Le peuple va voter pour dire stop ou encore aux importations de foie gras et de fourrure

2 min read

Les Suisses vont-ils pouvoir encore acheter dans leur pays du foie gras ? Le peuple va avoir l’occasion de voter sur l’interdiction, ou non, des importations de ce produit mais aussi de la fourrure, car une association de défense des animaux a déposé jeudi suffisamment de signatures en ce sens.

L’Alliance Animale Suisse, à l’origine de cette campagne, a empilé des cartons symbolisant les signatures certifiées devant la Chancellerie fédérale, à Berne : 106.448 récoltées contre l’importation du foie gras, 116.140 contre celle des fourrures. Soit au-delà du seuil de 100.000 nécessaires pour déclencher un vote au niveau national.

L’association dénonce une situation « hypocrite »

Le gavage – technique qui consiste à nourrir les volailles à l’excès pour engraisser leur foie – est interdit en Suisse, mais pas l’importation des produits issus de cette pratique. L’initiative populaire « Oui à l’interdiction d’importer du foie gras » veut désormais interdire constitutionnellement l’importation de ce produit.

Avec 200 tonnes de foie gras importées chaque année, « la Suisse se positionne malheureusement comme l’un des principaux importateurs de ce produit (…) Chaque année, 400.000 canards et 12.000 oies sont tués afin de répondre spécifiquement à la demande de notre pays », dénonce l’organisation. Il est donc « hypocrite d’interdire aux éleveurs suisses de produire du foie gras sous peine de sanctions, tout en autorisant l’importation de ce produit ».

Le gavage largement interdit en Europe

Presque tous les pays européens interdisent le gavage des oies et des canards, à l’exception notable de la France, de la Hongrie et de la Bulgarie. Mi-septembre, le Parlement suisse a refusé d’interdire l’importation de foie gras, tout comme le gouvernement fédéral. Pour les élus, une interdiction risquerait d’entraîner un tourisme d’achat vers la France au détriment des commerces suisses.

La deuxième proposition s’intitule « Oui à l’interdiction d’importer des produits à base de fourrure fabriqués dans des conditions de cruauté envers les animaux ». L’Alliance Animale Suisse dénonce « ces méthodes d’élevage et de mise à mort (qui) contreviennent clairement à notre législation sur la protection des animaux et seraient considérées comme de la cruauté, passibles en Suisse de sanctions pénales ». Selon elle, 350 tonnes de fourrure sont importées chaque année, ce qui correspond à l’abattage d’environ 1,5 million d’animaux.

You May Also Like

More From Author