Paul St-Pierre Plamondon, personnalité politique 2023 du «Devoir»


Après avoir grimpé au sommet des sondages et avant une année 2024 qui s’annonce parsemée de défis, le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, est notre personnalité politique de l’année 2023.

Paul St-Pierre Plamondon ne se fait plus parler des sondages.

En 2022, quand le Parti québécois (PQ) vivotait à 9 % d’intentions de vote quelques mois avant le début de la campagne électorale générale, c’était pourtant la norme, soutient l’un de ses plus proches conseillers, le directeur des communications péquiste Louis Lyonnais. « On a tellement été habitués à se faire dire que le PQ allait mourir », affirme-t-il.

Tout a changé en 2023. « Le nombre de fois où Paul est revenu d’entrevues dans la dernière année avec un gros sourire. La différence d’accueil… Il y a comme eu, vraiment, un switch. Là, on a de l’écoute. »

Ironie du sort : les sondages donnent plus que jamais raison à « PSPP ». En novembre, l’enquête d’opinion d’une obscure firme torontoise, Pallas Data, accordait pour la première fois en dix ans une avance à la formation souverainiste (30 %). La Coalition avenir Québec (CAQ) passait au deuxième rang, avec 23 % des appuis. Puis, au début du mois de décembre, la méthodique firme Léger confirmait les chiffres de Pallas dans un sondage coup-de-poing où le PQ recevait 31 % des intentions de vote, contre 25 % pour la CAQ.

Paul St-Pierre Plamondon est le premier à dire que la dégringolade du parti gouvernemental dans l’opinion publique explique en partie ces résultats. « Il y a une part légitime de mécontentement envers le gouvernement. Puis il y a une bonne part, les gens, ils nous disent : “on apprécie votre travail” », a-t-il lancé le 6 décembre, quelques heures après avoir pris connaissance du plus récent coup de sonde Léger.

« Je prends toute la responsabilité », a dit François Legault aux journalistes de la presse parlementaire ce jour-là.

Les fruits du serment

 

L’année politique péquiste a commencé le 31 janvier. Quatre mois après leur élection, les trois élus de la formation souverainiste faisaient officiellement leur entrée au Salon bleu sans avoir prêté serment d’allégeance à la couronne, une première en 150 ans de parlementarisme. « Ça nous donne le goût d’autres victoires », a alors lancé M. St-Pierre Plamondon, un drapeau des patriotes attaché à la boutonnière. Rien ne laissait présager à ce moment-là qu’il irait chercher en octobre une nouvelle victoire, dans la partielle de Jean-Talon, portant à quatre le nombre de députés péquistes à l’Assemblée nationale.

En mars, les militants péquistes donnaient une bonne tape dans le dos à PSPP en l’appuyant à 98,5 % dans un vote de confiance au congrès de la formation politique. Dans la catégorie du « leader qui ferait le meilleur premier ministre », il obtient aujourd’hui l’approbation de 28 % de la population québécoise, selon Léger. François Legault apparaît, lui, au deuxième rang, avec 19 % des appuis.

Que s’est-il donc passé depuis 2022, quand moins d’un vingtième des Québécois voyaient « PSPP » s’arroger le siège de premier ministre ?

En octobre, le PQ a créé la surprise dans Jean-Talon, une circonscription historiquement libérale, occupée depuis 2019 par la CAQ. Au terme d’une campagne de 34 jours, le candidat péquiste, Pascal Paradis, a amassé un étonnant total de 11 300 votes (44 %), loin devant la candidate caquiste, Marie-Anik Shoiry (21 %).

C’était la première fois de l’histoire qu’un parti souverainiste s’arrogeait cette circonscription de la ville de Québec. Tout cela au terme d’une campagne qui a d’abord porté sur le thème du coût de la vie. M. St-Pierre Plamondon a d’ailleurs choisi de repousser dès les premiers jours de la période électorale le dépôt de son portrait des finances d’un Québec souverain. « On craint que notre espace médiatique, au lieu d’être consacré à notre partielle dans Jean-Talon, soit consacré à un tout autre sujet », a-t-il dit.

Cela faisait quatre fois que le chef péquiste reportait la présentation du document, inspiré du budget élaboré en 2005 par François Legault. Il l’a finalement dévoilé le 23 octobre, dans une conférence de presse à l’Université Laval. Conclusion : la séparation du Québec serait non seulement « viable », mais « profitable ».

Malgré la remontée politique du PQ, l’appui à l’indépendance ne bouge pas dans les sondages. Dans le dernier coup de sonde Léger, seuls 69 % des électeurs péquistes se disaient souverainistes. Et PSPP essuie de plus en plus de coups en provenance des hautes sphères de la CAQ. À la mi-décembre, sur X, un conseiller spécial de François Legault, Stéphane Gobeil, n’y allait pas de main morte : sur la hausse du coût des aliments, « le chef du PQ s’est planté et a induit la population en erreur », a-t-il écrit.

En mars, Paul St-Pierre Plamondon avait fait son entrée au congrès des membres de sa formation politique au son de l’hymne Toujours vivant, de Gerry Boulet. En 2023, le chef péquiste est « retomb[é] sur ses bottes ». Les prochaines années lui diront s’il pourra aller « jusqu’au bout ».

Les finalistes : Bernard Drainville et Pascale St-Onge

À voir en vidéo

You May Also Like

More From Author