Les employés de cégep membres du SPGQ ont accepté l’entente de principe

Les employés de cégep membres du Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) ont accepté l’entente de principe intervenue avec la partie patronale.

Près de 93 % des 500 membres qui se sont prononcés ont approuvé l’entente lors d’un vote qui s’est déroulé en ligne du 26 au 29 février. Le syndicat compte 760 membres.

Le nerf de la guerre est, comme toujours, le salaire. L’entente prévoit une augmentation salariale de 17,4 % étalée sur cinq ans, avec une première augmentation de 6 % en 2023, ainsi qu’une revalorisation de 1 % selon l’indice des prix à la consommation pour les trois dernières années de la convention collective ou encore une bonification salariale et des primes pour les psychologues.

Le système de vacances des employés est également révisé par cette entente de principe pour bonifier le nombre de jours de vacances en fonction de l’ancienneté.

Les assurances collectives, la répartition des heures et les congés font également partie des éléments importants de l’entente qui a été conclue.

La convention collective des professionnels des cégeps était échue depuis le 31 mars dernier.

Les négociations ont été ardues et le 24 février, Guillaume Bouvette, président du SPGQ avait annoncé que le syndicat demandait l’intervention d’un conciliateur, dénonçant en entrevue avec La Presse canadienne que « rien ne bouge » après 51 rencontres. Le syndicat confesse s’être senti quelque peu lésé par rapport au Front commun, dont les négociations ont retardé les leurs.

Une semaine plus tard, heureusement, les choses ont finalement bougé. Mais même s’il s’agit d’un bon pas en avant, Martin Trudel, troisième vice-président de la SPGQ, modère l’enthousiasme : « Ce n’est pas une entente considérée comme parfaite. »

Des points de friction restants

L’un des gros points de friction restants est le régime d’assurance maladie, « parce qu’on a pratiquement un des pires régimes d’assurance maladie, affirme M. Trudel, à cause entre autres, du fait que le l’employeur n’y contribue pas beaucoup. »

« Là, on a une contribution de l’employeur d’une centaine de dollars. C’est des montants fixes, mais on a eu de grosses augmentations dernièrement et l’employeur ne contribue presque pas à ces augmentations-là. […] Ce sont ceux qui sont preneurs de l’assurance qui vont absorber les augmentations. »

La demande du syndicat était de répartir le coût par pourcentage à 50-50. L’entente prévoit finalement une contribution additionnelle de 150 $ dans le cas d’une personne seule et de 300 $ dans le cas d’une personne ayant des personnes à charge. « On comprend mal que l’employeur contribue si peu au régime d’assurance maladie », déplore le syndicaliste.

Et d’ajouter que les chercheurs des centres collégiaux de transfert de technologies (CCTT) du Cégep de Trois-Rivières, intégrés à la convention collective des employés des cégeps en juillet dernier, ont eux vu le niveau de leur assurance collective baisser à ce moment-là, puisqu’avant leur inclusion, l’employeur la prenait en charge à 100 %. C’est donc sans surprise qu’ils avaient annoncé qu’ils voteraient en bloc contre l’offre, malgré un nombre insuffisant pour avoir un impact significatif sur le résultat.

« Au niveau des échelles salariales aussi, les chercheurs qui se sont joints dernièrement avaient de meilleurs salaires, souligne ensuite Martin Trudel. Donc ils vont se trouver avec à tomber à hors échelle. »

Le volet des salaires a effectivement un goût de demi-victoire pour SPGQ. Ils sont revus à la hausse avec cette entente, mais l’augmentation de 17,4 % vient « à peine » combler un manque lié à l’inflation, résume M. Trudel.

« Avec ces augmentations-là, on est même limite pour combler l’inflation. On ne fait pas vraiment de rattrapage par rapport aux dernières années ou à ceux qui ont eu des augmentations ailleurs autour. […| »

En revanche, le syndicat inscrit dans la colonne des gains une meilleure reconnaissance de la scolarité et des diplômes avancés.

Les grandes lignes de la nouvelle convention ont été tracées, cependant la rédaction en détail de chacun des points promet encore d’âpres négociations.

« Une fois que les votes sont passés, il y a des ajustements au niveau des textes. Quand on vient après ça avec des textes concrets, parfois, ce n’est pas exactement l’interprétation de ce qui s’est dit à la table entre les deux parties. »

La nouvelle convention couvrira les employés des cégeps pour les cinq prochaines années, jusqu’au 31 mars 2028.

Le Conseil du trésor, représentant du gouvernement du Québec dans les négociations des conventions collectives n’a pas répondu à nos sollicitations.

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