notre classement de tous les films, du pire au meilleur

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On profite de la sortie de Kung Fu Panda 4 pour faire un classement de tous les films de la plus martiale des sagas du studio d’animation DreamWorks

Après Shrek 3, qui amorçait la fin et le déclin de la franchise la plus populaire (et juteuse) de DreamWorks, le studio d’animation cofondé par Steven Spielberg a trouvé  dès 2008 une autre bouée de sauvetage avec Kung Fu Panda. Du fait de son succès critique et commercial (avec un beau box-office mondial à 632 millions de dollars), le film porté par Jack Black et Manu Payet en VF a évidemment eu droit à une suite, puis toute une franchise. 

16 ans plus tard, Kung Fu Panda c’est quatre longs-métrages, quatre courts-métrages, trois séries et l’obligatoire épisode spécial pour Noël. On a donc profité de la sortie de Kung Fu Panda 4 pour faire un classement de tous les films, et creuser toujours plus les dissensions dans l’équipe. 

 

 

4. Kung Fu Panda 4

  • Sortie : 2024
  • Durée : 1h34

 

Kung Fu Panda 4 : photoLe vilain Potit canard de la franchise 

 

De quoi ça parle ? Po doit devenir le nouveau guide spirituel de la Vallée de la Paix et trouver son successeur en tant que Guerrier Dragon. Entre temps, une méchante caméléone polymorphe fait revenir Tai Lung, Shen et Kai du monde des Esprits pour leur voler leur apprence et combattre Po, qui du coup fait équipe avec une renarde criminelle. Ouais, c’est un peu le bordel. 

Pourquoi c’est le pire de tous : Parce qu’il est plus mou et paresseux que Po. Cette suite de trop lancée pour rééquilibrer les comptes de DreamWorks aurait pu être l’occasion de questionner et déstabiliser une dernière fois la spiritualité du panda. Celle-ci se contente pourtant de recycler le même schéma narratif, le même humour potache et les mêmes dynamiques entre les personnages, tout en reniant sur la qualité des combats (moins énergiques et inventifs), du fait de son budget réduit. 

La Caméléone et Zhen, nouvelles arrivantes de la saga, avaient beaucoup de potentiel, mais sont traitées comme des personnages de fonction qui se contentent ainsi du strict minimum en termes d’écriture. Mais il y a pire que le traitement des nouveaux personnages : le traitement des anciens. Le film voudrait être une sorte d’énormes best of, et ramène donc les précédents antagonistes et les Cinq Cyclones, mais pour en faire des caméos, ce qui suffit à torpiller tout leur charisme. 

 

3. Kung Fu Panda 3

  • Sortie : 2016
  • Durée : 1h35

 

Kung Fu Panda 3 : photosEnsemble, sauvegardons les pandas

 

De quoi ça parle ? Po a toujours cru que son père avait disparu, mais le voilà de retour pour lui faire découvrir un village ermite de pandas. Au même moment, un nouveau méchant débarque pour s’attaquer aux plus grands maîtres du kung-fu à travers toute la Chine.

Pourquoi c’est pas mal : Bon déjà, un film où le méchant possède un équivalent des Lames de chaos de Kratos dans God of War, c’est un peu le KO par forfait. Sauf qu’en fait, ce détail amusant montre à quel point l’amour de la saga envers le cinéma d’arts martiaux se mixe à merveille à d’autres références pop-culturelles. Que Guillermo del Toro soit à la production de ce troisième volet aux airs de Sept samouraïs n’étonne pas beaucoup, et il est clair que techniquement, Kung Fu Panda 3 a pour lui quelques très jolies scènes, surtout dans sa gestion signifiante des couleurs.

Reste que la formule s’essouffle vite, notamment dans son humour. Po n’amuse plus beaucoup la galerie avec son comportement de grand gamin, et on sent d’ailleurs que le film essaie de réduire la voilure en interrogeant son héritage, culturel comme familial. La maturité approchée par le scénario est loin d’être inintéressante, mais comparé au travail similaire de Dreamworks sur la saga Dragons, Kung Fu Panda 3 fait un peu pâle figure.

 

2. Kung Fu Panda 

  • Sortie : 2008
  • Durée : 1h30

 

Kung Fu Panda : photoOui, il est deuxième, mais il y a débat à la rédaction

 

De quoi ça parle ? Le panda Po est un immense fan d’arts martiaux et des 5 cyclones, une équipe de combattants expérimentés érigés au rang de stars. Mais alors qu’un grand méchant Léopard s’évade et menace leur hégémonie, il est désigné comme l’élu. Et c’est mal barré.

Pourquoi c’est excellent : Sur le papier, l’idée d’une parodie animalière du cinéma d’arts martiaux hongkongais et chinois en animation 3D, le tout sous la direction d’un gros studio, ne disait rien qui vaille. Pourtant, ce premier opus est une indéniable réussite, et même l’un des films du type les plus divertissants des années 2000. Et ce pour une très bonne raison : plutôt que de se moquer – comme envisagé à l’origine –, les deux réalisateurs et les deux scénaristes ont préféré non seulement rendre hommage à cette culture, mais aussi accepter et utiliser ses codes.

Kung Fu Panda puise allégrement dans la kung-fu comedy (au point d’ailleurs d’incorporer son plus célèbre représentant, Jackie Chan) et le wuxia, afin de concevoir des séquences d’action d’une inventivité jouissive, rarement vue chez ses contemporains américains. Les compromis sont étonnamment assez rares : grâce aux 5 cyclones, représentant différentes écoles martiales, ainsi qu’à sa direction artistique, le long-métrage capture à merveille la science du mouvement et de la narration dans le geste qui a toujours démarqué l’industrie hongkongaise, jusqu’à un climax absolument délicieux, qui renvoie aux grandes heures de Stephen Chow. Un miracle, quoi.

 

1. Kung Fu Panda 2 

  • Sortie :2011
  • Durée : 1h35

 

Kung Fu Panda 2 : photoBébé Po, le meilleur argument marketing du film 

 

De quoi ça parle ? Po est devenu le Guerrier Dragon et protège (à sa façon) la Vallée de la Paix avec ses amis, jusqu’au jour où lui et les Cinq Cyclones sont envoyés dans la ville de Gongmen arrêter le tyrannique paon Shen, un nouvel ennemi qui n’est pas sans lien avec le passé sombre du panda.

Pourquoi c’est le meilleur : Parce qu’on retrouve dans Kung Fu Panda 2  toutes les qualités du premier volet (notamment les bastons qui enchaînent les idées de mises en scène à une vitesse folle), mais avec un petit supplément d’âme. Après avoir gagné en confiance dans le premier film, Po gagne dans cette suite en sagesse et sensibilité à travers une caractérisation plus nuancée et un parcours plus pathétique. En revivant ses traumatismes enfouis, il prend davantage d’épaisseur (sans mauvais jeu de mots), tout comme son père M. San Ping qui n’est plus un simple ressort comique. 

Le folklore chinois est toujours au coeur du récit, mais se couple cette fois à une sorte de prophétie pharaonique, de la même façon que la 3D (par ailleurs plus aboutie), s’accompagne de jolies séquences oniriques en 2D (avec 150 millions de budget, il y avait de quoi se faire plaisir). Comme Shrek 2 qui a dépassé son aîné, DreamWorks a donc réussi à transformer l’essai et à ériger une nouvelle saga phare, qui malheureusement n’a fait que décliner par la suite.

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