les 10 meilleurs films à (re)voir absolument

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The Amazing Spider-Man, La La Land, Pauvres créatures… Retour sur les 10 meilleurs rôles d’Emma Stone.

Si le Hollywood actuel peine à faire émerger de nouvelles stars de cinéma, peu de carrières semblent aussi enviables que celle d’Emma Stone. Après s’être fait un nom dans le domaine de la comédie (en se démarquant par sa nature de girl next door honnête, loin des clichés habituels du genre), elle n’a cessé de trouver un équilibre serein entre blockbusters (The Amazing Spider-Man, Cruella) et films d’auteurs prestigieux (Iñárritu, Chazelle, Lanthimos).

Mine de rien, la comédienne semble parvenir à faire ce que peu d’acteurs réussissent ces dernières années : s’offrir des rôles forts et assurer la viabilité de films exigeants par sa seule présence au casting. De quoi avoir envie d’explorer les diverses facettes de son jeu et de sa filmographie, au travers de ses 10 meilleurs rôles au cinéma. Par manque de place, on a décidé de ne pas inclure ses séries, mais on en profite pour offrir une mention spéciale au cringe très étrange de The Curse, dans laquelle elle excelle.

N.B. : Les films ont été classés par ordre chronologique.

 

The Curse : photo, Nathan Fielder, Emma StoneRegardez The Curse

 

Paper Man

  • Sortie : 2009
  • Durée : 1h50

 

Paper Man : photo, Emma StoneUn personnage déchirant, qui jongle avec sa maladresse et son assurance de façade

 

Ce n’est peut-être pas avec l’injustement méconnu Paper Man qu’Emma Stone s’est révélée au grand public, mais c’est clairement ce long-métrage qui lui a permis de s’affirmer en tant qu’actrice dans un premier rôle important après plusieurs partitions mineures (SuperGrave, Super Blonde, Hanté par ses ex, The Rocker). La comédie dramatique de Kieran et Michele Mulroney étant plus dramatique que comique, ce n’est pas tant dans l’humour que la jeune actrice fait ici ses preuves (même si elle manie déjà brillamment le sarcasme et l’autodérision), mais plutôt dans l’émotion avec une impressionnante palette d’expressions contradictoires et de nuances jusqu’ici inexplorées.

Elle incarne dans Paper Man une variation mélancolique et abîmée de la girl next door (dont elle est ensuite devenue une des icônes). C’est une adolescente faussement cool et nonchalante, un personnage blessé qui cache ses failles derrière une attitude badass et distante, soit le terrain de jeu idéal pour prouver la force et la précision de son jeu, qui monopolise l’attention et vole la vedette, surtout face à un Jeff Daniels aguerri. Rien d’étonnant donc à ce qu’elle se soit par la suite vite retrouvée seule au centre de l’affiche. 

Easy Girl

  • Sortie : 2011
  • Durée : 1h32

 

Easy Girl : photo, Emma StoneEt le monde commença à être Stone

 

Il y avait déjà eu SuperGrave, avec Jonah Hill et Michael Cera en ados en chaleur, et Super Blonde, avec Anna Faris en playmate abandonnée. C’était deux versions plus ou moins grasses du teen movie, où Emma Stone brillait au second plan. Mais avec Easy A (Easy Girl en VF), elle passait un cap en décrochant pour la première fois le premier rôle, toute seule en haut de l’affiche.

Emma Stone raconte qu’elle suivait de près ce scénario qui traînait à Hollywood, et qu’elle s’est jetée sur les producteurs et le réalisateur Will Gluck pour passer des essais. Elle a décroché le rôle, et le film a été un baptême du feu puisqu’elle est omniprésente, à l’écran ou en voix off. Cette fois, personne derrière qui se cacher. Après ça, tout était possible puisque malgré son étiquette de simple petit film, Easy A a attiré l’attention. Mieux que ça : il a servi de démonstration complète et parfaite de son talent comique.

La malice du scénario de Bert V. Royal est pour beaucoup dans cette réussite, mais Emma Stone est une tornade qui emporte tout. Elle parvient à rendre follement touchante, tendre et drôle cette histoire casse-gueule de fausse “fille facile”, et joue parfaitement de toutes les niaiseries du programme avec une légèreté et une autodérision irrésistibles. C’est pas pour rien si la scène A Pocketful of Sunshine est devenue culte.

Crazy, Stupid, Love

  • Sortie : 2011
  • Durée : 1h58

 

Crazy, Stupid, Love : photo, Emma StoneQuand l’acteur en face de toi est Ryan Gosling

 

Film choral réalisé par Glenn Ficarra et John Requa, Crazy, Stupid, Love décortique le couple avec bonne humeur, mais aussi sincérité, qu’il s’agisse de rencontre ou de rupture. Steve Carrell, père de famille récemment largué par sa femme (Julianne Moore), va tenter de retrouver son pouvoir de séduction à l’aide d’un jeune étalon. Jeune étalon qui, lui-même, va apprendre que les coups d’un soir ne sont pas la seule satisfaction que la vie peut apporter. Si cette comédie romantique brille, entre autres, par son casting quatre étoiles de haut standing, impossible de nier qu’Emma Stone fait partie de ses étoiles les plus brillantes.

Carzy, Stupid, Love est un vaudeville moderne aussi émouvant qu’hilarant, dans lequel Stone interprète à merveille Hannah Weaver, la jeune femme de caractère qui va tout chambouler dans la vie du séducteur invétéré. Une prestation qui sera non seulement sa première collaboration avec Ryan Gosling, mais qui lui permettra aussi de faire connaître au monde son potentiel comique, établissant un nouveau standard de jeune première fun et décomplexée. À voir pour les formidables quiproquos, l’alchimie entre Stone et Gosling, et l’incroyable climax du jardin dont la teneur ne sera pas dévoilée ici.

The Amazing Spider-Man

  • Sortie : 2012
  • Durée : 2h16

 

The Amazing Spider-Man : photo, Emma Stone, Andrew GarfieldSeul regret : ne pas voir son personnage se transformer en Spider-Gwen

 

Le premier gros blockbuster de sa carrière, et pas n’importe lequel. À l’époque, les rôles de Peter Parker et Gwen Stacy étaient parmi les plus convoités d’Hollywood. Selon la shortlist de The Hollywood Reporter, elle aurait remporté la mise face à Imogen Poots, Lilly Collins ou encore Emma Roberts. Et le défi était de taille : au coeur d’une machine à plus de 200 millions de dollars, elle devait non seulement s’imposer aux côtés d’un Andrew Garfield né pour incarner Spider-Man, mais aussi succéder à la Mary-Jane mémorable de Kirsten Dunst. Toutefois, elle fut choisie pour son alchimie avec son collègue, et celle-ci fonctionne effectivement à merveille.

Bien consciente d’être un pilier pour le héros, elle n’en oublie pas pour autant de conférer à Gwen une forme de noblesse intellectuelle allant de pair avec l’approche plus réaliste choisie par Webb. Elle parviendra même à prolonger cette approche dans la suite nettement moins réussie, s’achevant avec l’une des scènes les plus célèbres de l’histoire de l’Homme-araignée, reposant quasi entièrement sur sa performance, impeccable. Finalement, l’actrice est apparue dans peu de superproductions de cette trempe, même si les propositions ont probablement déferlé après le premier volet. Sa dernière incursion dans un très gros budget remonte à Cruella, où elle ne se contente plus du second rôle, bien au contraire.

Magic in the Moonlight

  • Sortie : 2014
  • Durée : 1h38

 

Magic in the Moonlight : photo, Emma StoneDuo magique

 

Pour beaucoup de sceptiques, le cinéma de Woody Allen s’est mis à reproduire à partir des années 2000 les mêmes fondations de film en film : la comédie très dialoguée, où le cynisme s’oppose au romantisme (avec quelques variables). Si Magic in the Moonlight a déjà le mérite de son cadre aussi enchanteur que pittoresque (la Côte d’Azur dans les années 20, sertie de la lumière diffuse de Darius Khondji), sa réussite doit beaucoup à ses comédiens. Tandis que Colin Firth incarne un prestidigitateur entravé par l’artificialité de son art, Emma Stone donne tout son charme à Sophie Baker, une supposée médium.

Le film prend alors la forme logique d’un flirt permanent, d’un renvoi de balle où les deux personnages essaient de se décoder l’un l’autre. Le timing comique de l’écriture est savamment porté par Firth et Stone, au point où ils synthétisent à merveille les archétypes un peu ronflants de Woody Allen. De La Rose pourpre du Caire à Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu en passant par Scoop, le rapport entre le hasard de l’amour et la magie commençait à lasser chez le cinéaste. Mais c’est bien la facétie d’Emma Stone et la fausse naïveté de sa performance qui redonne de la splendeur à ce motif.

Birdman

  • Sortie : 2015
  • Durée : 1h59

 

Birdman : photo, Emma StoneUn regard magique et fantastique vers un avenir radieux

 

Bien sûr, Birdman a relancé la carrière de Michael Keaton au cinéma, fantastique dans la peau de Riggan Thomson, ex-superstar d’Hollywood tentant de renouer avec sa gloire d’antan à Broadway. Bien sûr, Birdman a permis à Alejandro González Iñárritu d’être adoubé par ses pairs lors des Oscars 2015 (meilleur film, réalisateur et scénario original pour le Mexicain en une seule soirée, ce n’est pas rien). Mais finalement, et on l’oublie bien trop souvent, Birdman bénéficiait aussi d’une des performances les plus remarquables d’Emma Stone.

Après son passage chez Woody Allen, la comédienne prouve un peu plus son talent d’actrice tragique ici dans le rôle de Sam, la fille de Riggan, toxicomane en rémission qui essaie de rétablir le lien avec son père en l’assistant sur sa pièce de théâtre. Dans une partition trouble, elle est aussi virulente (une engueulade mémorable avec Riggan) et cynique (ses échanges avec Mike) qu’émouvante (le plan final) rehaussant la complexité de son personnage.

On pourrait presque dire qu’elle est à la fois un coeur émotionnel majeur pour le récit et le détonateur explosif venant booster sa fantaisie. Et honnêtement, le fait qu’elle y vole souvent la vedette aux stars l’entourant (Keaton, Norton, Watts, Galifianakis) était déjà un indicateur de son bel avenir hollywoodien.

La La Land

  • Sortie : 2016
  • Durée : 2h08

 

 

C’est ce qu’on appelle un grand chelem. Grâce à La La Land, Emma Stone a remporté un Golden Globe, un BAFA et bien évidemment le Graal des comédiennes hollywoodiennes : l’Oscar de la meilleure actrice. Lors de son discours, elle restait modeste : “Je dois encore beaucoup grandir, apprendre, travailler”. Pourtant, sa performance dans le méga-succès de Damien Chazelle est un sacré accomplissement et de toute évidence le fruit de son penchant pour la comédie musicale (elle a joué à Broadway) et de l’expérience parfois déplaisante de ses débuts d’actrice.

La comédienne puise dans son propre rapport à Hollywood pour en ressusciter les grandes heures et il faut bien avouer qu’elle bouffe l’écran, aussi bien quand elle joue de sa complicité avec Ryan Gosling (avec qui elle a déjà travaillé sur Crazy, Stupid, Love et Gangster Squad) que quand elle pousse la chansonnette seule. Plusieurs scènes, cadrées en plan-séquence, reposent entièrement sur son jeu. C’est notamment le cas de la séquence de l’audition où, au centre de l’image, attirant le travelling avant du cinéaste, elle se lance dans un crescendo laissant transparaître à la fois son désespoir et l’angoisse du dispositif. Très impressionnant.

Quand on sait qu’elle a remplacé Emma Watson, qui lui a préféré le remake de La Belle et la Bête, on se dit que le hasard hollywoodien fait bien les choses.

Battle of the Sexes

  • Sortie : 2017
  • Durée : 2h02

 

La Bataille des sexes : Photo , Emma StoneNot my loooover

 

Jonathan Dayton et Valerie Faris, les réalisateurs de Little Miss Sunshine, savent y faire quand il s’agit de capter avec tendresse (et sans jugement) des personnages combatifs, parfois à la limite de l’obsessionnel, mais aussi en proie au doute. Avec Battle of the Sexes, le duo offre à Emma Stone la possibilité d’incarner la championne de tennis Billie Jean King, pour son célèbre match contre l’ancien champion du monde masculin, Bobby Riggs (Steve Carell). Ce qui n’est alors qu’une bravade misogyne venant du joueur has-been se transforme alors en véritable combat féministe.

Au-delà de l’énergie du montage, Battle of the Sexes repose sur une mise en scène à fleur de peau, où sa caméra à l’épaule s’approche au mieux des acteurs (en particulier Stone) pour approcher une essence viscérale et physique de ses protagonistes. La croisade de Billie Jean pour le respect des femmes sur le court de tennis semble émaner d’elle, quand bien même elle cherche à dissimuler cette fibre militante dès qu’elle touche aux droits homosexuels, qui la concernent tout autant.

C’est dans cette ambiguïté que réside le centre névralgique passionnant du film, où l’héroïne est confrontée à ses sentiments pour Marilyn (Andrea Riseborough). La scène où Billie Jean se fait coiffer par la femme qui l’attire est d’ailleurs filmée avec une douceur trop rare. Les gros plans s’attardent sur le moindre geste, sur le moindre élan de grâce, tandis que le son s’efface autour des deux personnages. Et dans ces moments-là, Emma Stone est également à son meilleur.

La Favorite 

  • Sortie : 2019
  • Durée : 2h00

 

La Favorite : photo, Emma StoneLa “bitch face” comme arme redouable

 

Avant Pauvres Créatures, Emma Stone avait déjà brillé pour Yorgos Lanthimos dans La Favorite, un projet qui l’a passionnée dès la lecture du scénario et dans lequel elle s’est particulièrement investie. On peut facilement comprendre son attrait pour le rôle d’Abigail Hill, une femme humiliée et ambitieuse, parfaitement insondable malgré son expressivité exacerbée. Le film est un immense jeu de manipulation et de mise en scène, et c’est à l’actrice que l’on doit une des plus belles scènes d’ascendant psychologique, qui sert également de bascule au scénario : Sarah (le personnage de Rachel Weisz) surprend Abigail endormie nue dans les bras et le lit de la reine (jouée par Olivia Colman).

À l’origine, le sein de l’actrice ne devait pas apparaître à l’écran, mais celle-ci a insisté, comme elle l’a expliqué au Sunday Mirror « […] On avait déjà tourné plusieurs prises, mais j’ai demandé si je pouvais être nue. Je trouvais que ça permettait à Sarah de regarder quelque chose, de prendre conscience que je ne suis pas cachée sous les draps. Olivia m’a dit de ne pas le faire. Yorgos m’a demandé si j’étais certaine de vouloir le faire, et j’ai répondu : “Absolument” ». S’il fallait encore une preuve, Emma Stone ne manque ni de talent ni d’audace. 

Pauvres Créatures

  • Sortie : 2024
  • Durée : 2h21

     

 

Pauvres créatures : Photo Emma StoneFranken-Stone

 

Toujours pour Lanthimos, cette fois-ci, l’actrice incarne une version moderne et féminine de la créature de Frankenstein : fabriquée de manière pas très morale par le Dr Godwin Baxter, Bella découvre le monde des hommes à travers des yeux d’enfants, mais un corps de femme. Dans ce conte cruel et acide, mais aussi réjouissant, ce personnage qui ne ressemble à aucun autre va retourner ses faiblesses à son avantage et reprendre sa vie de pauvre créature en main.

Tout comme La La Land en son temps, Pauvres Créatures promet d’être le film de toutes les récompenses pour Emma Stone. Déjà forte d’un Golden Globe de la meilleure actrice pour cette prestation, l’actrice conquiert de nouveau la critique en épousant à la perfection le style complètement barré du film. Un nouveau tournant dans sa carrière ? Peut-être bien. Et surtout : l’une de ses meilleures performances à ce jour, qui confirme qu’Emma Stone sait tout faire.

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