on a testé le simulateur e-sport le plus réaliste du monde 😮

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Il y a trois mois, des images d’une expérience organisée par Cupra ont commencé à tourner. L’idée : vous installer au volant d’un bolide électrique de 350 ch, 4 roues motrices, qui vous propulse de 0 à 100 km/h en 3,2 secondes et vous le faire conduire sans jamais regarder la route, la vraie du moins. Nous avons eu la chance de nous y essayer et c’était une chouette, bien que perfectible expérience.

C’est à Barcelone qu’a lieu le point de rencontre. À peine arrivés à l’aéroport, nous nous voyons confier un Cupra Formentor VZ5, un modeste engin de 390 chevaux et 4 roues motrices. Le lieu de rendez-vous est un aéroport. Une activité automobile qui se déroule sur le tarmac est rarement ennuyeuse. Mais c’est sur le parking qui longe une piste de décollage que nous garons notre destrier. Noir pour l’occasion.

En face, un engin étrange, superbe, agressif qui génère un bruit digne d’un film de SF. Le covering est intrigant, l’engin semble déchainer les enfers et toute une équipe est là pour nous briefer. Nous sommes au cœur de la Cupra Exponential Experience.

Car il s’agit d’autre chose que de tourner en rond sur un parking. Enfin si, c’est bien ce que nous allons faire. Mais dans un autre monde. Le monde en question est numérique et c’est exactement ce qui nous est expliqué. L’expérience consiste à conduire une vraie voiture de course, en étant équipé d’un casque de réalité virtuelle. Pas augmentée, VIRTUELLE. Et par voiture de course, nous parlons de siège baquet, de rayon de braquage court, de système de gestion de la puissance comme de refroidissement spécifique, de suspensions raides et de harnais d’attache. Mais nous détaillerons cela plus loin.

L’équipe nous explique que nous allons être équipés d’un casque VR. Que nous serons d’abord déstabilisés ! Puis nous retrouverons rapidement nos marques, notamment grâce à la configuration utilisée (qui sera détaillée plus bas et vous fera saliver). L’expérience s’étend sur 5 tours. Les deux premiers permettent de découvrir le circuit. Les trois derniers servent à claquer un chrono. Le brief terminé, direction la Cupra UrbanRebel de son petit nom absolument pas usurpé. Un caméraman nous suit et étrangement, nous vivons la scène au ralenti, comme dans un blockbuster, qui, à la vue des compétences de votre rédacteur, allait être plutôt proche du blaguebuster.

Première étape, s’installer dans le baquet de course. Rien à voir avec le Formentor VZ5 de prêt. Le postérieur semble être coincé dans un bac à glaçons, le volant est une merveille d’ergonomie, la cage de survie est renforcée et massive, puisque nous n’avons pas de casque, ce qui est exceptionnel (ndlr : sur circuit, le casque est obligatoire). L’équipe du projet positionne le casque VR, un Varjo XR-3 (7000 euros la pièce) et une RTX 4090 est là pour assurer que les images propulsées à 90 fps à chaque œil soient fluides et surtout sans latence.

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Le Watercooling du PC (en noir) et celui de la voiture (en rouge)

Le système est relié à un PC dont la puissance n’a pas été communiquée. Mais sachez que le watercooling qui le refroidit est dérivé de celui qui refroidit le moteur et les batteries haute tension qui balancent du jus à une puissance de 250 kW (et jusqu’à 350 kW en crête).

La personne à droite est un pilote. Il est là pour nous accompagner dans l’épreuve. Harnais serré, la porte se referme et le copilote disparaît. Il est bien présent, mais dans un autre monde. Car désormais, le décor est virtuel. Les mains sont fausses, l’ambiance est folle. La piste semble sortie de Mario Kart. Le graphisme est un peu grossier, mais qu’importe le flacon, nous sommes là pour l’ivresse.

Le casque nécessite un petit temps d’adaptation. Car la voiture va réaliser les mouvements que nous verrons virtuellement dans un décor totalement différent. Le parking a été scanné, “mappé” et le résultat a été intégré au générateur de circuit. À ce moment-là, nous étions persuadés d’avoir envie de vomir. Et bien que nenni ! Le système est parfaitement calibré, tant et si bien qu’il n’y a aucune latence entre le mouvement réalisé en VR et le comportement de la voiture IRL.

En quelques secondes le pli est pris. Le premier tour est grisant, comme toutes les premières fois, nous vivons l’expérience au ralenti. Le sourire ne cesse de s’afficher, nous nous extasions du décor composé des monuments de la ville catalane. Second tour, il faut tester un peu l’engin et son potentiel qui ne demande qu’à s’exprimer.

Le troisième tour commence, le chrono s’affiche en 3D, nous sommes littéralement dans le jeu. Les mouvements de caisse sont impressionnants. Les murs virtuels n’existent pas dans la réalité. Cela permet de se les prendre. Le jeu nous ralentit alors. Au sol, une trajectoire apparaît. Lorsqu’elle est verte, il faut accélérer. Lorsqu’elle est rouge, il faut freiner. L’intensité de la couleur varie avec l’urgence de la situation. Et c’est là qu’apparaît un léger problème : nous n’avons pas la même sensation de vitesse. Pour rappel, cette Cupra UrbanRebel fait le 0 à 100 km/h en 3,2 secondes. C’est moins de temps qu’une Tesla Model 3 Performance. Or, nous ne sentons pas autant la vitesse et le freinage est, sur un temps aussi court, assez délicat à gérer. Qu’importe, le plaisir est là, et bien là. Mais surtout, le système fonctionne merveilleusement bien.

Quatrième tour, petit excès de confiance et volonté de pousser un peu les limites rapidement trouvées. La voiture part en tête à queue, comme sur circuit, pour les mêmes raisons de transfert de masse non maitrisé. L’espace virtuel pour le demi-tour est trop court. Mais dans le monde réel, aucun souci. Le copilote prend le relais et nous sortons du circuit, dans une sorte de néant. C’est perturbant, car la voiture évolue dans le vide.

L’enthousiasme sera moins marqué sur le dernier tour, mais le plaisir intact. Puis apparaissent des marqueurs de boost au sol, comme dans Mario Kart, Wipe-Out ou F-Zero. C’est dingue, car la voiture est littéralement propulsée lorsque nous roulons dessus. Pour rappel, les moteurs (il y en a deux) voient leur puissance passer de 250 kW à 350 kW en crête, soit à peu près de 340 à 500 ch. Le tour se termine.

La Cupra UrbanRebel est stationnée virtuellement, posée en plein milieu du parking réellement. La porte s’ouvre, le système se coupe. Le retrait du casque nous offre un retour brutal dans la douce chaleur automnale catalane. Nous avons mille questions en tête et ça tombe bien, car Ivan qui pilote (vous l’avez ?) le projet est sympa et disponible.

Vouloir renouveler l’e-sport de la course automobile

Nous apprenons plein de choses sur ce projet. Il s’agit d’abord du simulateur automobile le plus cher au monde : 300 000 euros la voiture, 30 000 euros de matériel informatique et ce, multiplié par deux, car il y a deux autos disponibles (lorsque la batterie de l’une est vide, il faut recharger l’autre). D’ailleurs, comptez 30 minutes d’autonomie maximum en l’état, ce qui est peu. C’est beaucoup, mais le système informatique se devait d’être de haut vol. Que le moteur et les batteries tournent en haute tension et que le refroidissement a été un casse-tête. Que le décor était une version bêta et qu’il va y avoir des améliorations, notamment au niveau des graphismes. Ou encore, que pour chaque lieu, il est possible de générer des centaines de circuits différents. Nous apprenons que le plus difficile a été d’obtenir une synchronisation parfaite entre la projection virtuelle et les mouvements réels. Travail qui a nécessité bon nombre d’essais et de haut-le-cœur. Puis nous en venons à la raison d’un tel projet.

Les intérêts sont multiples. D’abord l’expérience en elle-même qui, une fois rentabilisée, permettra d’organiser des compétitions. Imaginez un tournoi d’e-sport de course automobile au volant de véritables voitures de course. Assetto Corsa à son paroxysme !

Au-delà du jeu vidéo, il réside une volonté de donner un nouveau souffle au sport automobile. Comme l’a montré la F1 cette saison, les lieux choisis pour les circuits, les décalages horaires, les contraintes dédits lieux et leur influence sur la santé des pilotes, les coûts, tant financiers qu’en CO2 des déplacements sont autant de paramètres de plus en plus contraignants et délicats à gérer. Cette Cupra Exponential Experience permet de s’affranchir d’une bonne partie de ces problèmes : rien n’empêchera les ingénieurs de travailler sur l’auto. Mais un seul et même lieu pourra offrir tous les circuits.

Enfin, et c’est la raison sous-jacente, Cupra est une jeune marque qui cherche son public. Dérivée de la finition Sport de Seat, Cupra est devenue un constructeur par la volonté de l’ancien directeur Luca De Meo (désormais à la tête de Renault) de s’émanciper de l’image de Seat, pour viser un rang plus premium et donc plus rentable. Malheureusement, la marque reste inconnue auprès du grand public, malgré une base de fans jeunes. C’est justement sur eux que Cupra a décidé de miser. Les utilisateurs de demain. Peut-être pour proposer plus qu’une automobile.

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Le parcours semble long et difficile, mais on peut se réjouir de ce genre de proposition. Car à une époque où la voiture est diabolisée à tout va, tenter de nouvelles choses en misant sur l’émotion plutôt que le pragmatisme fait sens, mais surtout plaisir.

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