Nouvelle embrouille sur les prix dans les supermarchés, elle touche des produits très consommés

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Nouvelle embrouille sur les prix dans les supermarchés, elle touche des produits très consommés

Dans les supermarchés, le phénomène de la “cheapflation” se répand et c’est au détriment du consommateur.

L’inflation cause bien du tort aux ménages français et les touche particulièrement au moment de faire leurs courses. Si elle n’est plus aussi forte qu’auparavant, la hausse des prix alimentaire a changé les habitudes des consommateurs, mais aussi des industriels : une nouvelle pratique pensée pour faire davantage de bénéfices au détriment des clients a d’ailleurs été identifiée. Venue des Etats-Unis, la “cheapflation” fait des ravages.

Foodwatch a décidé d’ouvrir l’enquête sur ce phénomène qui correspond à une baisse globale de la qualité des produits. Né de la contraction du mot anglais “cheap” (bon marché) et inflation, il qualifie en effet la dégradation de la qualité d’un article ainsi que, dans le même temps, l’augmentation de son prix. En pratique, cela consiste à réduire voire supprimer un ingrédient pour le remplacer par un autre ingrédient moins cher et de moins bonne qualité. Bien mené, ce changement est quasiment imperceptible sur la liste des ingrédients inscrite sur l’emballage du produit.

L’association de consommateurs donne des exemples de produits sur lesquels une telle arnaque a été opérée. Fleury Michon est pointé du doigt sur la recette de ces bâtonnets de poisson : la quantité de chair de poisson aurait baissé de 11% depuis le début de l’inflation alors que le prix du produit aurait bondi de 40% chez Auchan selon Foodwatch. Même le packaging serait trompeur. Fleury Michon a mis en avant “une nouvelle recette” sans conservateur ni arômes artificiels qui en réalité étaient déjà inexistants ajoute le rapport.  

Autre produit bien connu : les rillettes Bordeau Chesnel. La quantité de viande entre 2021 et 2024 aurait baissé de 5,5% selon Foodwatch. La graisse de canard aurait été remplacée par des huiles végétales et la viande ne serait plus française. Pourtant, le prix au kilo a augmenté de 31% chez U par exemple, indique l’association. Elle cible aussi les cookies Milka qui auraient vu l’huile de tournesol être remplacée par la controversée huile de palme, bien moins couteuse. Le prix au kilo a quand même connu une hausse de 27% chez Casino.

Les fabricants tentent de se justifier sur de tels procédés par une hausse des prix des matières premières. Une réponse qui n’a pas convaincu Foodwatch qui a assuré que ce phénomène remontait à 2016 soit bien avant la crise inflationniste. Et la “cheapflation” n’est pas la seule qui nuit au pouvoir d’achat des Français. La “shrinkflation”, plus connue, consiste pour sa part à réduire la taille et donc la quantité de certains produits sans pour autant changer le prix, voire en l’augmentant. Foodwatch a précédemment établi un panier de six produits dont le poids avait diminué de 12% alors le prix avait grimpé de 25%.

Ces pratiques qui ressemblent à des arnaques ne sont pourtant pas illégales. La réglementation n’empêche pas de changer les ingrédients ou de réduire la taille d’un produit, elle indique simplement que le consommateur ne doit pas être “induit en erreur”, comme le rapport Ouest-France. Les fabricants sont libres de signaler les changements de la façon qu’ils souhaitent. 

Comment ne pas se faire avoir ? Bien lire les étiquettes peut être assez utile. Certains pourcentages faibles sur des produits plus chers comme la viande ou le poisson par exemple peuvent vous alerter, de même pour la présence d’ingrédients tels le sirop de glucose qui peut remplacer le sucre.

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