Les autorités de Hong Kong poursuivront «à vie» la militante Agnes Chow

Le gouvernement de Hong Kong a assuré lundi qu’il poursuivrait « à vie » Agnes Chow, emprisonnée pour son rôle dans des manifestations en faveur de la démocratie avant d’être libérée sous caution, puis de s’enfuir de cette ancienne colonie britannique.

La militante politique avait annoncé la veille sur les réseaux sociaux — à l’occasion de son 27e anniversaire — qu’elle ne retournerait pas à Hong Kong plus tard ce mois-ci pour remplir les conditions posées à sa libération intervenue il y a plus de deux ans et demi.

Dans un communiqué diffusé lundi soir, le gouvernement local a condamné « les actes honteux de Chow », sa « fuite pour échapper à ses responsabilités légales ».

Il a ajouté qu’elle était « complètement dépourvue d’intégrité » et que « son hypocrisie, son déshonneur et son mépris de la loi et de l’ordre étaient mis à nu ».

« Les fugitifs seront poursuivis à vie à moins qu’ils ne se rendent », a averti le gouvernement.

Agnes Chow est l’une des plus connues parmi les jeunes figures de proue des vastes actions de protestation de 2012, 2014 et 2019 contre les mesures de plus en plus dures imposées par Pékin à Hong Kong.

Elle a passé environ sept mois derrière les barreaux pour son rôle dans un rassemblement devant le siège de la police locale en 2019, lorsque des foules immenses ont défié semaine après semaine le régime chinois, le mouvement de contestation le plus important depuis la rétrocession en 1997 par le Royaume-Uni de ce territoire.

 

Installée à Toronto

Dimanche, Agnes Chow a publié deux articles, brisant le silence qu’elle gardait depuis sa libération.

« Je ne veux plus être obligée de faire quoi que ce soit et je ne veux plus être obligée d’aller en Chine continentale », a-t-elle alors lancé, soulignant qu’elle avait, avant de décider de partir pour le Canada, « pris en compte la situation à Hong Kong, ma sécurité personnelle, ma santé physique et mentale ».

Agnes Chow a expliqué qu’elle s’était installée à Toronto à la mi-septembre pour des études universitaires et qu’elle ne retournerait pas à Hong Kong en décembre pour se présenter à la police, une des conditions posées à sa libération sous caution, avec la remise de son passeport.

Elle avait été l’une des neuf personnes arrêtées en 2020 aux côtés du magnat des médias militant pour la démocratie Jimmy Lai, accusé de « collusion avec des forces étrangères pour mettre en danger la sécurité nationale ».

Début juillet, la police de Hong Kong a proposé de lui restituer son passeport à la condition qu’elle se rende une fois avec des membres des forces de l’ordre dans la ville de Shenzhen, en Chine continentale.

Agnes Chow a accepté et, à la mi-août, elle a passé une journée avec cinq policiers, au cours de laquelle on lui a montré une exposition des réalisations chinoises et le siège du géant de la technologie Tencent — où on lui a demandé de poser pour des photos.

« Je pouvais sentir que j’avais été surveillée tout au long du voyage », a-t-elle écrit.

Depuis qu’une loi sur la sécurité nationale a été imposée par Pékin à Hong Kong, une grande partie des dissidents et la plupart des dirigeants du mouvement pour la démocratie dans ce territoire ont été arrêtés, emprisonnés ou ont fui à l’étranger.

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