Négociations dans le secteur public : le Front commun et la FAE concluent une entente avec le gouvernement

Le Conseil fédératif de négociation a déterminé jeudi soir que la proposition globale de règlement convenue entre Québec et la Fédération autonome de l’enseignement (FAE) «constitue une entente de principe qui sera recommandée aux membres». Ces derniers seront convoqués à l’assemblée générale de leur syndicat respectif au retour des Fêtes. Les moyens de pression, dont la grève générale illimitée, sont donc levés.

Le gouvernement et le Front commun se sont entendus jeudi sur une proposition d’entente de principe qui établira les conditions salariales des 420 000 employés du secteur public représentés par le regroupement syndical.

Les détails de l’accord intervenu à la table centrale ne sont pas connus, mais ce développement constitue un élément majeur qui vient paver la voie à un règlement avec la majorité des employés du secteur public pour le renouvellement de leurs conventions collectives.

Tout comme les autres ententes issues des tables des différents secteurs annoncées au cours des derniers jours, celle qui est intervenue à la table centrale jeudi doit encore être approuvée par des délégués et des syndiqués, qui auront le dernier mot lors d’assemblées générales à venir.

Le Front commun regroupe les syndiqués du secteur public représentés par la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), la Confédération des syndicats nationaux (CSN), la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) et l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS).

Inflation et rattrapage

Dans un communiqué, le Front commun a annoncé être parvenu à conclure une proposition à la table centrale, après 11 jours de grève à l’automne. Le regroupement syndical a rappelé que son intention avait toujours été de protéger les syndiqués contre l’inflation et d’obtenir « un certain » rattrapage salarial.

« C’est ce qui nous a guidés tout au long de ce blitz de négociation pour parvenir à une proposition d’entente », ont déclaré dans le communiqué les porte-parole du Front commun, soit François Enault, premier vice-président de la CSN, Éric Gingras, président de la CSQ, Magali Picard, présidente de la FTQ, et Robert Comeau, président de l’APTS.

Les organisations syndicales convoqueront leurs délégations au cours des prochains jours pour leur présenter le contenu des propositions d’ententes intervenues à la table centrale et à chacune des tables sectorielles afin de déterminer si  elles constituent une entente de principe globale.

Les membres seront ensuite appelés à se prononcer en assemblée générale pour l’entériner.

« La présente ronde de négociation sera officiellement réglée lorsque les conditions de travail et de pratique ainsi que les conditions salariales seront jugées satisfaisantes », ont déclaré les porte-parole dans le communiqué.

La présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel, a confirmé la proposition d’entente intervenue avec le Front commun au sujet de la rémunération, des régimes de retraite et d’assurance, des disparités régionales et des droits parentaux.

L’accord établit les conditions de travail pour la période allant de 2023 à 2028.

« Cette importante proposition d’entente, d’une durée de cinq ans, tient compte de l’amélioration des conditions de travail des employés de l’État et de l’organisation du travail par le biais d’une plus grande souplesse dans les conventions collectives », a indiqué le cabinet de Mme LeBel dans un communiqué.

Les détails de la proposition d’entente demeureront confidentiels jusqu’à ce que les membres des organisations syndicales du Front commun se soient prononcés sur son contenu, a-t-on précisé du côté de la ministre.

Plus de souplesse

Le Front commun avait rejeté il y a trois semaines la proposition de hausse salariale de 12,7 % sur cinq ans déposée par le gouvernement. Le premier ministre François Legault s’était alors déjà montré ouvert à la bonifier.

Dans ses négociations, le gouvernement réclamait plus de flexibilité aux syndiqués. Pour le réseau de la santé, il souhaitait plus de souplesse afin de faciliter la préparation des horaires et compte offrir des primes pour les quarts moins faciles à pourvoir, comme ceux de nuit, ou les postes en région.

Dans l’éducation, le gouvernement voulait régler les affectations des enseignants avant l’été plutôt qu’en août, la façon de faire actuelle causant des « psychodrames ».

La semaine dernière, les dirigeants du Front commun avaient rappelé qu’ils étaient prêts à exercer un mandat de grève générale illimitée à partir de janvier si les discussions ne progressaient pas de façon satisfaisante avec le gouvernement. Du même souffle, ils avaient déclaré qu’il pourrait ne falloir que quelques jours encore avant de conclure une entente.

Jeudi, le gouvernement a également annoncé avoir convenu d’une proposition globale avec la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), un syndicat qui ne fait pas partie du Front commun.

Cette entente préliminaire, qui concerne 40 % des enseignants québécois, porte notamment sur des éléments liés à la rémunération et à l’organisation du travail, comme l’aménagement de la tâche et les conditions d’emploi. Les enseignants représentés par la FAE sont en grève depuis le 23 novembre.

Du côté des 80 000 infirmières et autres professionnels représentés par la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec, les négociations se poursuivaient toujours, jeudi.

À voir en vidéo

You May Also Like

More From Author