LR derrière le RN et Reconquête aux Européennes ? Le spectre de la déroute

Le parti des Républicains peine toujours à remonter dans les intentions de vote en vue des élections européennes et accuse du retard sur le RN. La crise des agriculteurs est l’occasion pour la droite de se faire valoir face aux extrêmes.

Alors que la colère des agriculteurs se transforme en véritable mouvement de contestation, cette crise tend aussi à devenir un terrain de jeu politique à cinq mois des élections européennes. Cela n’a échappé à personnes, toutes les forces politiques se sont précipitées pour exprimer leur soutien au monde agricole et se positionner en tant que représentant et défenseur du secteur. Si le gouvernement doit gérer la crise tout en soignant son image, du côté des oppositions c’est la campagne électorale qui commence à s’organiser. L’extrême droite profite notamment du ras-le-bol des agriculteurs, étouffés par une accumulation de normes européennes, pour défendre sa vision d’une Europe soumise à l’autorité, à la législation et à la souveraineté nationale.

Bardella sur le terrain avant les autres

Malgré la réponse rapide du gouvernement et de la majorité, avec des prises de parole du Premier ministre et du ministre de l’Agriculture dans le week-end, le président du Rassemblement national a été un des premiers à se rendre sur le terrain. Il s’est rendu dans une exploitation agricole du Médoc, en Gironde, le 20 janvier et auprès des pêcheurs du golfe de Gascogne retenus à quai, à Lorient, le 23 janvier. Gabriel Attal a de son côté commencé à rencontrer les syndicats agricoles dans la soirée du lundi 22 janvier. Mais c’est surtout sur les partis de la droite et de l’extrême droite, Les Républicains et Reconquête, que le RN a pris de l’avance.

Après les visites de Jordan Bardella auprès des agriculteurs, les autres oppositions de droite veulent revenir dans la course. Ainsi, Marion Maréchal, tête de liste Reconquête pour les Européennes, s’est jointe à une manifestation d’agriculteurs français devant le Parlement européen à Bruxelles, le 23 janvier, pour dénoncer les normes imposés par les Vingt-Sept. Tandis que François-Xavier Bellamy, choisi pour conduire la liste LR, a participé le même jour à une conférence de presse sur la “crise agricole” avant de se rendre à Senlis, dans l’Oise, pour visiter une exploitation agricole et rencontrer les agriculteurs locaux.

LR effacé par les discours des extrêmes ?

Si Bardella et Maréchal font le plus souvent leur déplacement en solo, c’est bien accompagné que François-Xavier Bellamy est allé à la rencontre des agriculteurs : avec le député de l’Aisne Julien Dive, l’eurodéputée Anne Sander et le patron des députés LR Olivier Marleix. Une façon de mieux imprégner ? Ou de mieux se faire entendre ? Car c’est là une des craintes du parti : être invisible face à la concurrence. 

Les Républicains arrivent loin derrière le RN et la majorité présidentielle dans les intentions de vote des différents sondages. Avec seulement 6,5% d’intentions de votes selon la dernière étude, publiée par l‘Ifop pour Le nouvel économiste, le parti arrive même derrière Reconquête, mais aussi le PS, les écologistes et LFI.

Si LR ne peut compter sur le vote des électeurs de gauche, le parti souhaite peser plus lourd à droite en convainquant les électeurs prêts à soutenir les extrêmes. Mais cela s’annonce difficile : “Bardella prend la lumière, Maréchal va aller très loin dans la critique de l’UE, et nous, on ne va pas oser taper aussi fort” a glissé un cadre de la droite à Politico. Les Républicains ont donc peu de marge de manœuvre, mais ils misent sur la légitimité de leurs élus. Un argument qui doit encore plus être mis en valeur à l’heure de la crise des agriculteurs selon le député Julien Dive qui a rappelé auprès de l’infolettre politique que “95% de nos députés sont issus de territoires ruraux ou agricoles”.

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