Les actionnaires encore frileux à voter pour des résolutions climatiques

Il y a encore du chemin à faire pour convaincre les investisseurs de voter en faveur de résolutions climatiques lors des assemblées d’actionnaires. Et ce, même quand ceux-ci sont pourtant engagés pour le climat. Au Canada, ils sont encore deux actionnaires « engagés » sur cinq à avoir pourtant fait barrage à une majorité de résolutions à teneur environnementale dans la dernière année, selon une nouvelle étude.

« L’engagement actionnarial, c’est l’outil numéro un dont disposent les investisseurs  pour atténuer les risques liés à la transition climatique au sein de leurs portefeuilles. S’ils ne sont pas capables d’appuyer des résolutions climatiques, on peut se demander quel est le sens de leur engagement », soulève Renaud Gignac, conseiller sénior auprès du groupe Investors for Paris Compliance.

Êtes-vous en faveur que Metro « adopte des objectifs de réduction d’émissions de gaz à effets de serre » ? Que General Electric se dote d’un « rapport sur les risques financiers liés aux changements climatiques » ? Ou encore qu’Enbridge « divulgue les émissions absolues du champ d’application 3 » ?

Voici quelques-unes des 26 propositions d’actionnaires en lien avec le climat qu’Investors for Paris Compliance analyse dans un nouveau rapport publié jeudi. On y décortique les votes d’investisseurs canadiens publiquement engagés pour le climat afin de surveiller s’ils passent de la parole aux actes. 

« Notre analyse révèle que 43 % des investisseurs ont voté contre la majorité des résolutions climatiques, alors que seulement 14 % des investisseurs ont voté en faveur de l’ensemble des résolutions climatiques », rapporte M. Gignac.

Du progrès observé 

« Il y a quand même du progrès », relève tout de même l’analyste, qui précise que « le taux de soutien aux résolutions climatiques a augmenté de manière générale ». 

Il souligne notamment « les avancées » réalisées par certains gestionnaires d’actifs, comme la Caisse de dépôt et placement du Québec ou Desjardins. Entre 2022 et 2023, leur taux de soutien à des résolutions climatiques est respectivement passé de 33 % à 89 % et de 28 % à 58 %. 

Le rapport illustre par ailleurs que tous les investisseurs ne votent pas de la même manière. « Les gestionnaires de fonds de pension ont eu tendance à voter davantage en faveur des résolutions climatiques que les gestionnaires d’actifs privés. Cela s’explique par le fait que les gestionnaires de fonds de pension ont une vision à plus long terme de leurs investissements », mentionne-t-on.

Le degré de soutien varie aussi selon la nature des propositions, fait remarquer M. Gignac. Les rapports sur l’alignement du lobbying en matière de climat sont plus susceptibles de recueillir des appuis que des résolutions pour l’élimination progressive des combustibles fossiles, observe-t-il.

Pour cette dernière catégorie de résolutions, le taux d’appui se limite à 28 %. « C’est très timide, alors que c’est pourtant une nécessité de voter en faveur de ces résolutions-là pour atteindre nos objectifs climatiques », fait valoir M. Gignac.

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