Paul Verhoeven tacle encore les remakes, et il a bien raison

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Paul Verhoeven en a encore remis une couche sur les remakes de ses films Total Recall et RoboCop, mais on ne va clairement pas lui donner tort. 

Le Hollandais violent est un réalisateur hybride à la carrière exceptionnelle, mais c’est bien grâce à la science-fiction qu’il a connu le plus de succès à Hollywood en réalisant trois chefs-d’œuvre du genre. Et hormis le grand Starship Troopers qui a dégoûté Verhoeven de l’Amérique, ils ont eu le droit à leurs remakes désastreux. En 2012, Total Recall : Mémoires programmées était une revisite particulièrement fade sur (quasiment) tous les aspects et on ne peut que vous conseiller à la place un autre miracle de 2002 : Minority Report ou la fausse suite de Total Recall de Spielberg.

Toutefois, le remake vain par excellence allait arriver deux petites années plus tard. En 2014, le réalisateur brésilien José Padilha sortait un RoboCop déconnecté et profondément futile. Résultat d’un tournage cauchemardesque pour un cinéaste englouti par les producteurs de la MGM. À l’époque, ça n’avait pas manqué de faire réagir Paul Verhoeven, qui trouvait le remake absurde. Et 10 ans plus tard, le néerlandais ne mâche toujours pas ses mots sur ces drôles de remakes.

 

 

LA MASTERCLASS VERHOEVEN

Durant une interview avec l’exploitant américain Metrograph, Paul Verhoeven est naturellement revenu sur Total Recall et RoboCop qui ont acquis une aura spectaculaire avec le temps. Et il s’est permis de préciser les raisons pour lesquelles ces deux remakes ne fonctionnaient pas du tout :

“Ce qui est magnifique dans le RoboCop original, ce qui fait qu’il ne s’agit pas d’une pure tragédie ou autre, c’est qu’il ne se souvient d’absolument plus rien. Il a bien quelques vagues souvenirs lorsqu’il se rend dans son ancienne maison, mais RoboCop n’est pas une figure tragique. Oui, il est tué de la manière la plus horrible qui soit au début. Mais lorsque nous le revoyons en tant que robot, il ne ressent pas la même chose.

 

RoboCop : photoAutopsie du désastre

 

Dans le nouveau, parce qu’il se souvient de tout, il est beaucoup plus dramatique. Au début, on voulait que vous le considériez comme un flic robotisé. C’est ce qu’ils lui ont fait. À mon avis, c’était un problème de le rendre plus tragique. […]

[Quant au Total Recall de 2012] Je trouvais qu’il y avait beaucoup d’effets spéciaux et ce mystère – est-ce vrai ou faux ? –, je ne le ressentais plus du tout. Ce qui est intéressant avec le film original, c’est qu’à la fin, on ne sait toujours pas si c’est réel.” 

En tout cas, Paul Verhoeven est bien revenu aux États-Unis pour écrire et mettre en chantier un thriller érotique et politique dans la lignée de Basic Instinct : Young Sinner. Et si on doute qu’il revienne un jour à la science-fiction, le bonhomme lui n’est pas contre malgré ses 85 ans et ses nombreuses désillusions au pays de l’Oncle Sam. 

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