le coup politique et l’accord passé par Macron

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Dati à la Culture : le coup politique et l'accord passé par Macron

Rachida Dati est la surprise de ce remaniement. En devenant ministre de la Culture du gouvernement Attal, elle a en vue la mairie de Paris.

Elle était l’angle mort de tous les pronostics. Rachida Dati a été nommée jeudi 11 janvier ministre de la Culture du nouveau gouvernement de Gabriel Attal, à la surprise générale. La maire du 7e arrondissement de Paris, encartée au parti Les Républicains, ancienne ministre de Nicolas Sarkozy, a passé un accord avec Emmanuel Macron, dont elle avait tant critiqué la politique par le passé. Pour elle comme pour le camp présidentiel, cette alliance inattendue est un pari.

Au cœur de ce pari, les élections municipales 2026. Car Rachida Dati n’a jamais digéré sa défaite face à Anne Hidalgo en 2020. Depuis, “mon combat, c’est Paris”, répète-t-elle. Entre elle et la maire socialiste, la guerre est devenue personnelle. Du côté des macronistes, 2020 laisse aussi des souvenirs cuisants : celui du scandale Benjamin Griveaux puis celui de la défaite d’Agnès Buzyn dès le premier tour des municipales. Voici donc ce qu’Emmanuel Macron a promis à Rachida Dati : l’investir à la tête d’une liste commune à la droite et au centre en 2026.

“Elle étoffe sa stature”

Rachida Dati va désormais pouvoir mener campagne depuis l’un des plus prestigieux ministères. Un coup politique que salue David Alphand, vice-président du groupe LR au Conseil de Paris : “Elle est déjà compétente sur les aspects régaliens, elle s’empare maintenant des dossiers culturels délaissés par l’équipe de la maire de Paris. Elle étoffe sa stature, offre une perspective d’élargissement du socle électoral parisien”, juge l’élu dans les colonnes du Monde.

Pour Macron, le débauchage de Rachida Dati est la surprise de ce remaniement qui fera oublier que les autres grands portefeuilles restent aux mains des mêmes irréductibles. C’est aussi une nouvelle manière de s’affirmer dans une ligne de droite sarkozyste et d’empiéter un peu plus sur celle de LR, à quelques mois d’élections européennes qui font trembler le camp présidentiel. 

Seul ennui, la direction de LR n’a pas apprécié ce nouveau débauchage. Rachida Dati a été immédiatement exclue du parti, qui pourrait bien décider de présenter son propre candidat face à elle aux prochaines municipales. Au Parlement, LR saura également se souvenir du mauvais coup joué par le président, alors que ce dernier doit souvent compter sur la droite pour obtenir une majorité sur ses textes, comme ce fut le cas en décembre sur le projet de loi immigration. Heureusement pour les macronistes, aucun texte de grande ampleur n’est attendu à l’Assemblée dans les prochains mois.

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