Les eaux Perrier, Vittel, Contrex et Hépar “doivent être retirées de la vente”, selon Foodwatch

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Les eaux Perrier, Vittel, Contrex et Hépar "doivent être retirées de la vente", selon Foodwatch

La directrice de l’information chez Foodwatch, Ingrid Kragl tire la sonnette d’alarme sur la commercialisation des eaux minérales du groupe Nestlé après un rapport de l’Anses faisant état d’une contamination généralisée.

Ce jeudi 4 avril 2024, un nouveau document de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), dévoilé par Franceinfo et Le Monde, pointe du doigt la contamination de certaines eaux minérales naturelles vendues en bouteille. Elle concerne des eaux du groupe Nestlé : Perrier, Vittel, Contrex et Hépar.

“Aucune information n’a été communiquée au consommateur”

Le rapport confirme notamment la contamination généralisée aux bactéries, pesticides, Pfas, des sources d’eau minérale naturelle exploitées par le groupe Nestlé en France. La directrice de l’information chez Foodwatch – ONG qui se bat notamment pour une alimentation sans risques, saine et abordable pour tous – et spécialiste de la fraude alimentaire, Ingrid Kragl, regrette d’abord qu’aucune “information n’a été communiquée au consommateurs ni par Nestlé ni pr les autorités”.

Elle aimerait également aller plus loin dans la démarche : “Ce qu’on demande nous, puisque la confiance n’y est plus suite aux révélations du jour, c’est qu’on retire et qu’on rappelle ces produits et qu’enfin une information claire du gouvernement soit dirigée vers le citoyen. Ça suffit de se cacher derière son petit doigt” a-t-elle indiqué ce jeudi matin dans le 10h-12h de France Info.

“Multiples constats de contaminations d’origine fécale”

Dans la note de l’Anses transmise au gouvernement, certains experts parlent d’un “niveau de confiance insuffisant” pour assurer “la qualité des produits finis”. Les ressources en eau du site de Vergèze, où est produite la marque Perrier apparaissent par exemple comme vulnérables pour Didier Jaffre, directeur de l’ARS Occitanie. Voilà pourquoi il a sollicité les services de l’agence sanitaire. Il évoque dans une lettre la présence de “traitements interdits” dans l’usine et une “contamination régulière des eaux brutes sur au moins cinq des sept forages”, tout comme la “présence de micropolluants” rapporte France Info ce jeudi.

Ce n’est pas tout, le rapport pointe aussi du doigt la présence de contenants chimiques comme des Pfas, ces polluants dits éternels. Les conclusions de ce rapport appellent les décideurs à mettre en oeuvre un plan de surveillance renforcé des usines Nestlé “considérant les multiples constats de contaminations d’origine fécale”, “la présence chronique notable de micropolluants”, et “l’absence de paramètre permettant le suivi de la contamination virale des eaux” révèle France Info. En revanche, il n’est pas possible de formuler de recommandation pour les produits finis, pour la simple et bonne raison que ces cas de non-conformité devraient engendrer la fin de l’exploitation des sources qui produisent de l’eau minérale naturelle. Ce qui, potentiellement, est toujours le cas à l’heure actuelle.

Nestlé juge la qualité de ses eaux “conforme”

Toujours au micro de France Info, Ingrid Kragl de l’ONG Foodwatch rappelle que “la directive européenne sur les eaux et le code de la santé publique sont pourtant limpides : lorsque l’eau minérale est polluée, il ne fait aucun doute que la mise en bouteille et la commercialisation doivent être suspendues. Or, ce n’est pas ce qu’il s’est passé” regrette-t-elle. Dans les faits, certaines contaminations microbiologiques régulières auraient été détectées sous la forme de bactéries coliformes, d’Escherichia coli ou d’entérocoques. La présence de contaminants chimiques comme les Pfas, des polluants dits éternels, est également pointée du doigt. De son côté, contacté par France Info, le géant Nestlé estime que la qualité de ses eaux est conforme à la règlementation et assure avoir retiré tous les autres traitements illicites mis en place ces dernières années.

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