Le Canada a apporté son soutien à la planification des frappes contre les Houthis

Le ministère de la Défense a affirmé vendredi que des membres des Forces armées canadiennes ont fourni un soutien lors de la planification de l’attaque menée par les États-Unis contre les positions des Houthis au Yémen, jeudi, mais qu’aucun équipement canadien n’a été impliqué dans l’opération.

Des responsables américains et britanniques ont déclaré avoir attaqué jeudi plus de 60 cibles sur 16 sites militaires utilisés par le groupe rebelle soutenu par l’Iran au Yémen, afin de réitérer que les alliés ne toléreraient pas les attaques contre des navires dans la mer Rouge.

Un communiqué conjoint publié par la Maison-Blanche indique que le Canada, les Pays-Bas, Bahreïn et l’Australie ont apporté leur soutien aux frappes qui, selon les Houthis, ont tué au moins cinq personnes et en ont blessé six.

Trois membres de l’état-major canadien ont été déployés en décembre dans le cadre d’une opération multinationale en mer Rouge. Il s’agissait de deux planificateurs et d’un analyste du renseignement, a indiqué le ministère de la Défense.

Le ministère a également souligné qu’une vingtaine de soldats sont déployés dans un bureau central d’opérations américain au Qatar, mais n’a pas pu confirmer dans l’immédiat s’ils ont également été impliqués dans la planification de l’attaque.

Le premier ministre Justin Trudeau a déclaré vendredi qu’il était important que le Canada participe à la réponse aux attaques des Houthis contre des navires civils et commerciaux en mer Rouge, parce qu’elles mettaient des vies en danger.

« La communauté internationale avait la responsabilité d’intervenir, comme le prévoient les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU, et nous soutenons les actions très ciblées entreprises par les moyens militaires du Royaume-Uni et des États-Unis », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à Guelph, en Ontario. 

En ce qui a trait aux raisons expliquant que la participation canadienne se limitait à la planification, Justin Trudeau a répondu que le Canada n’a pas « d’atouts particuliers dans la région ». Un porte-parole du ministère de la Défense a soulevé en décembre que les alliés avaient été invités à fournir des navires, des avions et du personnel, mais n’a pas expliqué pourquoi le Canada n’avait pas fourni de moyens militaires à l’opération.

Le chef de l’opposition officielle à Ottawa, Pierre Poilievre, a reconnu lors d’une conférence de presse, vendredi, que les frappes étaient nécessaires pour contrer la menace posée par les Houthis.

M. Poilievre a déclaré que les Houthis étaient sous l’influence du gouvernement iranien, les qualifiant de « groupe de pirates soutenus par Téhéran ».

La Maison-Blanche a affirmé qu’il pourrait y avoir des représailles.

« Il ne s’agissait pas d’un exercice de signalement, a affirmé le porte-parole du Conseil de sécurité nationale, John Kirby. Cela visait à perturber et à affaiblir les capacités militaires des Houthis. »

Les Forces navales des États-Unis ont averti les navires battant pavillon américain de rester en dehors des zones autour du Yémen, dans la mer Rouge et du golfe d’Aden, pendant les 72 prochaines heures. Cet avertissement survient après qu’un porte-parole militaire houthi, le général Yahya Saree, a déclaré dans un discours enregistré que les frappes « ne resteraient pas sans réponse ni impunies ».

Le territoire contrôlé par les Houthis au Yémen abrite environ les deux tiers de ses 34 millions d’habitants.

La guerre a commencé dans le pays après que le groupe rebelle s’est emparé de Sanaa, la capitale, en 2014. Une coalition dirigée par l’Arabie saoudite est intervenue pour restaurer le gouvernement en exil, conduisant à des années de guerre par procuration alors que l’Arabie saoudite et l’Iran se disputaient le contrôle du pays le plus pauvre du monde arabe.

Plus de 150 000 personnes ont été tuées et des centaines de milliers d’autres sont mortes de faim et de maladie. La grande majorité du pays est considérée comme en situation d’insécurité alimentaire par le Programme alimentaire mondial.

Bien qu’une paix permanente n’ait pas été instaurée, l’Arabie saoudite a conclu un accord en mars dernier sous la médiation chinoise pour relancer les relations avec l’Iran dans l’espoir de se retirer de la guerre. Un cessez-le-feu a depuis été respecté.

Les Houthis ont déclaré que leurs attaques visaient à mettre fin à la guerre menée par Israël contre le Hamas dans la bande de Gaza. Leurs cibles n’ont pas ou presque pas de lien avec Israël et mettent en péril une route commerciale cruciale reliant l’Asie et le Moyen-Orient à l’Europe.

Les Houthis ont mené 27 attaques, impliquant des dizaines de drones et de missiles, depuis le mois de novembre. Ils ont tiré jeudi un missile balistique antinavire, qui n’a pas atteint sa cible.

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