Les efforts s’intensifient en vue d’un cessez-le-feu, combats acharnés à Gaza

Les efforts s’intensifient en vue d’un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas dans la bande de Gaza, où les combats et les raids israéliens meurtriers se poursuivaient jeudi en dépit d’une situation humanitaire désastreuse.

Des témoins ont fait état de frappes israéliennes à proximité de l’hôpital Nasser de Khan Younès, la grande ville du sud du territoire, en partie détruite, où se cachent selon Israël des dirigeants locaux du mouvement islamiste palestinien.

Le chef du Hamas, Ismaïl Haniyeh, qui vit en exil au Qatar, est attendu en Égypte jeudi ou vendredi pour discuter d’un nouvel arrêt des combats, près de quatre mois après le début de la guerre déclenchée par l’attaque sanglante du mouvement islamiste palestinien contre Israël le 7 octobre.

Ces discussions doivent porter sur une proposition formulée lors d’une récente réunion à Paris entre le directeur de la CIA, William Burns, et des responsables égyptiens, israéliens et qataris.

Une trêve de six semaines

Selon une source du Hamas, le mouvement islamiste examine une proposition en trois phases, dont la première prévoit une trêve de six semaines durant laquelle Israël devra libérer entre 200 à 300 prisonniers palestiniens en échange de 35 à 40 otages détenus à Gaza, et 200 à 300 camions d’aide pourront entrer chaque jour dans le territoire palestinien.

Quelque 250 personnes ont été enlevées et emmenées dans la bande de Gaza le jour de l’attaque du Hamas, dont une centaine ont été libérées fin novembre à la faveur d’une première trêve, en échange de prisonniers palestiniens détenus par Israël. Selon les autorités israéliennes, 132 otages restent détenus à Gaza, dont 29 seraient morts.

Pour appuyer les efforts en vue d’une deuxième trêve, le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken va retourner « dans les prochains jours » au Moyen-Orient, a indiqué un responsable américain.

Pour le moment, le Hamas, considéré comme une organisation terroriste par Israël, les États-Unis et l’Union européenne, réclame un cessez-le-feu total en préalable à tout accord, notamment sur la libération des otages.

Le gouvernement israélien évoque de son côté une possible trêve mais continue d’affirmer qu’il ne mettra fin à son offensive à Gaza qu’une fois le Hamas éliminé, les otages libérés et après avoir reçu des garanties sur la sécurité future d’Israël.

« Nous travaillons à obtenir une autre entente pour la libération de nos otages, mais pas à n’importe quel prix », a déclaré mardi soir le premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou, sous pression à la fois des familles d’otages pour une libération et de membres de son gouvernement, hostiles à une entente qui serait trop généreuse selon eux pour les Palestiniens.

La guerre a éclaté le 7 octobre lorsque des commandos du Hamas infiltrés depuis Gaza ont mené une attaque sans précédent sur le sol israélien, qui a fait environ 1140 morts, majoritairement des civils, selon un décompte de l’AFP réalisé à partir de chiffres officiels israéliens.

En riposte, Israël a juré d’« anéantir » le Hamas, au pouvoir à Gaza depuis 2007, et lancé une offensive militaire qui a fait 27 019 morts, en grande majorité des civils, selon le ministère de la Santé du mouvement palestinien qui a dénombré jeudi 119 morts en 24 heures.

« Au bord du gouffre »

L’armée a de son côté annoncé avoir « éliminé des dizaines de terroristes » mercredi dans la bande de Gaza et détruit « un lanceur de missile de longue portée » à Khan Younès.

Dans le territoire palestinien dévasté, totalement assiégé par Israël et devenu « inhabitable », selon l’ONU, la population « meurt de faim » et « est poussée au bord du gouffre », a dénoncé un responsable de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Michael Ryan.

L’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) s’est dite jeudi menacée de devoir cesser ses activités « d’ici fin février ». Une douzaine de pays donateurs ont suspendu leur contribution à cette agence après des accusations d’Israël à l’encontre de 12 de ses employés soupçonnés d’implication dans l’attaque du 7 octobre.

À Khan Younès, une mission de l’OMS a tenté cette semaine de livrer de la nourriture à l’hôpital Nasser, le plus grand de la ville, pris dans une zone de combats, mais « la nourriture a été prise des camions par une foule désespérée », a raconté mercredi le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Gebreyesus.

Dans cet hôpital qui manque de tout le matériel de base, où l’insalubrité favorise la propagation de maladies, les médecins débordés tentent de faire face à l’afflux de blessés.

« Nous ne sommes pas plus de cinq ou six médecins aux urgences. Chacun d’entre nous doit s’occuper de dix cas en même temps. Les blessés qui arrivent meurent avant que nous ne puissions nous en occuper », a témoigné à l’AFP un médecin, Mahmoud Raja Abou Chamala.

La guerre a poussé 1,7 million d’habitants de Gaza, selon l’ONU, sur un total de 2,4 millions, à fuir leur foyer.

La plupart se sont dirigés vers le sud à mesure que les combats s’étendaient. Plus de 1,3 million de déplacés, selon l’ONU, s’entassent à présent à Rafah, piégés contre la frontière fermée avec l’Égypte.

Hors de Gaza, le conflit risque toujours d’embraser d’autres régions du Moyen-Orient. Les rebelles Houthis du Yémen, qui depuis la mi-novembre ciblent le transport maritime international en « solidarité » avec Gaza, ont revendiqué dans la nuit une attaque contre un navire américain dans le golfe d’Aden.

Peu après, Washington a annoncé avoir détruit au Yémen dix drones d’attaque et un poste de commandement des Houthis. Une explosion s’est également produite près d’un navire au large du Yémen, selon une agence maritime britannique.

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