Open Roads – Test de Open Roads – Un si bref et fade voyage

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Initialement développé par Fullbright (Gone Home, Tacoma) avant que des problèmes internes n’entraînent le départ d’une partie du studio, la route suivie par Open Roads n’aura pas été de tout repos. Finalement terminé par une équipe sobrement nommée “Open Roads Team” sous le chaperonnage d’Annapurna Interactive, le jeu est arrivé à destination en sortant le 28 mars dernier. Voyons ça ensemble.

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Des secrets à découvrir

Un beau jour d’automne, Tess Devine aide sa mère Opal à vider la maison qu’elles partageaient avec Helen, sa grand-mère récemment décédée. Sur le point d’être expulsées, mère et fille vont découvrir de vieilles lettres qui mettent en lumière une relation avec un homme mystérieux issu du passé d’Helen. À l’instigation de Tess, bien décidée à percer le mystère, elles débutent alors un voyage vers le passé qui les conduira à visiter d’anciennes propriétés de la famille, à la recherche d’une trace de cet homme mystérieux. Un voyage qui fera resurgir de vieux souvenirs et qui révèlera des secrets qui vont permettre aux deux femmes de se rapprocher.

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Voie rapide

Hé Maman !

Hé Maman !

Open Roads est un jeu d’aventure narratif développé par d’anciens de Fullbright, un studio auquel nous devions déjà Gone Home et Tacoma. Des habitués du genre donc. L’aventure qui se déroule devant nos yeux n’a donc rien de surprenant dans la forme. Nous contrôlons Tess en vue à la première personne et l’essentiel du jeu consistera à interagir avec les différents éléments des décors du jeu. La plupart de ces éléments ne seront que purement décoratifs, des éléments que l’on pourra observer sous toutes les coutures. D’autres seront composés de textes qui apporteront la touche réglementaire de consistance à l’univers du jeu. Quelques-uns enfin nous permettront d’initier une discussion avec Opal et de faire avancer l’intrigue du jeu. Comme beaucoup de jeux du genre, il en résulte une aventure très linéaire qui, pour peu que vous ne preniez pas la peine d’explorer ce que le jeu veut bien vous laisser explorer, se terminera très vite. Mais même en fouinant un peu, l’aventure ne vous occupera qu’entre 3 et 4 heures.

Route balisée

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Il est évidemment difficile de révolutionner un genre aussi balisé que le walking-simulator. La plupart des fans du genre accepteront un gameplay classique au service d’une bonne histoire. Ainsi, c’est au travers de lettres échangées entre Helen et un homme inconnu que l’histoire du jeu prend forme. Qui était cet homme, quelle était la nature de sa relation avec la mère d’Opal, que fuyait-il et pourquoi sont autant de questions qui se poseront durant le jeu. Et c’est en soi le premier problème du jeu : il demande au joueur d’accepter l’idée que cette relation a priori secrète lui soit narrée dans des lettres exposées à la vue de tous. L’histoire d’Open Roads en elle-même peine à se montrer intéressante, malgré ses prometteuses prémices. Elle tournera autour des secrets de famille et des choses que l’on cache à nos enfants. Un point que l’on trouve tant dans la relation mystérieuse d’Helen que dans les secrets entourant le divorce de ses parents que Tess découvre en cours de route. Malheureusement, ces sujets ne sont dans l’ensemble que survolés et le jeu galère à donner de la profondeur à ses personnages, manquant notamment de constance dans les transitions entre les dialogues. Il est étrange d’en terminer un qui aura été houleux et de ne pas en retrouver de traces dans le suivant.

La technique

Le jeu s’articule énormément sur la dynamique du duo formé par Tess et Opal, et Open Roads se devait d’assurer au niveau du doublage. C’est donc Kaitlyn Dever (Abby dans la saison 2 de la série The Last of Us) et Keri Russell (la série Felicity) qui prêtent leurs voix aux personnages. Avec succès, puisque le duo fonctionne bien, dans les moments de compréhension mutuelle comme dans les moments où les petites piques s’échangent entre mère et fille. Et heureusement qu’elles assurent du côté sonore, parce que la partie visuelle va être plus clivante. Le jeu choisit en effet un mélange de styles graphiques assez particulier. Les lieux que l’on visite ou les arrière-plans qui défilent lors de nos voyages en voiture optent pour un rendu 3D assez réaliste. Les objets qui peuplent le monde font « vrai » et on se prend à les ramasser pour les observer de plus près. Les personnages, à l’inverse, sont représentés en 2D. Ce sont des portraits dessinés à la main qui ne sont que pauvrement animés. Cette différence de rendu induit un décalage étrange qui peut déplaire. Du côté de la traduction, ce sera VO uniquement pour le doublage, avec un sous-titrage en français. Les textes sont eux traduits, malgré quelques petits oublis qui seront, j’imagine, corrigés dans un futur patch.

House Flipper ?

House Flipper ?

Opal en voiture

Opal en voiture

Il est assez paradoxal d’avoir dans un jeu un monde dont la composition semble si crédible qu’elle invite à la découverte et de l’utiliser pour raconter une histoire qui ne fera qu’effleurer les thèmes qu’elle aborde. Car l’histoire qui nous est racontée est trop courte et superficielle pour vraiment susciter une réponse chez le joueur. Ce road-trip mère-fille ne sera donc pas un incontournable de cette année.

Test réalisé par Grim sur PC à l’aide d’une copie fournie par l’éditeur

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