Pas de rédemption pour Suicide Squad Kill the Justice League – Actu

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Malgré tous les vices qui résident dans le système des jeux en tant que service, le suivi rigoureux et l’ajout constant de nouveautés restent des points positifs non négligeables. Ça représente aussi pour les équipes en charge du développement la possibilité de peaufiner la formule et de perfectionner leur jeu tout en profitant du retour des joueurs. Des jeux comme Destiny ou Sea of Thieves ont su en tirer avantage pour s’affiner avec l’âge alors que Battlefield 2042 commence tout doucement à sortir du tunnel, toujours en quête de rédemption. Tant que les serveurs ne sont pas coupés, l’espoir est donc à priori permis. Mais ça, c’était sans compter sur Suicide Squad Kill the Justice pour servir d’exception qui confirme la règle.

Suicide Squad kill the Justice League et son futur

La dernière production de Rocksteady a été un échec au lancement et aurait donc dû, elle aussi, partir dans l’optique d’un arc de rédemption. Avec de sacrés handicaps tout de même, à commencer par un end game très répétitif qui se contente de reprendre toutes les épreuves proposées dans le jeu de base en rehaussant la difficulté de façon quelque peu artificielle. Bref, la base n’était pas forcément très engageante, mais en voyant le verre à moitié plein, on pouvait au moins imaginer une grosse marge de manœuvre pour renouveler les choses. Plus important encore, le studio peut compter sur l’image de marque de DC Comics, pour convaincre un tout petit peu plus facilement les joueurs de lui donner une seconde chance.

Rocksteady pourra-t-il aller au bout de sa roadmap ?
Rocksteady pourra-t-il aller au bout de sa roadmap ?

Surtout que Rocksteady avait pris soin dans son intrigue de bien mettre en place le concept d’Elseworlds, des univers alternatifs qui permettraient de partir dans n’importe quelle direction artistique ou scénaristique sans trop de contraintes. Pour sa première saison, le studio a fait le choix de faire revenir le Joker, méchant le plus emblématique de l’écurie DC Comics. Un choix que l’on peut comprendre aisément et si on peut regretter le manque de prise de risque, c’est une valeur sûre en termes d’image et encore une fois, d’incitation à revenir tenter l’aventure, mais les réjouissances ont été de courte durée.

Les pros du recyclage

Les quelques braves âmes ayant tenté l’expérience se rendirent compte assez rapidement que pour débloquer le personnage, il faudrait accomplir jusqu’à vingt missions pour arriver au niveau 76 du battle pass et atteindre un niveau de maîtrise de 35. Bien sûr, il sera toujours possible de passer à la caisse pour obtenir le clown prince du crime plus rapidement, mais tout le monde passera par des missions déjà vues calquées sur celles du jeu de base. En guise d’apothéose, les joueurs ont eu le déplaisir de découvrir que rien n’était contextualisé ou scénarisé sur l’arrivée du personnage, qui débarque dans l’équipe comme si de rien n’était.

La cerise sur le gâteau est arrivée en fin de semaine dernière avec la mise à jour de la moitié de saison et l’espoir de nouvelles activités inédites. Les courageux joueurs réguliers attendaient de pied ferme les fameuses missions stronghold avec optimisme, avant que Rocksteady explique de façon officielle que ces dernières étaient déjà en jeu, et qu’il s’agissait de quêtes déjà présentes dans le jeu de base (encore une fois), avec pour seule différence des morceaux du monde d’origine du Joker phasés avec Metropolis. Grand moment de malaise parfait pour achever les plus fervents défenseurs du jeu.

Rocksteady en danger ?

À ce niveau-là, on peut se demander si la Warner imagine encore la possibilité d’un arc de rédemption comme nous en parlions précédemment. Voire même si cela a été envisagé à un moment, surtout avec une monétisation aussi agressive qui n’a sans doute pas été merveilleusement bien accueillie au sein du studio. Ces dernières semaines laissent penser que nous ne sommes pas dans une optique de sauvetage, mais pire encore de mort rapide et si on peut grappiller quelques deniers dans le processus, ce n’est que du bonus.

Une direction qui semble absurde dans tous les cas, surtout quand la Warner déclare que ses plans sur les années à venir consistent à donner la priorité aux jeux services. On partirait donc sur une stratégie qui consiste à sortir des jeux services jusqu’à trouver celui qui fonctionne en abandonnant les autres ? Plus inquiétant encore est l’avenir de Rocksteady. Dans une période où les licenciements et fermetures sont légion, l’existence même du vénérable studio emblématique des années 2010 semble incertaine et se remettre de cet échec s’annonce déjà comme l’épreuve la plus compliquée qu’il ait eu à surmonter.

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