Manque d’«investissement significatif» en éducation dans le budget ontarien, selon l’AEFO

Malgré une augmentation du budget de base alloué au ministère des Affaires francophones de l’Ontario, l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO) déplore l’absence d’« investissement significatif en éducation » de la part du gouvernement Ford, qui a déposé mardi son budget pour 2024-2025.

« Au courant de la dernière année, le gouvernement Ford s’est vanté de prioriser l’éducation à maintes reprises et il sort aujourd’hui un budget sans investissement significatif en éducation. Où sont les réelles actions et les gestes concrets ? », a réagi la présidente de l’AEFO, Anne Vinet-Roy.

« Si le système d’éducation en Ontario continue de difficilement tenir le coup, c’est grâce au grand dévouement du personnel, et non grâce aux soi-disant investissements que le gouvernement fait faussement miroiter », a-t-elle ajouté dans un communiqué. Dans un contexte de pénurie de main-d’oeuvre, l’AEFO s’attend « à beaucoup plus de ce gouvernement ».

En fin d’après-midi, mardi, Queen’s Park a déposé un budget prévoyant un déficit de 9,8 milliards pour 2024-2025. À l’inverse des investissements de dizaines de milliards dans les infrastructures et le transport en commun, le gouvernement Ford a annoncé une baisse de près de 400 millions de dollars pour le ministère des Collèges et Universités dans la prochaine année financière.

Comme elle l’avait annoncé le mois dernier, la province a également décidé de prolonger son gel des droits de scolarité « pendant au moins trois ans de plus ». Une mesure pourtant décriée dans un rapport d’experts commandé par le gouvernement et publié en novembre dernier.

« Avec plus d’une décennie de baisse des subventions provinciales […] une réduction de 10 % des droits de scolarité et maintenant un gel [de ces] frais pendant huit ans, ainsi qu’un plafond fédéral sur les étudiants internationaux, les universités de l’Ontario sont à un point de rupture », a déclaré par voie de communiqué le président du Conseil des universités de l’Ontario, Steve Orsini.

Le gouvernement Ford a toutefois annoncé une aide de 10 millions pour les collèges et universités de petite taille dans des secteurs ruraux et du Nord, qui sont « financièrement vulnérables ». Il ne fait toutefois aucune mention de l’Université de Sudbury, à laquelle les progressistes-conservateurs ont refusé d’accorder un financement fin juin 2023. Le recteur de l’établissement, Serge Miville, n’était pas disponible mercredi pour une entrevue.

Deux nouvelles écoles élémentaires et deux nouveaux établissements secondaires francophones devraient aussi ouvrir en 2023-2024. La construction de quatre autres écoles francophones — dont une bilingue — et trois agrandissements sont également prévus à plus long terme.

Hausse des fonds pour les Affaires francophones

Le ministère des Affaires francophones a quant à lui été doté d’un plus important financement de base pour 2024-2025, soit 8,6 millions ; une hausse de 1,6 millions par rapport à 2022-2023. Des investissements de durée limitée de 4,7 millions devraient également s’ajouter, portant le total à 13,3 millions pour la prochaine année.

Les chiffres provisoires de 2023-2024 s’élèvent d’ailleurs à 8 millions, alors qu’il était prévu dans le précédent budget d’y allouer seulement 7,7 millions.

Le gouvernement Ford « s’est engagé à améliorer l’accès aux services en français dans tout l’Ontario et à renforcer la vitalité des communautés franco-ontariennes », peut-on lire dans le document budgétaire. On y apprend également que Queen’s Park « collabore avec le gouvernement fédéral pour renouveler l’Accord Canada-Ontario sur les services dans la langue de la minorité et investira près de 10 millions de dollars sur trois ans pour élargir la prestation de services de qualité en français ».

D’autre part, l’Ontario investit 6,8 millions de dollars sur deux ans pour les entrepreneurs ontariens, octroyant notamment un nouveau financement — dont le montant demeure inconnu — à la Fédération des gens d’affaires francophones de l’Ontario, afin de « fournir un soutien supplémentaire pour aider les entrepreneurs francophones de l’Ontario à démarrer et à faire croître leur entreprise grâce à des services consultatifs spécialisés, des ateliers et des événements […] dans la langue de leur choix ».

Deux annonces saluées par le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), Fabien Hébert. L’AFO est toutefois « déçue de l’absence d’engagements budgétaires pour les services de santé en français et interpelle le gouvernement de l’Ontario à intégrer la variable linguistique sur et dans la carte santé. “Nous devons faciliter l’accès aux soins primaires, aux soins de santé mentale et de traitement des dépendances, aux soins à domicile, aux soins aigus ainsi qu’aux soins de longue durée pour les personnes d’expression française”, a écrit M. Hébert.

Ce reportage bénéficie du soutien de l’Initiative de journalisme local, financée par le gouvernement du Canada.

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