On se trompe depuis plus d’un siècle à propos de ces gouttes d’eau sur les plantes

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On se trompe depuis plus d'un siècle à propos de ces gouttes d'eau sur les plantes

Une étude révèle la véritable fonction des bulles d’eau présentes chez certaines plantes après des années de croyances erronées.

Il reste de nombreuses questions sur les mystères de la nature auxquelles l’homme n’a pas encore de réponse. Bien que la connaissance du monde et de l’environnement soit aujourd’hui très développée, certains détails résistent encore à la logique ou ne dépassent pas les idées reçues. C’est notamment le cas pour les bulles d’eau qui se forment sur l’extérieur de certaines plantes résilientes. Ces particules sont connues des scientifiques sous le nom de cellules vésicales épidermiques.

Une nouvelle étude a été réalisée à ce sujet par des chercheurs en biologie de différents pays (Pays-Bas, Etats-Unis et Japon) et a été publiée dans la revue Current Biology en novembre 2023. Ces chercheurs ont voulu vérifier l’hypothèse dominante sur le sujet depuis près d’un siècle selon laquelle ces gouttes d’eau permettent aux plantes qui les génèrent de se protéger de la sécheresse et du sel. Pour mener cette étude, les scientifiques ont cultivé des versions mutantes de quinoa et de ficoïde glaciale, un légume feuille originaire d’Afrique du Sud, sur lesquels ne se formaient pas les bulles d’eau.

Les chercheurs sont arrivés à une conclusion bien éloignée de la croyance qui entoure ces bulles d’eau. Ils ont en effet déterminé que cette formation aqueuse sur les plantes sert à les protéger des maladies et des parasites. Max Moog, biologiste à l’université de Copenhague explique : “Que nous ayons versé de l’eau salée sur les plantes mutantes dépourvues de cellules vésicales ou que nous les ayons exposées à la sécheresse, leurs résultats ont été brillants et contre toute attente”. Un constat qui s’est ajouté à une autre observation lors de la recherche : les plantes modifiées “étaient fortement infestées de petits insectes, contrairement aux plantes recouvertes de cellules vésicales”.

L’étude démontre également que lorsque des parasites tentaient de mordre la plante, ils étaient immédiatement atteints par une solution toxique contenue dans les cellules vésicales. Selon les chercheurs, la fausse hypothèse a pu perdurer aussi longtemps probablement à cause de précédentes études aux résultats inexacts basés sur des espèces végétales similaires ou sur des mécanismes proches de celui des cellules vésicales épidermiques.

Cette étude revêt une importance particulière à l’heure où le changement climatique actuel incite l’agriculture à cultiver des plantes particulièrement résilientes. Ce qui est le cas du quinoa, au cœur de cette étude qui pourrait contribuer à l’amélioration la culture de cette plante “riche en protéines et très tolérante à la sécheresse et au sel, et donc au changement climatique”, comme l’explique le biologiste Michael Palmgren de l’Université de Copenhague.

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