Multiplication par près de quatre en un an en France, surtout après le 7 octobre

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Les chiffres de la haine contre les juifs sont particulièrement alarmants. Le nombre d’actes antisémites recensés en France a bondi l’an dernier, à 1.676 contre 436 en 2022, selon un rapport du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) qui déplore une « explosion » après le 7 octobre, date des attaques du Hamas contre Israël.

Jamais un tel niveau n’avait été atteint, déclare Yonathan Arfi, le président du Crif, en rappelant qu’ « on avait quelques dizaines d’actes par an dans les années 1990, quelques centaines sur la période 2000-2022 ».

« L’école n’est plus un sanctuaire »

Dans six cas sur dix (57,8 %), les actes recensés l’an dernier ont été des atteintes aux personnes (violences physiques, propos et gestes menaçants…) plutôt qu’aux biens, selon ce rapport compilant des chiffres « recensés par le ministère de l’Intérieur et le Service de Protection de la communauté Juive (SPCJ) ». Mais ces chiffres ne reflètent « qu’une partie » des actes antisémites, ceux qui ont fait l’objet d’une plainte ou d’un signalement à la police, rappelle le Crif.

Dans plus de 40 % des cas, il s’agissait de « propos et gestes menaçants ». Et s’ils ont été surtout commis dans la sphère privée (32 %) et sur la voie publique (20,4 %), 7,5 % ont été recensés sur Internet. Autre point inquiétant pour le Crif, 12,7 % des actes ont eu lieu en milieu scolaire, dont une majorité au collège. « On assiste à un rajeunissement des auteurs d’actes antisémites. L’école n’est plus un sanctuaire de la République », déplore-t-il.

L’« explosion » après le 7 octobre

« Pour la première fois depuis longtemps, les générations qui arrivent sont plus poreuses aux préjugés antisémites que les générations précédentes », explique Yonathan Arfi, en identifiant « trois carburants » à ce phénomène : « la haine d’Israël, l’islamisme et le complotisme ».

Dans un pays qui abrite la plus grosse communauté juive d’Europe (environ 500.000 personnes), le Crif constate une « explosion » (+1.000 %) des actes antisémites après le 7 octobre. Durant les trois mois qui ont suivi, leur nombre « a égalé celui des trois années précédentes cumulées ». Ainsi d’une quarantaine chaque mois sur la période estivale, les actes antisémites sont passés à 563 en octobre, 504 en novembre et 175 en décembre. « Le 7 octobre a servi de catalyseur à la haine », estime Yonathan Arfi, selon qui la vision des civils israéliens massacrés a joué un rôle déclencheur dans ce phénomène.

L’attaque du Hamas le 7 octobre sur le sol israélien a entraîné la mort de plus de 1.140 personnes, selon un décompte à partir de données officielles. En retour, Israël a lancé une vaste opération militaire qui a tué 25.700 Palestiniens, selon un dernier bilan du ministère de la Santé du Hamas.

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