Le Mois de l’histoire des Noirs se décline sur toutes les tribunes en février

Dolino a toujours eu le sens du comique. Au Congo, où il a vécu jusqu’à l’âge de six ou sept ans, son humour lui donnait des « passe-droits  pour côtoyer les enfants plus vieux. J’étais intouchable parce que j’étais le comique », raconte l’humoriste de 32 ans, qui donnera un spectacle le 10 février à l’Afromusée, dans le cadre du Mois de l’histoire des Noirs. À Cuba, où il a vécu ensuite, l’humour était omniprésent. Arrivé au Québec, où il vit depuis une quinzaine d’années, Dolino, de son vrai nom Dolviran Mpassi Mpandzou, adapte son propos à son public.

À travers ses sketches, il aborde des questions cruciales de société, comme l’environnement et les iniquités sociales. « J’aborde ces questions, mais c’est toujours avec humour. On se détend, on rigole, ce n’est pas lourd, assure-t-il. Même si les sujets peuvent être lourds, on se permet de se détendre. Et après le spectacle, cela fait réfléchir. »

Le thème du racisme, il ne peut pas l’éviter. Mais c’est un thème aussi très large. Il aborde son sketch sur les voyages en disant, par exemple, qu’il remplace au pied levé deux Congolais qui se sont fait refuser leur visa pour participer à l’événement.

Faire de l’humour au Québec

« Je ne peux pas passer à côté de la sensibilisation, de faire part de cette réalité que beaucoup de gens ignorent », dit-il. Après avoir roulé ses spectacles un peu partout dans le monde, Dolino constate qu’il y a une certaine sensibilité au Québec envers l’humour. Alors qu’en France ou à Cuba, on peut se moquer plus directement sans choquer, ici cela peut être perçu comme de l’intimidation. Aussi, il faut prendre le temps d’observer les usages dans la société d’accueil, ce que Dolino a eu tout le temps de faire, lui qui raconte également dans ses sketches un séjour à l’école où il était le seul Noir, avec son frère. Dolino a notamment émergé dans l’humour à travers les Bad Boys du rire, ces soirées organisées par Renzel Dashington qui ont fait la part belle aux humoristes de la diversité. 

Dolino fait cette année partie de la programmation du festival Fondu au Noir, qui prévoit aussi, notamment, un spectacle de musique de Rebecca Jean, la projection des courts métrages du projet Être Noir·e au Canada, de la Fondation Fabienne Colas, et plusieurs grandes entrevues.

L’inspiration de Bob Marley

Le Mois de l’histoire des Noirs permet de dévoiler des aspects méconnus de l’histoire montréalaise, celui, par exemple, du passage dans la ville, en 1917, de Marcus Garvey, panafricaniste d’origine jamaïcaine, fondateur du mouvement UNIA (Universal Negro Improvement Association and African Communities League).  C’est un discours de Marcus Garvey, prononcé en Nouvelle-Écosse en 1937, qui a inspiré la chanson Redemption Song, de Bob Marley, qui raconte l’histoire d’un esclave qui se bat pour conquérir une liberté physique et mentale. 

C’est à la suite de la visite de Marcus Garvey à Montréal qu’a été créée la section montréalaise de l’UNIA, qui existe encore aujourd’hui, dans la Petite-Bourgogne. Les objectifs de l’UNIA étaient, et sont toujours, de faire avancer les intérêts culturels et sociaux de la communauté noire du Québec, de promouvoir la fierté, la collaboration ainsi que le respect entre toutes les races, et de favoriser leur participation à la vie sociale. 

C’est dans les locaux de l’UNIA qu’est présentée cette année une exposition mettant en scène quatre peintres de la communauté noire et une expérience de réalité virtuelle qui met en lumière la visite de Marcus Garvey à Montréal. Sous le thème When Big Man Talk, l’exposition propose des oeuvres de Garfield Morgan, Daniel Saintiche, Anthony McLennon et Quentin VerCetty. On y présentera également des archives photographiques témoignant de la vie et de l’histoire de la communauté noire montréalaise. 

Le Mois de l’histoire des Noirs propose un éventail d’activités. Mentionnons QC History X : l’esclavage et l’expérience afro-québécoise, une rencontre avec le rappeur Webster, alias Aly Ndiaye, qui plonge dans l’histoire de l’esclavage et de la présence afro-descendante au Québec, et Le défi de la couleur, une expérience en ligne pour « découvrir la charge émotionnelle des personnes noires à travers des récits de résilience ». 

Pour consulter la programmation : moishistoiredesnoirs.com

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