Le tourisme mondial relève la tête et devrait battre son record en 2024

Après trois ans de convalescence post-COVID, le tourisme mondial a retrouvé des couleurs l’an dernier, selon l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), qui prévoit un niveau d’activité record en 2024 malgré les tensions internationales, notamment au Proche-Orient.

D’après l’agence onusienne basée à Madrid, près de 1,3 milliard d’arrivées de touristes internationaux ont été enregistrées en 2023 dans le monde, contre 900 millions environ en 2022 et 450 millions en 2021.

Ce chiffre équivaut à 88 % du niveau de 2019, dernière année avant la pandémie de COVID-19, précise l’OMT dans un communiqué. Cette année-là, 1,46 milliard de touristes internationaux avaient voyagé dans le monde, soit un record d’après l’agence.

La reprise a été portée en 2023 par une forte dynamique au Moyen-Orient, où les arrivées touristiques ont dépassé de 22 % le chiffre de 2019, mais aussi sur le continent américain et en Europe, première destination touristique mondiale où l’activité a atteint 94 % de son niveau prépandémique.

La reprise a en revanche été plus faible que prévu en Asie (65 % du niveau de 2019), en dépit de la levée des restrictions sanitaires décidée voilà un an en Chine, parmi lesquelles la fin des quarantaines obligatoires pour les voyageurs en provenance de l’étranger, après trois ans de politique « zéro COVID ».

3 % du PIB mondial

Malgré ce bémol, « les dernières données de l’OMT mettent en lumière la résilience et le rebond rapide du tourisme », avec des conséquences d’ores et déjà visibles sur « la croissance » et les « emplois », souligne le secrétaire général de l’OMT, Zurab Pololikashvili, cité dans le communiqué.

D’après une estimation préliminaire fournie par l’agence madrilène, les recettes générées par le tourisme international ont atteint 1400 milliards $US l’an dernier. La contribution économique du tourisme, en incluant le trafic aérien, s’est élevée à 3 % du PIB mondial.

Cette reprise attendue de longue date par les acteurs touristiques devrait se poursuivre au cours des prochains mois. D’après une première estimation de l’OMT, les arrivées touristiques devraient ainsi dépasser de 2 % le niveau de 2019 cette année, soit un nouveau record.

Selon l’agence onusienne, l’activité devrait notamment profiter de la hausse du tourisme en Chine grâce à l’assouplissement du régime des visas pour de nombreux pays, dont la France, l’Allemagne et l’Italie, et des déplacements des Chinois dans d’autres zones du monde.

La Chine était avant la pandémie le premier pourvoyeur de touristes au monde, avec 154 millions de Chinois ayant visité d’autres pays, selon l’OMT. Ils étaient par ailleurs ceux qui dépensaient le plus, avec 255 milliards de dollars déboursés en 2019, soit 17 % des dépenses touristiques mondiales.

Risques géopolitiques et économiques

 

La reprise du tourisme chinois devrait profiter notamment à la France, première destination touristique mondiale. Le pays, qui va accueillir cet été les Jeux olympiques, mais aussi le 80e anniversaire du Débarquement du 6 juin 1944 en Normandie, devrait recevoir en 2024 plus de 100 millions de touristes, selon le gouvernement.

Cela devrait également bénéficier à l’Espagne, deuxième pays le plus visité au monde, avec 84 millions de touristes l’an dernier, soit un nouveau record, d’après l’exécutif. « Nous sommes bien placés pour continuer sur cette voie en 2024 », a souligné vendredi le ministre du Tourisme, Jordi Hereu.

D’après l’OMT, la consolidation du tourisme mondial reste néanmoins tributaire de l’évolution des « risques géopolitiques », notamment au Proche-Orient, où le tourisme devrait souffrir des conséquences du conflit entre Israël et le Hamas, et en Ukraine, où la guerre avec la Russie s’enlise.

Elle pourrait également être pénalisée par des problèmes économiques, comme « l’inflation persistante, les taux d’intérêt élevés » et « la volatilité des prix du pétrole », qui pourraient « continuer à influer sur les coûts du transport et de l’hébergement en 2024 ».

Un ensemble de facteurs qui pourraient pousser les touristes internationaux à « voyager plus près de chez eux », par souci d’économie, conclut l’OMT.

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