L’un des meilleurs films d’horreur de l’année est français et est à voir au cinéma !

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La fin d’année 2023 se termine sous fond d’horreur avec “Vermines”, excellent premier long-métrage de Sébastien Vaniček qui propose un film d’araignées angoissant.

C’est quoi Vermines ?

Vermines est le première long-métrage de Sébastien Vaniček. Le réalisateur de 34 ans, qui s’est exercé avant sur de nombreux courts-métrages, propose ici un survival au concept très efficace. L’histoire (co-écrite avec Florent Bernard) suit Kaleb (Théo Christine), un jeune homme qui ramène dans son immeuble de banlieue une araignée achetée au marché noir. Sauf que l’animal en question n’est pas fait pour évoluer dans ce genre d’environnement et, face au danger, a la capacité à vite se multiplier et à grossir de plus en plus.

Vermines ©Tandem
Vermines ©Tandem

L’araignée ne tarde donc pas à s’échapper. Et alors que Kaleb est occupé à régler des problèmes personnels avec sa sœur Manon (Lisa Nyarko) qui souhaite rénover leur appartement pour le vendre, et son ancien ami Jordy (Finnegan Oldfield) venu aider cette dernière, l’immeuble se retrouve vite infesté d’araignées. Lorsqu’ils s’en rendront compte, il sera presque trop tard. Kaleb, Manon et Jordy, mais aussi Lila (Sofia Lesaffre) et Mathys (Jérôme Niel) devront alors tout faire pour quitter le bâtiment, en affrontant aussi bien ces araignées qu’un voisin facho et la police qui impose une quarantaine.

Ça vaut quoi ?

Dans le genre film d’araignées, on retient généralement plutôt des nanars. Mais Vermines en est loin, grâce à l’approche sérieuse de Sébastien Vaniček. Le réalisateur propose avant tout un film angoissant, filmant intelligemment l’un des animaux les plus inquiétants qu’on connaisse – et pourtant si peu utilisé par le cinéma (du moins qualitativement). Une inquiétude combinée à l’idée d’enfermement, qui n’est alors pas sans rappeler Rec (2008), qui voyait lui des zombies infester un immeuble.

Vermines ©Tandem
Vermines ©Tandem

Bien sûr, tout n’est pas parfait dans Vermines et on peut trouver certaines choses à redire dans l’écriture du final. Mais le scénario reste suffisamment cohérent, et la mise en scène de Vaniček assez intelligente, pour en tirer un très bon divertissement. Il faut dire que visuellement, Vermines impressionne avec ces araignées filmées parfois au plus près, capable de sortir lentement du corps de leur victime à la manière du facehugger d’Alien. Sébastien Vaniček se permet d’ailleurs une référence évidente au célèbre film d’horreur, en plaçant une araignée à quelques centimètres du visage de Manon.

Un sous-texte intelligemment présenté

Dès lors, la peur des personnages devient celle des spectateurs, grâce à une identification aisée avec ces protagonistes. Et en ajoutant en sous-texte de son film un discours clair sur la peur de l’inconnu, de l’étranger, et de ce qui est jugé repoussant (l’araignée est une métaphore du délit de faciès), Sébastien Vaniček donne à Vermines la profondeur nécessaire pour qu’on s’y attarde, tout en gardant comme objectif premier d’offrir un vrai divertissement.

Il montre ainsi, lui aussi, que le cinéma de genre en France, plus précisément d’horreur, peut être de qualité. Ce qu’on dit depuis un moment bien sûr, même si tout n’est pas recommandable (voir la critique de Gueules noires). Et si on a pu voir des films de cette catégorie tendre davantage vers l’aspect social (comme La Nuée, au demeurant un excellent film), Vermines va dans une autre direction. Un choix qui reste judicieux et qui permet de finir l’année sur de bonnes sensations fortes, et l’assurance de faire quelques cauchemars, seul reproche qu’on fera à Sébastien Vaniček.

Vermines est à découvrir en salles le 27 décembre 2023.

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