Les catastrophes naturelles ont coûté 108 milliards aux assureurs en 2023, selon Swiss Re

Les pertes couvertes par les assureurs risquent de doubler au cours des dix prochaines années sous l’effet du changement climatique qui rend les phénomènes météorologiques plus fréquents et plus intenses, avertit mardi le géant de la réassurance Swiss Re.

Le groupe suisse, qui fait office d’assureur pour les assureurs, met notamment en garde contre une augmentation des frais pour les orages sévères, qui sont désormais la deuxième source de pertes pour les assureurs, après les cyclones tropicaux.

L’an passé, les catastrophes naturelles ont engendré 280 milliards de dollars de dégâts dans le monde, dont 108 milliards de dollars pris en charge par les compagnies d’assurances, a quantifié mardi le groupe suisse dans son étude annuelle, qui dresse un état des lieux.

Le montant des dégâts et la part prise en charge par les assureurs a reculé par rapport à l’année précédente alors que la facture avait gonflé en 2022 sous l’effet de l’ouragan Ian.

En 2022, les pertes économiques s’étaient montées à 286 milliards de dollars tandis que la facture pour les assureurs avait atteint 133 milliards de dollars.

Les pertes pour les assureurs ont toutefois dépassé la barre des 100 milliards de dollars pour la quatrième année d’affilée, « plusieurs records ayant été battus », notamment concernant les frais engendrés par « les orages sévères », a souligné Jérôme Jean Haegeli, le chef économiste de Swiss Re, lors d’une conférence de presse à Zurich.

Dégâts sur les panneaux solaires

L’an passé, les pertes assurées pour les orages se sont chiffrées à 64 milliards de dollars, notamment sous l’effet des tempêtes de grêle qui les accompagnent.

Si la plus grosse part de ces pertes vient des États-Unis, elles augmentent toutefois en Europe, où la facture pour les orages a dépassé 5 milliards de dollars par an au cours des trois dernières années. Le risque de grêle en particulier augmente en Allemagne, en Italie et en France.

Le réassureur note entre autres une augmentation des frais pour les dégâts sur les panneaux solaires. Avec leur multiplication sur les toits, les frais augmentent eux aussi, comme l’ont montré les tempêtes de grêle qui ont touché l’Italie en juillet.

En cas de tempête de grêle, les dégâts que doivent couvrir les assureurs sont « beaucoup plus coûteux que pour les toitures », ne serait-ce que parce que les panneaux solaires endommagés « ne peuvent pas être réparés et doivent être remplacés », a expliqué Balz Grollimund, responsable des tremblements de terre et catastrophes de Swiss Re.

Les modèles les plus utilisés sont conçus pour résister à des grêlons de 25 millimètres, mais un grêlon de 19 centimètres, le plus gros jamais répertorié en Europe, a été découvert lors de la tempête en Italie, a-t-il souligné.

En 2023, le tremblement de terre en Turquie et en Syrie a été la catastrophe naturelle la plus coûteuse de 2023. Les pertes assurées se sont montées à 6,2 milliards de dollars, ce séisme illustrant de manière « dramatique » les écarts de couverture dans le monde, souligne le rapport.

Les pertes économiques ont atteint 58 milliards de dollars, mais le tremblement de terre a touché des zones peu assurées, environ 90 % des pertes n’étant pas couvertes, quantifie l’étude.

Le réassureur met lumière « un nouveau record » dans le nombre de catastrophes dites de « taille moyenne » qui entraînent des pertes assurées de l’ordre à 1 à 5 milliards de dollars. Leur nombre augmente deux fois plus vite que les autres catastrophes, selon cette étude.

L’an passé, 142 catastrophes engendrant des pertes assurées ont été enregistrées, dont 30 entraînant des pertes de 1 à 5 milliards de dollars, soit nettement plus que la moyenne de 17 événements de cette ampleur au cours des dix dernières années.

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