Pourquoi Ruth Elkrief est-elle placée sous protection policière ? Quelle est la mission de son agent de sécurité ?

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Pourquoi Ruth Elkrief est-elle placée sous protection policière ? Quelle est la mission de son agent de sécurité ?

Le leader de La France Insoumise Jean-Luc Mélenchon a qualifié dimanche l’éditorialiste de LCI Ruth Elkrief de “fanatique” et “méprisante envers les musulmans”. Une déclaration qui a du mal à passer auprès du ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin. Une protection policière a été mise en place.

Ruth Elkrief placée sous protection policière. Ce lundi 4 décembre 2023, le ministre de l’intérieur Gérald Darmanin a décidé de protéger la journaliste de LCI, accusée publiquement par Jean-Luc Mélenchon d’être “manipulatrice” et “fanatique” sur le réseau social X (ex Twitter) après un échange musclé entre la journaliste et Manuel Bompard, coordinateur de LFI, dans l’émission L’évènement du dimanche, dimanche 3 décembre sur LCI au sujet de la guerre entre Israël et le Hamas.

“J’ai décidé ce matin, vu les menaces de M. Mélenchon et d’autres, puisque c’est un déchaînement de haine sur internet, de remettre une protection policière” déclarait-il, ce lundi sur BFMTV-RMC. Le ministre de l’Intérieur a également fustigé “l’irresponsabilité” de la tête d’affiche de La France Insoumise.

Ruth Elkrief protégée par le SDLP

Mais alors pourquoi Ruth Elkrief est-elle placée sous protection policière ? Guerre entre le Hamas et Israël, recrudescence des actes antisémites en France… Le climat actuel fait émerger des risques significatifs pour les citoyens de confession juive. La journaliste de LCI ne fait pas exception à la règle, d’autant plus que son exposition médiatique peut jouer en sa défaveur, notamment sur les réseaux sociaux où les insultes violentes peuvent fuser. Le ministre de l’Intérieur justifie notamment son choix en raison des messages “de haine” subit par l’éditorialiste. Pour rappel, ce n’est pas la première fois que Ruth Elkrief est victime de menaces en tant que journaliste, d’où la réaction rapide de Gérald Darmanin.

La protection policière dont fera l’objet Ruth Elkrief sera assurée par le service de la protection (SDLP), issu de la fusion entre le service de protection des hautes personnalités (SPHP), le service de sécurité du ministère de l’intérieur (SSMI) et le service central automobile (SCA). Ce dernier assure sur le territoire français et à l’étranger, la protection rapprochée ou encore l’accompagnement des personnes françaises ou étrangères.

Pour chaque personne protégée, ce qui sera le cas pour l’éditorialiste de LCI, une équipe est placée auprès d’elle. Un officier de sécurité assura sa protection rapprochée car il a été déterminé qu’elle faisait l’objet d’une menace. Dans le même temps, un conducteur de sécurité effectuera lui un travail complémentaire. Il prendra l’ensemble des dispositions nécessaires pour éviter d’exposer la personnalité à une attaque potentielle, et garantira son évacuation rapide si les conditions le nécessitent.

Bien que relativement opaque sur les critères de sélectivité des personnalités suivies et sa mise en place, la protection policière est octroyée par une commission prévue par l’article 14 de l’arrêté du 12 août 2013. Cette commission est présidée par le directeur de cabinet du ministre de l’Intérieur. C’est elle qui rend un avis au ministre sur la délivrance ou le maintien de toute mesure de protection rapprochée ou d’accompagnement de sécurité.

“Il est inacceptable qu’une journaliste fasse l’objet de pressions et d’insultes”

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la sortie de Jean-Luc Mélenchon n’a pas manqué de faire réagir le gouvernement. Le porte-parole de l’exécutif, Olivier Véran a notamment tenu à réagir : “À un moment donné, il faut se poser la question de la place qu’occupe Jean-Luc Mélenchon dans le débat public”.

Même son de cloche du côté du président du Sénat, Gérard Larcher : “Jusqu’où ira Jean-Luc Mélenchon dans ses propos ?” s’est-il interrogé. Pour Eric Ciotti, chef de file des Républicains, le leader des Insoumis n’est autre qu’un “collabo des islamistes”.

Dans un tweet, le groupe TF1 a réaffirmé son soutien à sa journaliste en déplorant “vivement les invectives odieuses et insinuations déplacées dont elle est l’objet”.

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