Les députés exigent la sauvegarde de la maison d’enfance de René Lévesque

L’Assemblée nationale du Québec a demandé d’une seule voix au gouvernement d’effectuer « de toute urgence » les travaux essentiels à la préservation et à la mise en valeur de la maison d’enfance de René Lévesque, à New Carlisle, en Gaspésie.

La motion adoptée à l’unanimité mardi soulignait que la demeure de l’ancien premier ministre de la province, acquise par l’État québécois en 2021, nécessite toujours des « réparations majeures ». « Son propriétaire, le gouvernement du Québec, a la responsabilité légale en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel de “prendre les mesures nécessaires pour assurer la préservation de la valeur patrimoniale” des biens classés en sa possession », y est-il précisé. 

Le député péquiste Pascal Bérubé a suggéré que la motion qu’il a déposée soit envoyée à la municipalité de New Carlisle. Son maire, David Thibault, avait qualifié de « déplorable » l’état de l’intérieur de la bâtisse, tout en mentionnant son revêtement arraché et des moisissures débordant jusqu’à l’extérieur. « Dans ma tête, il est déjà trop tard » pour la sauver, avait-il souligné en entrevue au Devoir vendredi dernier.

Dans un message publié mardi sur le réseau social X (ex-Twitter), le ministre de la Culture et des Communications, Mathieu Lacombe, a toutefois réfuté cette affirmation. « L’état du bâtiment est stable. Il n’est pas du tout trop tard. Même que le travail avance bien pour que la maison soit occupée et soit notamment accessible au public. »

Contacté par Le Devoir, son ministère a expliqué avoir procédé en 2022 et en 2023 à des « travaux urgents » afin d’assurer la préservation et freiner la dégradation de cette maison construite en 1905. « Nous n’avions pas à l’origine planifié de travaux en 2023, mais à la suite de constats, nous sommes intervenus légèrement sur le bâtiment », a détaillé l’équipe des relations médias.

À ce jour, une somme de près de 105 000 $ a été investie par Québec dans la conservation de la demeure. 

« Les interventions effectuées comptent notamment la sécurisation des lieux, la réparation de la toiture (chevrons et recouvrement), le remplacement de montants et de sablières, ainsi que la remise en état du chauffage et le contrôle de l’humidité », écrit le ministère. 

Une « nouvelle étape » en 2024

Une nouvelle étape est prévue pour la maison René-Lévesque en 2024, a précisé le ministère de la Culture et des Communications. Cette phase concerne cette fois la « restauration et la mise en valeur du bâtiment ». Ce dernier sera cependant inaccessible au public pour des raisons de sécurité pendant toute la durée des travaux. 

Différents scénarios sont actuellement en analyse quant à l’éventuelle vocation des lieux, ajoute le ministère. « Le projet final devra permettre d’assurer la pérennité de la maison, dans le respect de ses valeurs patrimoniales. » Il soutient que ces réflexions sont menées avec des intervenants du milieu, comme l’équipe de l’Espace René-Lévesque, musée situé à une centaine de mètres de la demeure.

La motion adoptée mardi à l’Assemblée nationale rappelle que cette propriété est un « témoin essentiel de l’histoire du Québec moderne ». René Lévesque, l’un des pères de la Révolution tranquille, y a passé son enfance. 

 Le sort de la maison René-Lévesque suscite des discussions depuis des années sans que son avenir ne soit pour autant assuré. La demeure a été reconnue à titre de monument historique dès 1995 en raison de « ses valeurs historique et architecturale ». Elle avait tout de même continué de dépérir, même après avoir été officiellement protégée par l’État en 2012.

Avec Jean-Louis Bordeleau et Jean-François Nadeau

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