le regroupement des ministères l’Education et des Sports passe mal chez les professeurs

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"Mépris pour les enseignants" : le regroupement des ministères l'Education et des Sports passe mal chez les professeurs

Au lendemain de l’annonce du nouveau gouvernement, la décision de confier la responsabilité du ministère de l’Éducation et des Sports à une seule et même ministre, Amélie Oudéa-Castera, préoccupe les enseignants.

L’Education nationale est désormais au cœur d’un “super-ministère” qui regroupe également les portefeuilles de la Jeunesse, des Sports et des Jeux olympiques. Et pour avancer sur tous ces sujets, une personnes a été nommée sur décision du Premier ministre et du président de la République : Amélie Oudéa-Castera. La ministre des Sports se voit donc reconduite et promue.

Ce regroupement de l’Education nationale et des Sports n’est pas si surprenant puisque cette possibilité était déjà évoquée avant l’officialisation du remaniement. Néanmoins, il préoccupe le corps enseignant. La secrétaire générale du syndicat d’enseignants Snes-FSU, Sophie Vénétitay, a même dénoncé l’arrivée d’une “ministre à mi-temps” au micro France Info, le jeudi 11 janvier juste après l’annonce du gouvernement.

Un choix “irrespectueux” pour l’Education nationale

Le rassemblement de ces deux ministères est, selon la responsable syndicale, “assez irrespectueux pour l’Education nationale”. “Je suis très en colère de voir comment est traitée l’Education nationale” a ajouté Sophie Vénétitay avant de rappeler la “crise sans précédent” dans laquelle se trouve le secteur de l’éducation où “on a du mal à recruter des profs, les profs démissionnent”. “La principale information de ce soir est finalement que le centre de gravité de l’Education nationale va se déplacer de la rue de Grenelle à Matignon, et que Gabriel Attal va rester ministre de l’éducation”, a analysé la syndicaliste dans des propos relayés par Le Monde.

Les professionnels de l’enseignement craignent de voir les problématiques du secteur relayées au second plan, faute de temps pour une ministre qui devra dorénavant gérer deux portefeuilles conséquents, notamment avec l’organisation des Jeux olympiques de 2024. Invitée de France 2 ce vendredi 12 janvier, Sophie Vénétitay a rappelé l’urgence de certains dossiers de l’éducation nationale notamment l’attractivité du métier d’enseignant. Elle a également souligné le manque important de professeurs qui prive parfois certains élèves d’un enseignement de qualité. Elle attend de la nouvelle ministre “des perspectives sur des augmentations de salaire” et des mesures sur “la diminution des effectifs dans les classes”.

La porte-parole du syndicat enseignant SNUIpp-FSU, Guislaine David, a elle déploré le “mépris pour les enseignants” suite à l’annonce du nouveau ministère, sur X. Sur le plateau de BFMTV, jeudi soir, elle a souligné une erreur au niveau du calendrier, en expliquant que la nouvelle ministre ne pourra s’attarder sur les sujets pressant de l’éducation avec l’arrivée des Jeux Olympiques cet été. Elle a aussi insisté sur la nécessité d’avoir “une ministre présente sur les dossiers de l’école.” Comme l’indique Libération, Guislaine David a aussi déploré l’absence “de connaissances spécifiques sur l’éducation nationale” et ajoute “Il faut attendre la nomination de son cabinet, c’est essentiel parce qu’on a besoin de gens compétents, sinon on ne va pas s’en sortir”.

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