de vitesse Internet fixée par le gouvernement fédéral, soit 50 mégabits par seconde pour les téléchargements et 10 mégabits pour les téléversements (connue comme vitesses minimales 50/10 Mbps). »

Il faut aussi s’occuper, d’un point de vue politique, de la hausse des cyberattaques

 

Les communautés autochtones sont particulièrement affectées par ce problème, alors que le nombre de propriétaires d’entreprises autochtones augmente de plus en plus rapidement. « Environ 60 % des Autochtones du Canada habitent principalement dans des régions rurales, comparativement au tiers (33 %) des non-Autochtones. »

Des stratégies recommandées

La firme propose deux principales recommandations afin de faciliter le virage numérique de l’ensemble des entreprises d’ici. Elle somme d’abord le gouvernement de créer une « stratégie d’investissement numérique qui lie clairement les investissements numériques aux objectifs commerciaux, permettant ainsi aux employeurs de participer pleinement à l’économie numérique. »

Deloitte encourage aussi la participation des entreprises à des « conférences, salons professionnels, sommets et séminaires pour aider les employeurs à combler les lacunes dans leur connaissance des solutions numériques et à rester à jour sur les outils numériques disponibles sur le marché ».

« Bien sûr, [la transition numérique] est la responsabilité de chaque entreprise, mais on constate de plus larges problèmes en ce qui a trait aux compétences avancées. Il y a des considérations systémiques dont on doit s’occuper au niveau de la Chambre des communes et des associations communautaires », soutient Mme Boyd.

« Il faut aussi s’occuper, d’un point de vue politique, de la hausse des cyberattaques, ajoute-t-elle. C’est pourquoi on doit adopter une approche globale. Ce n’est pas la dentiste de Moose Jaw ou de Charlevoix qui va, à elle seule, pouvoir régler les problèmes qui touchent tout le pays. »

À voir en vidéo

You May Also Like

More From Author