Moscou et Kiev s’échangent des centaines de prisonniers de guerre

La Russie et l’Ukraine ont annoncé mercredi avoir chacune libéré plus de 230 prisonniers de guerre dans leur plus grande opération d’échange de ce type en près de deux ans de conflit et en pleine escalade des bombardements.

Il s’agit du premier échange de prisonniers de guerre depuis l’été, les autorités ukrainiennes ayant accusé Moscou de bloquer les négociations à ce sujet.

« À l’issue d’un processus de négociation complexe, 248 militaires russes ont été rapatriés du territoire contrôlé par le régime de Kiev », s’est réjoui le ministère russe de la Défense dans un communiqué sur Telegram.

« Plus de 200 de nos soldats et civils sont revenus de captivité chez les Russes », a de son côté annoncé le président ukrainien, Volodymyr Zelensky.

Selon le commissaire ukrainien aux droits de la personne, Dmytro Loubinets, exactement 230 militaires ukrainiens ont été libérés au cours de ce « 49e échange » entre Kiev et Moscou depuis le début de l’assaut russe en février 2022.

C’est « le plus important en termes de nombre de défenseurs [ukrainiens] rapatriés », a affirmé le centre ukrainien de coordination chargé des prisonniers de guerre.

Parmi eux figurent 66 défenseurs de l’usine Azovstal, capturés au moment du siège de la ville de Marioupol par l’armée russe en 2022, selon un responsable ukrainien ayant pris part aux négociations.

Au total, depuis le 24 février 2022, « 2828 défenseurs [ukrainiens] sont rentrés chez eux ! » a affirmé M. Loubinets mercredi.

D’après les médias ukrainiens, le précédent échange de prisonniers de guerre remontait à août dernier.

Médiation émiratie

 

Selon Kiev et Moscou, l’échange de mercredi a été rendu possible par une médiation des Émirats arabes unis, un partenaire important de la Russie dans plusieurs dossiers humanitaires, économiques et énergétiques.

Cet échange intervient en pleine intensification des violences entre Russes et Ukrainiens, des frappes des deux côtés ayant fait des dizaines de morts et de blessés parmi les civils dans les derniers jours.

 

Une attaque de missiles russe contre l’Ukraine a fait vendredi une cinquantaine de morts, suivie par un bombardement ukrainien sans précédent de la ville russe de Belgorod samedi (25 morts) puis de nouvelles frappes russes d’ampleur contre Kiev, ses environs et Kharkiv, dans l’est, mardi (5 morts).

Mercredi, des bombardements russes de moindre ampleur ont fait trois morts dans deux régions de l’Ukraine. La veille au soir, c’est la région russe de Belgorod qui a été attaquée, par quatre vagues de frappes ukrainiennes qui ont fait un mort et onze blessés.

La Russie et l’Ukraine ont procédé à de multiples échanges de prisonniers depuis le début du conflit en février 2022.

Fin novembre, Dmytro Loubinets avait pourtant accusé la Russie d’empêcher tout échange de prisonniers de guerre. « Les échanges n’ont pas lieu, car la Russie ne le veut pas », avait-il déploré.

En août dernier, le commissaire ukrainien aux droits de la personne avait dit que l’Ukraine avait réussi à récupérer près de 2600 de ses citoyens faits prisonniers depuis le début de l’invasion russe.

Il y aurait toujours des milliers de prisonniers de guerre dans les deux camps.

 

Dans les derniers mois, Moscou a multiplié les procès pour infliger de très lourdes peines à des prisonniers militaires ukrainiens, les accusant du meurtre de civils et d’autres crimes de guerre.

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