le meilleur et le pire du réalisateur français déjanté (Rubber, Yannick, Steak…)

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SteakRéalitéRubberYannickFumer fait tousser… on revient sur le meilleur et le pire de la carrière de Quentin Dupieux.

D’abord connu sous le nom de Mr. Oizo jusqu’au mitan des années 2000 pour ses remix musicaux et ses morceaux electros, Quentin Dupieux s’est finalement fait un nom sur le grand écran. En 2007, avec son premier film (officiel) Steak mené par le célèbre duo humoristique Eric & Ramzy, le Français voit sa carrière prendre un gros virage artistique, son deuxième film (ou troisième si on compte Nonfilm), Rubber, le lançant dans la cour des grands avec son pneu serial-killer.

Depuis, Quentin Dupieux est devenu un incontournable du cinéma français, ultra-prolifique (il a sorti sept films depuis 2018) et un représentant phare du cinéma de l’absurde, du surréalisme, en héritier évident de Bertrand Blier. Cela dit, sa filmographie est faite de hauts et de bas, et il est franchement impossible de mettre tout au même niveau d’originalité et de folie.

Avec 13 films au compteur et à l’occasion de la sortie de Daaaaaali!, on s’est dit que c’était le moment parfait de revenir sur l’ensemble de sa carrière de cinéaste.

 

Daaaaaali! : Anaïs Demoustier, Edouard Baer“Voyoooooooons voir ce bon vieux Dupieuxxxxxx”

 

NONFILM

  • Sortie : 2001
  • Durée : 47 minutes

 

 

Le pitch sans le pitch : Le pire cauchemar de toute personne qui déteste les films les moins détestables de Quentin Dupieux.

Pourquoi c’est un parfait avertissement pour la suite : À l’époque, Quentin Dupieux est “juste” Mr. Oizo, et il est plein aux as. À tel point qu’il ne sait pas quoi faire de son argent et décide de se lancer dans une grosse blague avec ses potes Sébastien Tellier et Kavinski : un film qui serait le contraire d’un film, largement improvisé, et sans travail de montage ou de son.

Ça donne un moyen-métrage lunaire, qui part d’une idée absurde (un homme se réveille au milieu de nulle part et devient malgré lui l’acteur d’un film en plein tournage) pour sans cesse repousser les limites de l’absurde en jouant avec les frontières de la mise en abyme. D’un acteur qui tue la moitié de l’équipe avec une arme utilisée pour le tournage, à un réalisateur qui finit seul au milieu du désert à chercher une équipe et un film à tourner, Nonfilm se transforme vite en épreuve pour quiconque sera venue chercher… un film.

Une chose est certaine : c’est une pièce incontournable pour toute personne qui aime le cinéma de Quentin Dupieux et ses codes. Tout était là, dès le premier (non)film.

 

steak

  • Sortie : 2007
  • Durée : 1h22

 

Steak : photoLa Mort vous va si bien, version Eric et Ramzy

 

Le pitch sans le pitch : Eric et Ramzy veulent faire un film cool, les producteurs leur filent 5-6 millions d’euros sans lire le scénario, et c’est le drame.

Pourquoi il mérite mieux que sa sale réputation : Oui, Steak est un désastre. Conçu comme un autre Eric & Ramzy Movie type La Tour Montparnasse infernale, Double Zéro ou Les Dalton, il a laissé quasi tout le monde sur le carreau et s’est vautré en salles. Personne ne savait quoi faire de cette comédie grinçante qui imagine un monde où la chirurgie esthétique est un simple accessoire de mode, et qui démarre comme une simple histoire de copains avant de virer au carnage à la tronçonneuse.

Mais c’est là toute la beauté de ce braquage rigoureusement mis en scène : détourner Eric et Ramazy (et leur popularité) et les mettre au service d’une farce de tous les extrêmes. Quentin Dupieux prend un malin plaisir à étirer les situations, multiplier les éléments grotesques et aligner les répliques hilarantes, le tout avec un premier degré formidable du côté des acteurs. Il faut voir le cours sur les solvants et solutions, ou le check des Chivers, pour se dire qu’il y a un peu de génie dans ce Steak, quelque part entre Orange mécanique, Bertrand Blier et le teen movie américain.

rubber

  • Sortie : 2010
  • Durée : 1h22

 

Rubber : photoLa traversée du désert

 

Le pitch sans le pitch : La vie et l’oeuvre d’un pneu. Serial killer.

Pourquoi il met la gomme : Quelques années après l’échec atypique de Steak, Quentin Dupieux s’isole dans le désert américain pour tourner Rubber, dont le personnage principal – comble du système D – n’est autre… qu’un pneu. Cette fois, il ne prend pas le risque d’être mal compris de son public. D’emblée, il fait sortir un personnage du coffre d’une voiture, lequel va, dans une longue tirade, expliciter l’humour du cinéaste. Humour qui tient en deux mots : “No reason”, l’élément stylistique le plus puissant, apparemment.

Le point de départ d’une mise en abyme si directe (des spectateurs observent littéralement l’action en contrebas avec des jumelles) qu’elle en devient savoureuse. Le dispositif, couplé à ce décor ultra-minimaliste et à l’ingéniosité de la mise en scène dudit pneu, est au service d’une ode à l’absurdité, avec comme finalité l’identification du spectateur à un pneu. Avec un budget dérisoire, Dupieux a trouvé le moyen d’expérimenter… et développer son style. Dans le dernier plan, le pneu part à l’assaut d’Hollywood à la tête d’une armée de tricycles. Encore un subtil étalage de ses ambitions alors que sa carrière est en train de rebondir : il compte bien construire son cinéma à rebours.

 

wrong

  • Sortie : 2012
  • Durée : 1h33

 

Wrong : Photo Jack PlotnickWrong turn

 

Le pitch sans le pitch : Sans emploi mais travailleur, Dolph a perdu son chien. Du coup, il se balade jusqu’à recentrer un analyseur de crottes. À un moment, on lui repeint sa voiture.

Pourquoi c’est un sacré trip : Des pompiers qui vaquent à leurs occupations pendant qu’un van brule. Un radio-réveil qui passe de 7h59 à 7h60… Comme dans Rubber, Dupieux prend soin de nous introduire à son univers à coups de petits détails, d’autant qu’il accompagne ce basculement dans l’étrange d’un effet sonore. Seulement dans Wrong, il l’incorpore plus subtilement à la narration. Dolph, joué par un Jack Plotnick toujours aussi attachant, s’enfonce dans la fiction en même temps que le spectateur.

Le metteur en scène commence à affiner la formule : un environnement dépouillé et surtout tristement ordinaire, plein de couleurs douces et d’archétypes du quotidien américain, dans lequel quelque chose cloche sérieusement. Il retrouve également Eric Judor après Steak, cette fois échappé de la prison Eric et Ramzy, et parvient à lui trouver une place parfaite. “Je n’ai plus vraiment de frustration” confiait-il au micro d’Allocine lors du festival de Sundance. Alors, Dupieux écrit sans trop se poser de question, tourne dans la foulée et cherche un sens dans le non-sens au montage. La machine est désormais bien rôdée, elle va commencer à carburer.

 

wrong cops

  • Sortie : 2013
  • Durée : 1h22

 

Wrong Cops : Eric JudorEric Jurdor que d’un oeil 

Le pitch sans le pitch : ACAB, by Quentin Dupieux. 

Pourquoi c’est le délire qui part trop loin : À la fin de Wrong Cops, le flic ripou joué par Mark Burnham dit à une femme conquise par son discours vaseux sur l’enfer : “Content que ça vous ait plu, j’ai juste improvisé”. On aurait aimé que ça s’applique aussi à nous, les spectateurs, mais difficile de trouver Wrong Cops plaisant, ou même intéressant dans sa volonté d’auto-sabotage. Ce film est en effet un autre délire iconoclaste qui embrasse à pleine bouche le mauvais goût et cherche l’aberration cinématographique ; trop même. 

Ainsi, le contexte politico-social (une Amérique débarrassée du crime) est quasi insaisissable, tout comme l’histoire, qui ne consiste qu’à un assemblage de scènes, sans but ni enjeu ni réflexion. En même temps, l’oeuvre est née d’un court-métrage avec Marilyn Manson et Mark Burnham, auquel six autres parties ont été ajoutées, telle une créature de Frankenstein avec des pieds à la place des mains. 

Avant sa sortie nationale, le film a d’ailleurs été projeté au festival Sundance sous la forme d’une série en seulement trois chapitres avec des micro-génériques entre les segments. Le résultat aurait pu être savoureusement burlesque et intelligemment perturbant, mais il n’en ressort qu’une mauvaise blague de plus d’une heure qui ennuie bien plus qu’elle provoque

 

réalité

  • Sortie : 2015
  • Durée : 1h35

 

Réalité : photo, Alain ChabatAaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah

 

Le pitch sans le pitch : Alain Chabat cherche le meilleur cri de l’histoire du cinéma pendant qu’un sanglier mange une VHS.

Pourquoi c’est le meilleur film de Dupieux : Ultime film de Quentin Dupieux dans sa période américaine, Réalité est probablement son plus impressionnant. Le cinéaste souhaitait lui donner vie depuis 2008 et devoir attendre près de sept ans pour le concrétiser lui a sans doute porté chance. Fort de son savoir-faire, le Français nous précipite ici dans une expérience bien plus audacieuse et aboutie que ses précédents métrages. Avec ses multiples strates narratives où se superposent les intrigues et les personnages, le film aurait pu devenir un simple hommage au surréalisme lynchien.

Sauf que Dupieux vient justement éclater ses influences pour carrément plonger tête la première dans son imaginaire et ne plus jamais vraiment en ressortir. Jamais le cinéaste n’a aussi bien fusionné la fiction et la réalité dans sa carrière. En biaisant les repères et se plaçant en véritable démiurge, Dupieux laisse les spectateurs se perdre dans les méandres d’un récit drôle, angoissant et poétique. De quoi dévoiler la richesse du cinéma entre cauchemar éveillé, logique fantasmée et magie de l’impossible. Du grand Dupieux.

 

au poste !

  • Sortie : 2018
  • Durée : 1h11

 

Au poste : Photo Grégoire Ludig, Benoît Poelvoorde“Allez, avoue, tu ne sais pas finir tes films”

 

Le pitch sans le pitch : Un huis-clos policier qu’on jurerait sorti d’une pièce de théâtre. Ça tombe bien, c’en est une.

Pourquoi ça concentre le meilleur et le pire de Dupieux : De retour dans l’Hexagone, Quentin Dupieux a choisi de réinvestir une certaine idée du polar à la française. Avec son affiche en hommage à René Chateau et son huis-clos détournant le Garde à vue de Claude Miller, le trip nostalgique et cinéphile se déploie, et trouve son point d’ancrage logique dans l’absurde morbide de Bertrand Blier période Buffet froid.

L’air de rien, le réalisateur trouve dans cette myriade de références un équilibre efficace, du moins pendant sa première moitié. Épaulé par une direction artistique somptueuse et le charisme de ses acteurs (Benoît Poelvoorde est parfait en flic tenace, au même titre que Grégoire Ludig en suspect crédule), Au poste ! s’amuse de sa surenchère situationnelle jusqu’au passage hilarant avec Marc Fraize. Et puis, comme souvent avec Dupieux, il faut bien conclure, et même si son twist développe un rapport logique à l’artificialité de son dispositif, c’est quand même un petit pétard mouillé.

 

le daim

  • Sortie : 2019
  • Durée : 1h20

 

Le Daim : Photo Jean DujardinJ’ai vu dans ce magasin, ce petit blouson en daim

 

Le pitch sans le pitch : Georges file le parfait amour avec sa veste en daim. Au point de s’enfuir à ses côtés.

Pourquoi c’est l’un de ses films les plus fascinants : Le Daim est assurément le film de Quentin Dupieux qui divise le plus la rédaction d’Ecran Large. Et pour cause, il est un peu à part. Pourtant sur le papier, il ressemble aux autres : un pitch absurde, un casting prestigieux (ici composé d’Adèle Haenel et d’un Jean Dujardin qui s’amuse comme un petit fou entre deux grosses productions), une photo désaturée, un décor minimaliste… À un détail près : ici, ce n’est pas le monde qui est étrange, mais le personnage principal qui est fou.

En inversant complètement la dynamique qui l’a fait connaître, il change également de ton. Si l’humour est toujours aussi savoureux, l’obsession pathologique de Georges teinte le récit d’une vraie noirceur, voire d’un désespoir palpable. Tant d’autres auraient misé sur la représentation d’un consumérisme délirant, lui raconte par l’absurde la solitude d’un homme qui n’a aucun interlocuteur, sinon son blouson. Au plus l’intrigue se déroule, au plus on rit jaune, jusqu’à ce que l’introduction de la cinéphilie compulsive (via le personnage de Denise) vienne cultiver une beauté décalée assez rare.

 

mandibules

  • Sortie : 2021
  • Durée : 1h17

 

Mandibules : photoLa Mouche de Dupieux, loin du body-horror cronenbergien

 

Le pitch sans le pitch : Le Palmashow quitte la télé pour braquer des banques avec une mouche géante.

Pourquoi ça ne fait pas mouche (ou presque) : “Avec Mandibules, j’abandonne enfin la mort pour m’intéresser à la vie“, a raconté Quentin Dupieux pour la promotion du film. Et c’est vrai que son neuvième film (oui on compte Nonfilm) est peut-être l’un de ses plus légers. Avec son duo comique, il reprend les codes des comédies sur l’amitié (Dumb & Dumber en tête) en y ajoutant une touche fantastique rafraîchissante sur le papier (la mouche géante donc). Le film bascule d’ailleurs plus encore dans l’absurde lors d’une rencontre entre le tandem et un autre groupe de jeunes complètement teubés (dont une Adèle Exarchopoulos hilarante).

Sauf que bizarrement, la folie inhérente au cinéma de Dupieux semble voler en éclats à petit feu dans Mandibules. Le récit refuse de se confronter pleinement au burlesque et aligne finalement les poncifs trop connus du cinéaste tout en s’astreignant à un registre comique très classique. En résulte une sensation d’acte manqué, d’autant plus lors d’un dernier plan extravagant qui aurait probablement pu (dû) être le point de départ de toute cette fantaisie.

 

incroyable mais vrai

  • Sortie : 15 juin 2022
  • Durée : 1h14

 

Incroyable mais vrai : Photo Alain Chabat, Léa DruckerEn voilà un joli trou

 

Le pitch sans le pitch : Incroyable mais vrai l’émission mixé à Recherche appartement ou maison avec Alain Chabat

Pourquoi c’est le symbole d’une dérive chez Dupieux : Pas énormément de surprise ici, Quentin Dupieux continue à explorer le terrain de l’absurde avec son histoire farfelue où un couple achète une maison dont la cave contient une trappe au tunnel énigmatique. Sauf que le réalisateur va plus loin pour une fois, en tout cas au début, en basculant dans une idée plus mélancolique et douce que ses précédents films. En résulte alors une réflexion plus profonde sur l’existence et même l’esquisse d’un joli conte philosophique perclus de jolies touches humoristiques.

Malheureusement, Incroyable mais vrai représente parfaitement l’égarement artistique de plus en plus fréquent de Quentin Dupieux : cette sensation d’inachevée. En laissant reposer son récit sur une idée de la taille d’un post-it, son film ne parvient jamais à toucher du doigt tout son potentiel introspectif. Au contraire, il tourne en rond (ce qui n’est jamais bon signe pour un film de moins de 1h15) jusqu’à un ultime acte totalement bâclé, venant détruire toutes velléités tragi-comiques.

 

fumer fait tousser

  • Sortie : 30 novembre 2022
  • Durée : 1h20

 

Fumer fait tousser : photoLa vraie star du film

 

Le pitch sans le pitch : Les vacances de Power Rangers dépressifs qui jouent à Fais-moi peur.

Pourquoi c’est non : C’est dans ces moments qu’on se demande si quelqu’un a déjà demandé à Quentin Dupieux d’écrire ne serait-ce qu’une V2 de ses scénarios. Ou si les acteurs et actrices signent les yeux fermés, juste parce que c’est devenu hautement cool de tourner avec lui.

Plus que jamais, Fumer fait tousser ressemble à plusieurs machins (qui auraient pu devenir de bons films) collés ensemble pour devenir un film (en principe). Le team building des héros en lycra ouvre ainsi plusieurs portes, avec une histoire de déchiqueteuse, de barracuda, et de casque maléfique. Tout ça n’a ni queue ni tête, l’ironie étant que ces récits n’ont pas trop de fin, voire pas de fin du tout… comme les films de Quentin Dupieux eux-mêmes. *insérer rire*

Avec cette blague qui avance par à-coups et met en scène sa propre inutilité jusqu’à la quasi fin du monde, Quentin Dupieux va au bout du bout de son cinéma. Sauf qu’à ce stade, il a des moyens plus que confortables (un beau budget de 6 millions d’euros apparemment), ce qui rend la farce beaucoup moins amusante et légère. Heureusement qu’il y a ce génial chef Didier, avec la voix d’Alain Chabat, qui mérite son propre film.

 

yannick 

  • Sortie : 2023 
  • Durée : 1h07

 

Yannick : Critique rattrapée par la réalitéRaphaël Quenard, qui continue son ascension fulgurante 

 

Le pitch sans le pitch : Raphaël Quenard a pris un jour de congé, a passé 40 minutes dans les transports en commun depuis Melun et marché 15 minutes (!!) pour voir une pièce de théâtre parisienne merdique. Forcément, il est agacé. 

Pourquoi c’est un des meilleurs Dupieux récents : Après des films qui penchaient vers le fantastique ou le surréalisme, Yannick a marqué un tournant plus terre-à-terre et moins dispersé (voire dissipé) pour Quentin Dupieux. Le film, qui a été tourné en seulement six jours à Paris, est un huis clos se déroulant dans un théâtre, soit l’occasion pour le cinéaste d’exorciser quelques démons.

Non sans conserver une part bienvenue d’absurdité et d’excentricité, le réalisateur témoigne à travers cette prise d’otage improbable des relations complexes, pour ne pas dire contradictoires, entre les artistes et leur public. Au cours du film, les rapports de force changent, tout comme la sympathie et l’empathie du public (le vrai comme le faux) qui naviguent entre Yannick et ce trio de comédiens ratés, en particulier celui de Pio Marmai, insupportablement maniéré et arrogant. Ainsi, Dupieux ne semble jamais vouloir prendre parti, concédant que les spectateurs et la critique peuvent mépriser les artistes autant que les artistes peuvent les prendre de haut. Et ce statu quo est à la fois peinant et touchant, entre la réconciliation impossible et la dépendance naturelle. 

daaaaaali !

  • Sortie : 2024
  • Durée : 1h18

 

Daaaaaali! : photoLe choc des titans

 

Le pitch sans le pitch : L’attaque des clones, mais avec Salvador Dali.

Pourquoi “ça, c’est Dali !” : Dupieux qui s’attaque au roi du surréalisme, ça sonne comme une évidence. En tant que cinéaste qui teste les limites de ses concepts, cette exploration de l’insaisissable peintre espagnol s’impose comme l’un de ses opus les plus ludiques. Sans doute inspiré par I’m Not There de Todd Haynes, Daaaaaali ! décompose l’artiste par une multitude de visages (Edouard Baer, Jonathan Cohen, Gilles Lellouche… qui s’amusent tous) pour mieux capter la nécessité d’une césure permanente.

Cadavre exquis où chaque coupe et chaque raccord appelle à la surprise, le long-métrage se transforme en une suite de mises en abyme qui finissent par devenir hypnotiques. Il y a là-dedans une humilité bienvenue, l’envie d’un anti-biopic qui ne cherche jamais le portrait ancré dans le marbre. Au contraire, Daaaaaali ! est en constant mouvement, jonglant d’espace en espace ou manipulant le temps à la manière d’un enfant qui sauterait du coq à l’âne. Et ça marche, en plus d’être franchement drôle.

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