Nos jeunes athlètes aussi ont droit à l’égalité des chances!

La Basse-Côte-Nord est l’une des régions les moins connues du Québec et elle est souvent oubliée. Un territoire qui compte 15 petits villages isolés, qui s’étend sur 375 kilomètres. La 138 arrête à Kegaska et recommence dans le village de Vieux-Fort, jusqu’à la frontière du Labrador. Le transport aérien et le transport maritime sont souvent les seuls moyens de transport disponibles. Il s’agit d’un endroit où les athlètes font face à l’adversité et à plusieurs obstacles en raison de leur isolement.

Traités comme des citoyens de seconde classe, nos jeunes n’ont pas l’égalité des chances comme le reste du Québec. L’entraînement est difficile, aucun centre de musculation n’est disponible. En moyenne, chaque athlète au Québec participe à un minimum de cinq compétitions par année. En Basse-Côte-Nord, en début d’année scolaire, les entraîneurs doivent faire un tri pour décider qui participera à quoi, car les frais de transport sont énormes avec un budget déficitaire. 

Les nolisés sont souvent la seule option, et ce, selon la disponibilité d’une compagnie. Les sports privilégiés sont le volley-ball, le badminton, le cross-country et l’athlétisme. Le hockey est aussi un sport très pratiqué en Basse-Côte-Nord, par contre, aucun financement n’est disponible pour celui-ci, alors nous devons aller en compétition hors province, car ça coûte moins cher d’aller à Terre-Neuve que de concourir dans notre propre province !

Nous avons un budget total de 210 500 $ annuel, que la MRC amasse des organismes suivants : MAMH, MTMD, CISSS Côte-Nord, MRC Golfe-Saint-Laurent, URLS, CSSL et la Caisse populaire Desjardins. À l’automne 2023, nous avons dépensé 90 000 $ en frais de transport pour le cross-country régional Côte-Nord, le cross-country provincial et un tournoi local de volley-ball, trois vols nolisés, de 55 000 $, 27 000 $ et 8000 $. 

La MTQ offre un remboursement de 60 % sur les billets d’avion aux résidents afin d’aider au prix faramineux des billets d’avion, mais le remboursement prend souvent plusieurs mois. La CSSL payait soit le vol régulier, soit le vol nolisé, et les parents remboursaient la CSSL avec le chèque de la MTQ, qui couvrait au moins un 60 % des coûts de transport. 

En décembre 2023, la MTQ a envoyé une lettre à la CSSL en refusant de poursuivre le remboursement de 60 %, en disant que le programme de remboursement s’adresse aux résidents et non à des organismes tels que la CSSL. Cependant, cette utilisation du programme PAAR bénéficiait toujours aux résidents, nos jeunes. Le CSSL n’était qu’intermédiaire pour que les parents n’aient pas à mettre d’aussi grands frais sur leur carte de crédit pendant plusieurs mois. 

Imaginez les parents qui ont plus d’un enfant qui voyage. Un billet de Blanc-Sablon à Sept-Îles, le moins cher, coûte 1507 $ pour la fin de semaine du régional de volley-ball. À la suite de cette décision du MTQ, toutes activités sportives ou culturelles sont mises en attente. Le tournoi local de badminton ainsi que deux tournois réguliers RSEQ de volley-ball ont été annulés. On ne sait même pas si les élèves du primaire auront un rassemblement sportif cette année faute d’argent. 

À qui la faute ? Je vous donne un exemple, le ministère de l’Éducation offre un budget pour des sorties scolaires en milieu culturel, ce budget pour un montant de 31 205 $, pour un total de 398 élèves, donc 78,40 $ par élèves. Un billet d’avion aller-retour Sept-Îles–Blanc-Sablon coûte plus de 1000 $ par personne. Alors, évidemment, le gouvernement ne connaît pas notre réalité.

La MTQ offre le programme d’accès aériens, soit 60 % de remboursement sur les billets d’avion. Ce budget n’étant jamais utilisé à 100 %, le ministère fait quoi avec son surplus budgétaire chaque année ? Entre-temps, nos jeunes se font refuser l’égalité des chances que ça soit au niveau sportif ou culturel. Qu’en est-il de l’importance de l’accès à ces événements pour la santé physique et mentale de nos jeunes. S’entraîner plusieurs fois par semaine, sans jamais pouvoir se mesurer aux autres, participer à des compétitions ? La motivation baisse vite. 

Et oui des campagnes de financement sont possibles, pour l’hébergement ou les repas, mais pas pour des vols nolisés qui peuvent coûter 55 000 $. 

Nous avons des athlètes d’élite à plusieurs niveaux qui ne peuvent pas se développer à leur plein potentiel à cause de leur situation géographique ! 

Présentement, la MRC est en discussion avec la MTQ et plusieurs niveaux politiques, mais les jeunes sont toujours sans solution, et les compétitions et les activités se poursuivent… sans eux. Qui saura les aider ? Qui saura leur redonner l’espoir et le goût de s’investir à nouveau ? Laissez nos jeunes jouer, laissez-les participer à des compétitions au même titre que les autres de leur région.

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