QS demande une enquête éthique sur les sollicitations financières du caquiste Louis-Charles Thouin

Québec solidaire (QS) demande une enquête éthique pour faire la lumière sur les sollicitations financières du député caquiste Louis-Charles Thouin auprès de maires de sa circonscription, à qui il a offert une rencontre avec une ministre en contrepartie d’un don de 100 $ à sa caisse électorale.

Dans sa demande transmise mercredi à la commissaire à l’éthique de l’Assemblée nationale, Ariane Mignolet, le député solidaire Vincent Marissal fait référence à plusieurs articles du code qui encadre les élus.

Selon M. Marissal, M. Thouin, député de Rousseau, s’est placé à plusieurs égards dans une situation d’apparence de conflit d’intérêts en usant de « stratagèmes de financement ».

« Ces agissements nous semblent pouvoir être en contravention de plusieurs articles de notre code », a-t-il écrit.

En acceptant les dons des maires, M. Thouin se retrouverait notamment « dans une posture de redevabilité évidente le plaçant dans une situation où son intérêt personnel pourrait influencer son indépendance de jugement dans l’exercice de sa charge », souligne le député de QS.

La semaine dernière, Louis-Charles Thouin a envoyé par message texte une invitation à des maires à « joindre l’utile à l’agréable » lors d’une activité de financement au profit de la CAQ dans Montcalm où la ministre des Transports, Geneviève Guilbault, serait présente.

L’aile parlementaire caquiste a affirmé au Devoir que M. Thouin avait transmis cette invitation, d’abord révélée par La Presse canadienne, à partir de son téléphone personnel.

Le Directeur général des élections du Québec a indiqué cette semaine que la Loi électorale ne prévoit pas de règle particulière pour encadrer la sollicitation de contribution auprès d’élus municipaux par un député.

Ajustements possibles

 

Mercredi matin, la présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel, a affirmé qu’elle suit les règles et s’est abstenue de commenter les allégations visant M. Thouin.

« Il y a des organismes chargés de faire l’enquête ou la surveillance de tout ça, on les laissera s’exprimer le cas échéant et s’il y a des ajustements, on les fera », a-t-elle dit.

Ancienne procureure de la Commission Charbonneau, Mme LeBel a affirmé que la situation actuelle n’est pas comparable à ce qui a été exposé durant ses travaux sur le financement politique et le secteur de la construction.

« On est ici dans un contexte tout à fait différent de ce qu’on a vécu dans la Commission Charbonneau, je suis bien placée pour le dire. Personne n’est forcé de faire des contributions, personne n’est forcé d’accepter, il y a des règles, on les suit », a-t-elle affirmé.

Un vice-président de l’Assemblée nationale et député caquiste, Sylvain Lévesque, est également visé par une enquête ouverte la semaine dernière par Mme Mignolet concernant une invitation à un cocktail de financement.

À Thetford Mines, où les libéraux sont réunis en caucus, le député Monsef Derraji a jugé qu’il y avait matière à enquêter sur la situation impliquant M. Thouin.

« J’invite les caquistes à suivre les règles, surtout en matière d’éthique et en matière de lobbyisme, a-t-il dit. Je ne pense pas qu’au Québec maintenant un maire doit être obligé de payer 100 $ pour un cocktail pour rencontrer un ministre. »

Avec Marie-Michèle Sioui

 

Plus de détails suivront.

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