Preview : Children of the Sun veut viser la lune

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Une petite fille ayant toujours vécu dans la forêt avec ses parents chasseurs rentre un soir chez elle et découvre son père avec une balle dans la tête, dans ce qui semble être un suicide avec son propre fusil de chasse. Il ne lui faut pas longtemps pour comprendre que la secte des Children of the Sun, dont ils font partie depuis sa plus tendre enfance, est à l’origine de son malheur. C’est donc fusil en main, psyché en morceaux et rage au ventre que “la fille” se lance dans sa quête de vengeance. Et elle n’hésitera pas à utiliser ses pouvoirs paranormaux pour tuer tout le monde en quelques secondes.

Il n’en faut pas plus à Children of the Sun pour poser son scénario, dont les tenants et aboutissants se dévoileront davantage à chaque niveau via de minuscules scènes d’animation de quelques secondes dont le style un peu crade captive. Cette esthétique très brute se répercute sur l’ensemble du jeu et René Rother ne semblait que peu intéressé à l’idée de proposer une direction artistique attrayante. Tout est austère, grossièrement pixelisé et on a l’impression que le développeur a pris le parti de proposer cette direction artistique rudimentaire pour compenser le fait qu’il fasse cavalier seul. Ce design sale se ressent également dans l’ambiance sonore difficilement supportable, remplie de sons saturés au possible qui se coupent souvent brutalement.

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Si le choix de proposer un jeu aussi visuellement viscéral peut s’avérer repoussant au premier abord, la proposition de gameplay est d’une simplicité et d’une efficacité déconcertantes. Armée de son fusil et d’étranges pouvoirs, l’objectif de la fille est d’éliminer tous les membres du culte avec une seule balle. Dans chaque niveau, il s’agira donc de faire du repérage au loin pour situer tous les ennemis avant de tirer notre seule et unique balle. Une fois le coup parti, nous allons suivre notre balle, qui à chaque corps de cultiste rencontré pourra rebondir dans la direction choisie.

Tout le concept tient dans le fait de trouver la trajectoire la plus optimale et les choses se compliqueront au fur et à mesure, allant de la cible mouvante aux obstacles à contourner. Les mécaniques se complexifieront également, avec la possibilité de dévier légèrement la trajectoire de la balle, d’utiliser la trappe à essence des voitures pour les faire exploser et choisir une nouvelle direction, ou encore viser une partie du corps spécifique d’un ennemi pour pouvoir rediriger notre balle sans restriction. Children of the Sun prend toute sa dimension puzzle lorsqu’il nous demande de tenir compte de l’ensemble de ces paramètres, avec des moments d’expérimentation et de réflexion sur la trajectoire optimale, en passant par quelques échecs sur la justesse de notre visée. Un jeu qui s’apprécie tout naturellement davantage avec un clavier et une souris, même si ce dernier accepte l’utilisation d’une manette.

Là où monsieur Rother a eu le nez fin, c’est en ajoutant une composante de scoring. Après tout, pourquoi s’embêter à trouver la meilleure façon de tuer tout le monde ? Avoir un tableau de score partagé avec tous les joueurs et un récapitulatif en vue du dessus de notre trajectoire sont des incitations à relancer le niveau à la recherche d’un tracé plus efficace. La distance entre deux cibles, viser la tête ou une cible en mouvement, tuer quelqu’un avec l’explosion d’une voiture ou la rapidité à terminer un niveau sont autant de paramètres à prendre en compte pour améliorer notre score et gratter quelques places. Il n’en fallait pas plus pour donner une dimension légèrement addictive au titre.

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