les 10 meilleurs films à (re)voir absolument

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Hunger Games, Happiness Therapy, Winter’s Bone, X-Men, Causeway… Quels sont les meilleurs films avec Jennifer Lawrence ?

A-t-on vu ascension plus spectaculaire et fulgurante que celle de Jennifer Lawrence à Hollywood ? En l’espace de quelques années, la (très) jeune actrice a grillé toutes les étapes d’une carrière parfaite : révélation fracassante dans le cinéma indépendant (Winter’s Bone, qui lui a valu une nomination aux Oscars), sagas à succès (X-Men, Hunger Games), et Oscar de la meilleure actrice (Happiness Therapy).

Propulsée sur le devant de la scène, Jennifer Lawrence est rapidement devenue l’une des actrices les plus populaires et les mieux payées. Et en une décennie, elle a déjà prouvé à quel point elle comptait, et savait choisir ses rôles.

Retour sur les 10 meilleurs films et rôles de Jennifer Lawrence.

 

Photo Jennifer LawrenceFan de X-Men qui découvre qu’il n’y a aucun X-Men

 

Loin de la terre brûlée

  • Sortie : 2009
  • Durée : 1h48

 

Loin de la terre brûlée : Photo Jennifer LawrenceUne première grande performance tout en retenue

 

Jennifer Lawrence a rapidement eu le droit à des rôles principaux au cinéma. C’était le cas dès son deuxième film (sorti en tout cas) avec The Poker House, où elle incarnait une jeune adolescente, fille d’une toxicomane s’occupant de ses petites soeurs dans une maison voyant défiler les hommes entre violence, drogue, sexe et poker. Toutefois, c’est une partition légèrement en retrait qui l’a mise sur le devant de la scène.

Loin de la terre brûlée est un film choral réalisé par Guillermo Arriaga et dans la droite lignée des films qu’il a scénarisé pour Iñárritu quelques années auparavant. Il suit ainsi plusieurs personnages à différentes époques et lieux, Jennifer Lawrence incarnant la version jeune de Charlize Theron et la fille de Kim Basinger, rien que ça. Si le film tourne énormément autour de Theron, le secret de son mal-être va finalement se révéler au gré des découvertes de son alter-ego passé joué par Jennifer Lawrence.

D’où la révélation crescendo du talent de la jeune actrice (qui n’a que 17 ans au moment du tournage). Le récit l’amène en effet progressivement à dévoiler son lourd secret jusqu’à un tournant majeur où sa retenue et sa pudeur explosent dans un cri de douleur, désespoir et regret. Le jury de Wim Wenders à la Mostra de Venise 2008 ne s’y est d’ailleurs pas trompé en l’honorant du Prix Marcello Mastroianni (le meilleur espoir en gros) : sa première grande récompense.

 

winter’s bone

  • Sortie : 2011
  • Durée : 1h40

 

Winter's Bone : photo, Jennifer LawrenceHunger Games : Origins

 

C’était la première fois que Jennifer Lawrence avait un vrai premier rôle, de ceux où il faut porter tout le film sur ses épaules. Autant dire qu’elle a réussi le pari haut la main puisque Winter’s Bone lui a valu sa première nomination aux Oscars, l’année où Natalie Portman a été sacrée pour Black Swan. Mais avant d’être un tremplin en or, le film réalisé par Debra Granik était d’abord un superbe rôle, qui faisait presque office de profession de foi pour la jeune comédienne.

Dès le début de sa carrière, Jennifer Lawrence a constaté que les rôles proposés aux jeunes actrices blondes étaient souvent inintéressants. La réalisatrice de Winter’s Bone, elle, avait justement du mal à trouver quelqu’un qui comprenait véritablement le rôle de Ree, gamine de 17 ans qui vit dans le fin fond du Missouri et s’occupe de son petit frère et sa petite soeur. Jennifer Lawrence est naturellement sortie du lot parce qu’elle a grandi dans le Kentucky, qu’elle connaît ce monde et ces mots, et qu’elle était prête à s’investir totalement dans un tournage rapide et intense (avec notamment des acteurs et acteurs non professionnels en face d’elle).

À l’écran, c’est une évidence. Dans le rôle de cette adolescente déterminée puisque désespérée qui défie un monde d’adultes, elle est formidable. Toujours juste, jamais dans la démonstration, Jennifer Lawrence incarne ce bulldozer avec une simplicité et une sobriété impressionnantes. Et les rares moments où elle craque (notamment la scène déchirante du lac, à la fin) sont d’autant plus forts.

 

Hunger Games 

  • Sortie : 2012 
  • Durée : 2h22

 

Hunger Games : photo, Jennifer LawrenceCibler un autre public

 

Après avoir fait ses armes dans des productions indé ou plus modestes, Jennifer Lawrence a connu son premier gros succès populaire avec  Hunger Games, dans lequel elle incarne la dure à cuire Katniss Everdeen. Près d’une trentaine d’actrices avaient auditionné pour ce rôle. Parmi elles : Hailee Steinfield, Emma Roberts, Saoirse Ronan, Chloë Grace Moretz, Shailene Woodley, Kaya Scodelario ou encore Emily Browning. Mais c’est sur elle que le réalisateur Gary Ross a jeté son dévolu, convaincu qu’il tenait l’actrice née pour jouer l’héroïne de Panem.

Il faut dire que le personnage colle à l’image que s’est rapidement façonné l’actrice, alors âgée de 20 ans : une jeune femme au tempérament fort, déterminée, capable de capter l’attention d’une large audience avec sa mine boudeuse. En revanche, tout n’a pas été une évidence pour elle. Jennifer Lawrence a en effet expliqué qu’elle était très impressionnée par l’ampleur du projet et a mis trois jours à accepter le rôle, alors qu’elle était sur le tournage de X-Men : Le Commencement.

Pour jouer Katniss, elle a par ailleurs suivi une préparation physique exigeante, entre le tir à l’arc, l’escalade ou le combat au corps à corps. Tout ça a payé (littéralement), puisque le premier volet a rapporté plus de 695 millions de dollars dans le monde, pour un budget de 78 millions. Même si les box-offices et critiques oscillent, Hunger Games a suivi la trace des romans, devenant une franchise plutôt unique en son genre à Hollywood, c’est-à-dire une saga d’action portée par un personnage féminin (et non un duo mixte ou une distribution d’ensemble). Même si ce rôle risquait de lui coller à la peau et de lui offrir une popularité qui aurait pu l’étouffer, Jennifer Lawrence a plusieurs fois affirmé que contre toute attente, elle n’avait jamais regretté d’avoir saisi cette opportunité. Et on comprend évidemment pourquoi. 

 

Happiness Therapy

  • Sortie : 2013
  • Durée : 2h02

 

Happiness Therapy : photo, Jennifer LawrenceQuand tu entres en scène pour ne plus lâcher l’écran

 

Première collaboration avec l’un de ses mentors hollywoodiens, David O. Russell, Happiness Therapy a évidemment aidé à faire exploser un peu plus la carrière de Jennifer Lawrence au cinéma. Récompensée de l’Oscar de la meilleure actrice, d’un Golden Globes et d’un SAG pour son rôle de Tiffany Maxwell, une (très) jeune veuve dépressive et légèrement bornée, Jennifer Lawrence a tout simplement conquis Hollywood avec sa performance. Il faut dire que l’actrice prouve une bonne fois pour toutes son talent de comédienne, notamment en faisant de l’ombre au casting ahurissant l’entourant.

Le récit est censé graviter autour du personnage incarné par Bradley Cooper, jeune divorcé dépressif (lui aussi) et bipolaire sortant d’un long séjour psychiatrique, mais Lawrence ne peut s’empêcher de voler l’attention et de devenir la vraie force du film. Et c’est le cas à chacune de ses apparitions, notamment lors d’un face à face musclé avec l’immense Robert De Niro qu’elle met carrément au tapis, lui-même avouant sa défaite.

Et si le film traite de sujets lourds (le deuil, la santé mentale, la famille), il repose surtout sur un savant mélange de tragédie et de comédie. Une manière de donner à Jennifer Lawrence toutes les clés pour briller en permanence, venant saisir d’émotion les spectateurs dans les moments les plus tendres tout en dynamitant l’ensemble de son énergie dévorante et sa spontanéité revigorante. Impressionnant.

 

american bluff

  • Sortie : 2014
  • Durée : 2h18

 

Photo Jennifer Lawrence, Amy AdamsUne très belle scène entre deux immenses actrices

 

Christian Bale, Amy Adams, Jeremy Renner, Bradley Cooper… ils ont tous beau avoir un rôle plus important que Jennifer Lawrence dans American Bluff, aucun d’entre eux ne fait encore le poids face au bulldozer en provenance du Kentucky. David O. Russell a avoué avoir écrit le rôle de Rosalyn Rosenfeld, une épouse et mère de famille explosive, en pensant à Jennifer Lawrence. Pourtant, choisir l’actrice fraichement oscarisée pour incarner une femme bien plus âgée qu’elle n’était pas franchement évident sur le papier. Même son partenaire de jeu, Christian Bale a émis des doutes sur cette décision.

Cela dit, le réalisateur avait raison et la perplexité de Bale a rapidement fondu face à Lawrence. Prenant totalement possession de cette nouvelle partition aux épaules presque trop large pour elle, Jennifer Lawrence s’amuse justement avec l’attitude décomplexée de sa Rosalyn pour tout balayer sur son passage. Elle incarne avec passion et énergie cette femme au foyer pour mieux déconstruire sa figure stéréotypée de cinéma et en révéler une nouvelle identité.

En résulte une performance à la fois irrésistible et imprévisible qui pourrait presque se résumer en une scène précise : celle d’un baiser volé dans les toilettes pour femmes entre les cris d’une colère enfouie, les larmes d’un sentiment d’injustice et les rires d’une fausse-victoire. Avec quelques insultes en sus, voilà encore du grand Jennifer Lawrence qui aurait bien mérité, lui aussi, un Oscar.

 

joy

  • Sortie : 2015
  • Durée : 2h04

 

Joy : photo, Jennifer LawrenceJoynnifer Lawrence

 

Le film Joy a beaucoup de problèmes. Comparé à Happiness Therapy et American Bluff, avec leurs récits parfaitement menés et leurs personnages soignés jusqu’aux seconds rôles, cette fausse histoire vraie à moitié inspirée par Joy Mangano est étonnamment molle et bancale. Mais même là, Jennifer Lawrence surnage.

Contrairement à ses précédents rôles chez David O. Russell, elle est moins dans le spectacle, le sensationnel et l’extravagance. En apparence, Joy est une femme normale, qui ravale ses émotions pour avancer, plutôt que les déverser sur les autres. Le Jennifer Lawrence Show à la sauce O. Russell prend donc une forme beaucoup plus douce et subtile, offrant de nombreux moments amers où l’héroïne se fait rouler dessus par la vie.

Encore une fois, Jennifer Lawrence joue un rôle en avance sur son âge (elle avait 25 ans lors du tournage, et joue une mère de deux enfants censée avoir une dizaine d’années de plus, au moins). Elle s’en défendait à la sortie, parlant de sa confiance en David O. Russell et sa vision. Elle a eu raison, puisqu’elle s’en est tirée avec les honneurs : elle est probablement le seul aspect du film qui a été applaudi, et elle a été nommée aux Oscars, une nouvelle fois.

 

mother !

  • Sortie : 2017
  • Durée : 2h02

 

Mother ! : Photo , Jennifer LawrenceAngriness Therapy

 

Chez Ecran Large comme partout ailleurs, Mother! divise. Il y a les gens qui pensent que le film de Darren Aronofsky est trop lourdingue, trop grossier, trop ridicule, et il y a ceux qui ont raison (NDLR : l’équipe se désolidarise de ce texte). Mais s’il y a bien une chose qui peut réunir les deux camps, c’est Jennifer Lawrence, absolument renversante dans le rôle le plus extrême et violent de sa carrière jusque là.

Mother! a été préparé pendant trois mois dans un entrepôt quasi vide, où le casting a répété tandis que Darren Aronofsky construisait sa mise en scène autour d’eux. Le cinéaste explique que Jennifer Lawrence est restée relativement détachée durant cette période, et que c’est sur le tournage qu’elle a tout donné.

Le réalisateur de Requiem for a Dream et Black Swan racontait à Vulture : “Je pense qu’elle a hyperventilé et qu’elle s’est un peu déplacé une côte. Pendant le gros climax du film, elle y a vraiment été à fond. Les producteurs étaient flippés. On a dû en quelque sorte calmer le jeu avant de reprendre“. L’équipe a même mis en place un espace de réconfort (une tente avec une télévision pour que Jennifer Lawrence regarde Les Kardashian), pour créer un sas de décompression sur le plateau.

À l’écran, Jennifer Lawrence est absolument phénoménale. Elle est de tous les plans et la caméra scrute le moindre de ses faits et gestes, permettant d’observer la lente descente aux enfers d’un personnage dont la douceur est peu à peu broyée par le chaos. Du début à la fin, il n’y a pas une fausse note, et l’actrice est le phare dans la nuit sans fin de cette apocalypse délirante.

 

don’t look up : déni cosmique

  • Sortie : 2021
  • Durée : 2h22

 

Don't Look Up : Déni cosmique : photo, Jennifer LawrenceLa pire fin du monde de tous les temps

 

Alors qu’elle n’était pas apparue dans un film depuis 2019 et le terrible X-Men : Dark Phoenix, Jennifer Lawrence a fait un retour très remarqué (et attendu) dans Don’t Look Up : Déni cosmique, distribué sur Netflix. Le dernier-né d’Adam McKay, le réalisateur de Vice et The Big Short, était l’occasion pour l’actrice de s’approprier un personnage moins convenu, plus original que les précédents, qu’il s’agisse de Mystique noyée sous une galerie de mutants, ou de sa ballerine-espionne dans le Red Sparrow de Francis Lawrence.

Elle profite ainsi d’un rôle faussement excentrique (la mini-frange rousse est trompeuse), celui de Kate Dibiasky, une astronome solitaire et anxieuse que le réalisateur et scénariste a écrit tout spécialement pour elle. C’est d’ailleurs Jennifer Lawrence qui a rejoint en premier le casting, bien avant son partenaire de jeu, Leonardo DiCaprio, face auquel elle ne flanche pas une seconde, pas plus que devant Robert De Niro dans Happiness Therapy ou Javier Bardem dans Mother! (s’il fallait encore prouver son charisme et son aisance qui balaient tout devant la caméra).

En plus d’alterner entre la comédie grinçante et la déprime mélancolique, on peut imaginer que ce personnage, ridiculisé sur les réseaux sociaux après s’être légitimement épanché sur un plateau télé, a été plus ou moins cathartique pour l’actrice, à l’origine de nombreux memes internet et moqueries en ligne. 

causeway

  • Sortie : 2022 sur Apple TV+
  • Durée : 1h32

 

Causeway : photo, Jennifer LawrenceBack to basics

 

C’était le premier film de Jennifer Lawrence productrice et actrice, via sa boîte Excellent Cadaver fondée en 2018 avec son amie Justine Polsky. Et c’était là encore un choix lourd de sens : un “petit” film, un premier long-métrage pour Lila Neugebauer, et un rôle tout en nuance et silence.

Dans Causeway, elle incarne une vétéran d’Afghanistan, de retour chez elle à La Nouvelle-Orléans avec quelques blessures physiques et psychologiques. Contrainte d’accepter cette normalité qu’elle veut fuir, elle croise la route d’un homme (Brian Tyree Henry) qui traîne lui aussi quelques traumas. Sur le papier, c’est très simple : la rencontre entre deux âmes meurtries, qui vont s’aider à se relever pour avancer. Et à vrai dire, c’est aussi simple que ça.

Causeway brille justement par sa sobriété. La réalisatrice Lila Neugebauer veut capter tous les petits moments faussement vides de silence et de routine, que ce soit dans les nettoyages presque hypnotisants des piscines ou dans les discussions un peu maladroites autour d’une glace. Débarrassée de tout l’attirail qui l’a rendue si populaire, Jennifer Lawrence est à nu : dans un monde normal et des costumes normaux, sans dialogues ni scènes à sensation, elle montre tout son talent dans une économie de mots déchirante, qui renvoie à Winter’s Bone. Et c’est d’autant plus beau qu’elle s’est effacée jusqu’aux Oscars, où c’est son partenaire Brian Tyree Henry qui a été nommé.

le challenge

  • Sortie : 2023
  • Durée : 1h43

 

Le Challenge : Photo Jennifer Lawrence“D’autres romcoms par pitiiiiiié”

 

Le Challenge est un film qui manque de peu sa cible. Face à la quasi-disparition de la romcom au cinéma, voir émerger une telle comédie trashouille avait de quoi faire rêver. Malheureusement, Gene Stupnitsky ne prend jamais le risque de franchir la ligne jaune morale au cœur de son concept (une femme sur le point de perdre sa maison accepte de sortir avec un adolescent introverti contre de l’argent).

Néanmoins, on ne saura enlever au long-métrage son charme évident, qui tient d’une part à la révélation Andrew Barth Feldman et, d’autre part, à Jennifer Lawrence. Comme si elle jouait avec sa propre image de star rentre-dedans, elle trouve l’équilibre parfait entre le glamour hollywoodien supposé par un tel projet et une spontanéité qui la rend immédiatement attachante.

Désœuvrée et vulgaire, Maddie fait rire autant qu’elle émeut par son audace (on retiendra cette séquence de bagarre ahurissante sur une plage qui ose un full frontal de l’actrice). Alors que sa carapace se fissure au contact de Percy, le film profite d’un rythme maintenu par la comédienne, alternant moments de tendresse et pétages de câbles hilarants. Clairement, on lui souhaite d’autres rôles de ce type.

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