le concert le plus grandiose de sa carrière !

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Crédits photo : Marcel Hartmann

Depuis le 11 janvier, Calogero est de retour sur scène. Un petit événement car son précédent disque, l’excellent “Centre ville” (2020), n’avait eu les honneurs d’être décliné en live à cause de la crise sanitaire. Le tir est corrigé pour cette nouvelle ère placée sous le signe de l’amour, ou “A.M.O.U.R”, du nom de son neuvième album entré numéro un des ventes en septembre dernier. Avec en ligne de mire le grand concert qu’il donnera à Paris La Défense Arena le 9 mars (une première !), l’artiste a imaginé un show véritablement spectaculaire, sans l’ombre d’un doute le plus ambitieux de sa carrière qui dure depuis plus de 25 ans maintenant. On n’a jamais vu le chanteur de 52 ans prendre autant de plaisir à enchaîner ses tubes populaires dans cet écrin, qui ne repose pas uniquement sur un dispositif technologique à la pointe mais foisonne d’ingénieuses trouvailles question mise en scène.

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Avec Calo, la nuit n’est jamais noire

Mais d’abord, au Zénith de Strasbourg où nous avons pu assister au concert pour suivre la rencontre entre Calogero et un fan qu’il a invité sur scène grâce à l’intermédiaire de Purecharts, tout démarre sans chichi, à 20h45 tapantes. Les lumières de la salle encore allumées, Calogero débarque l’air de rien en adressant des signes de la main au public encore en plein brouhaha, vêtu d’un jean et d’un t-shirt. Le musicien s’installe paisiblement derrière un piano et entame alors la superbe ballade “Dénouement heureux” et son tube “Si seulement je pouvais lui manquer” en piano-voix. Un début de spectacle sans fioritures pour mieux marquer le contraste avec le top départ du show, celui qui va faire vibrer les 12.000 spectateurs durant 2h30 : la salle est soudainement plongée dans le noir et dès les premiers riffs de la chanson-titre “A.M.O.U.R”, le rideau s’écarte, dévoilant une large plateforme surélevée où traînent de nombreux instruments et un total de sept musiciens. Calogero, qui avait un temps fondé le groupe Circus, ravive ici l’esprit de bande qu’il chérit tant. Tout au long du concert, les interactions avec ses acolytes, qui lui sont fidèles pour certains depuis des dizaines d’années, se multiplieront, insufflant une énergie collective très contagieuse à la foule qui vibre quand le tube “Face à la mer” grésille dans les enceintes.

INTERVIEW – Calogero : “Je crois qu’on arrive de plus en plus à vivre ensemble en France”

D’ailleurs, l’interprète de “1987” a imaginé pour cette tournée une application invitant les fans à prendre eux-mêmes part à l’expérience scénique, via un système de lumières déclenchées par Bluetooth. Un bonus qui amène un peu plus de relief à ce spectacle prévu, qu’on décide ou non de brandir son téléphone, pour en mettre plein la vue ! A la manière d’un “Starmania”, les jeux de lumière de cette tournée s’avèrent sensationnels, créant régulièrement des effets de perspective en 3D qui englobent l’entièreté de la scène, prenant parfois des allures d’arène de boxe. En arrière-plan, un écran géant se déroule sur toute la longueur de la scène (assez spacieuse) et huit panneaux coulissants se meuvent selon les tableaux pour agrandir les bords du cadre ou resserrer, au contraire, l’attention sur un élément. Une prouesse visuelle conjuguée à une explosion de couleurs, distribuant des coeurs rouges et des flashs qui s’impriment sur la rétine.

Comme transcendé, Calogero s’autorise de grands moments de musique pure avec des chansons rallongées par des solos de guitare dantesques ou des expérimentations au synthétiseur (sur “Derrière la fenêtre”), et parfois même quand on s’y attend le moins. Juste après “Le hall des départs”, sur lequel sa voix se confond à celle de Marie Poulain, il prend place sur son piano qui décolle dans les airs pour une interprétation poignante du “Portrait”, alors que des dessins à la craie prennent vie sur les écrans XXL. Un beau moment d’émotion (comme la constellation d’étoiles des “Feux d’artifice”, où on a l’impression que la silhouette de Calogero se découpe sur la voûte céleste) qui se transforme en euphorie alors que l’instru vire à la tempête rock psychédélique ! Virage à 180 degrés similaire pour “Aussi libre que moi”, qui part d’une version presque manouche jazz (avec Calo à la contrebasse) pour s’orienter vers une rave électro où la tension ne redescend jamais, puisque la chanson se mélange sans transition avec “Un jour au mauvais endroit”.

Un déluge de décibels qui se radoucit lors du rappel, où le chanteur revient avec sa guitare en main pour quatre morceaux en acoustique dont “Only You”, une reprise de Yazoo entonnée ce soir-là avec sa fille Nina. La fin du show se fait finalement en communion avec les spectateurs sur la comptine “Si tu passes par là”, qu’on imagine presque fredonner au coin du feu. Après un quart de siècle à rouler sa bosse, Calogero maîtrise pleinement son sujet et sa générosité fait toujours chaud au coeur. On en redemande encore et encore.

Setlist du concert de Calogero à Strasbourg

Dénouement heureux
Si seulement je pouvais lui manquer
A.M.O.U.R
Cache cache
Face à la mer
C’était mieux après
J’ai le droit aussi
Pomme C
Rien comme les autres
Cristal
Derrière ma fenêtre
Le hall des départs (avec Marie Poulain)
Le portrait
Marie
Les feux d’artifice
Aussi libre que moi
Un jour au mauvais endroit
Prendre racine
La nuit n’est jamais noire
1987
Juste une chanson
Donne
Je joue de la musique
Yalla

Rappel :
Only You (en duo avec sa fille Nina)
C’est dit
En apesanteur
Si tu passes par là

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