Les Kings, la CAQ et la vitalité de la culture québécoise

Est-ce qu’offrir des loisirs gratuitement à sa population fait partie des missions de l’État, surtout quand on pense que nos gouvernements ont de la difficulté à soutenir leurs missions fondamentales (santé, éducation, transport en commun, etc.) ? Je soumets au ministre des Finances, Eric Girard, trois questions qui pourraient l’aider, ainsi que son gouvernement, à décider quoi soutenir en loisirs. Ces trois questions sont : 1. Est-ce que le projet a valeur d’éducation ? Est-ce qu’il a une valeur patrimoniale ? Est-ce qu’il contribue à la vitalité de la culture québécoise ?

À la première question, nous pouvons affirmer sans nous tromper qu’une organisation comme l’Orchestre symphonique de Montréal ou le Musée national des beaux-arts du Québec participe à l’éducation du public, parce qu’ils présentent des oeuvres du patrimoine de l’humanité qui enrichissent la culture générale de ceux qui les voient ou les entendent. De la même façon, les auteurs de théâtre font réfléchir les spectateurs sur des enjeux réels de société, participant ainsi à leur éducation.

Nous pouvons répondre à la deuxième question de façon semblable. Les musées ont pour mission principale de protéger les oeuvres du passé. Les compagnies en arts de la scène qui jouent des classiques protègent aussi ces oeuvres, car si une pièce symphonique ou un Molière ne sont pas joués, ils meurent dans l’oubli.

Enfin, les événements qui présentent des artistes de la chanson québécoise, ou des producteurs qui tournent des films québécois, participent puissamment à garder notre culture vivante. Ce sont les raisons qui font que les citoyens cotisent par leurs impôts pour soutenir ces secteurs.

Qu’en est-il des événements qui sont de purs loisirs ? Est-ce la mission de l’État de soutenir des équipes de sport professionnel qui paient des jeunes de 20 ans 50, 100 ou 150 millions de dollars en salaire pour une carrière de 10 ou 15 ans ? Est-ce le rôle de l’État de soutenir des organismes qui présentent des artistes populaires étrangers ? À mon avis, ce ne l’est pas.

Vous me direz : il y a les retombées économiques. Je vous répondrai qu’une équipe de hockey ou de baseball dont les joueurs sont en majorité étrangers retourne chez elle avec les centaines de millions en salaire et que cela appauvrit la province de Québec. Si vous calculez les retombées économiques nettes plutôt que brutes, vous verrez que ces loisirs sportifs sont nocifs pour le Québec. Tout comme les grands artistes de la chanson populaire qui retournent dans leur pays avec des centaines de millions en cachets.

Taylor Swift à Toronto a siphonné l’Ontario et le Canada de centaines de millions de dollars qu’elle a rapportés aux États-Unis. Alors oui, M. Girard, la décision de votre gouvernement par rapport aux Kings est mal fondée, tout comme la décision de verser, à l’époque, 400 millions de fonds publics pour le Centre Vidéotron dans la perspective d’accueillir une équipe de la LNH qui siphonnerait l’argent des Québécois pour l’expédier vers les pays de résidence des joueurs, et qui serait offerte à des milliardaires qui jouent les gouvernements les uns contre les autres. N’en déplaise à l’ancien maire de Québec Régis Labeaume, le Centre Vidéotron n’est pas comparable à la Maison symphonique. L’un ne propose que des loisirs alors que l’autre contribue à l’éducation et à la protection des grandes oeuvres de l’humanité.

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