le petit guide pour traumatiser vos enfants à vie, par le réalisateur de Mad Max

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Producteur du premier BabeGeorge Miller accapare les pleins pouvoirs et réalise Babe, le cochon dans la ville en 1998. On prend presque les mêmes (Magda Szubanski pour le casting humain) et on recommence, en mieux… et en carrément dépressif.

Il est petit, rose et ferait le cauchemar du choixpeau et de Parcoursup : Babe, le cochon devenu berger marque les esprits en 1995 avec un Oscar et un Golden Globe. Après ce carton critique et commercial, une suite est logiquement mise en chantier. On pourrait naturellement suspecter un projet opportuniste programmé pour de mauvaises raisons : ce n’est absolument pas le cas ici, tant Babe, Le cochon dans la ville procède d’une vraie volonté artistique. Producteur du premier, George Miller en évince le réalisateur, Chris Noonan, pour prendre les rênes.

Le père de Mad Max a donc les coudées franches pour façonner la suite à sa guise, quitte à en faire un film pour enfant en forme d’anomalie totale, aussi aboutie que glaçante. En dépit d’une sortie plutôt avantageuse le week-end de Thanksgiving, il est malheureusement snobé par les récompenses (à l’exception d’une nomination pour sa chanson finale interprétée par Peter Gabriel) et encaisse 69 millions de dollars, soit moins que son budget estimé à 80 millions minimum.

 

Babe, le cochon dans la ville : photoVéritable slogan du film : “La vie, ça craint”

 

L’énergie cinématographique du désespoir

Babe premier du nom était suffisamment fin pour parler autant aux parents qu’à leurs enfants. On se demande si le second n’a pas complètement évacué ces derniers de l’équation, tant sa tonalité est empreinte d’une noirceur déconcertante. En reprenant directement la continuité du précédent, Babe, Le cochon dans la ville pointe le caractère éphémère du happy end et la fragilité de son état de grâce.

Quelle morale tirer d’un conte autorisant la rétribution de l’amoralité ? Le faux signalement d’un chien à l’aéroport provoque l’immobilisation du cochon et de la fermière dans une cité hostile. Cet acte aussi malveillant qu’arbitraire ne lui vaudra qu’une grasse récompense de pâté…

 

Babe, le cochon dans la ville : Cochon et singesLa planète des singes

 

La caractérisation remarquable des animaux nous permet d’entrer en empathie et de souffrir avec eux. Leur présence exceptionnelle à l’écran est aussi à porter au crédit du dresseur Steve Martin (également à l’oeuvre sur L’Ours ou Danse Avec Les Loups) ainsi que du conseiller Karl Lewis Miller, qui a déjà participé au premier opus.

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