Quand Bob Hoskins nous racontait la création de Roger Rabbit

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“C’est en regardant ma petite fille de trois ans jouer avec des amis imaginaires que j’ai, en fait, trouvé le truc.”

Qui veut la peau de Roger Rabbit ?, le chef-d’oeuvre de Robert Zemeckis, reviendra en ce vendredi soir sur Gulli. A sa sortie, en 1988, le regretté Bob Hoskins se confiait sur sa fabrication dans Première. Car une fois accepté, ce projet mi-live, mi-animé hors normes fut très spécial à tourner pour l’interprète d’Eddie Valiant.

 


Qui veut la peau de Roger Rabbit : mais pourquoi n’y a-t-il jamais eu de suite ?

“Certains acteurs rêvent de jouer avec Laurence Olivier, mais moi, on m’offre la possibilité de tourner avec Bugs Bunny, Mickey et toute la bande !” Le rôle d’Eddie Valiant dans le chef-d’oeuvre de Robert Zemeckis Qui veut la peau de Roger Rabbit ?, peu d’acteurs le convoitaient. Bob Hoskins, lui, à dû se battre pour l’obtenir, en premier lieu auprès de son agent, à qui il confiait ce rêve de gosse.

Qui veut la peau de Roger Rabbit
Amblin

Tout en rondeurs, pratiquant un comique proche du burlesque, l’acteur britannique qui nous a quittés en avril 2014, était le choix parfait pour partager la vedette avec des toons. Trop parfait : “Il volait la vedette dans chaque plan, il jouait tellement bien qu’il avait l’air plus animé que nos dessins, on a vraiment dû travailler dur pour mettre nos personnages à sa hauteur”, confiait à Première (au moment de la sortie du film sur nos écrans en août 1988) le dessinateur Richard Williams.

Robert Zemeckis partageait lui sa fascination pour la spontanéité de l’acteur : “Après le bout d’essai, une scène où il est censé se disputer avec Roger Rabbit, je lui ai demandé : ‘Comment fais-tu pour regarder dans le vide et fixer exactement l’endroit où serait Roger Rabbit ? C’est extraordinaire !’ Et il m’a répondu : ‘Tais-toi ! Si je commence à réfléchir, à comprendre comment je le fais, je n’y arriverai plus.’

Qui veut la peau de Roger Rabbit
Amblin

Une silhouette en forme de cube

Tellement marqué par le rôle que deux mois après la fin du tournage, il racontait avoir des hallucinations et voir des toons partout, Bob Hoskins a façonné Eddie Valiant à son image : “Quand j’ai su que j’avais le rôle, j’ai pensé que j’avais deux solutions : soit je partais faire une cure dans un institut spécialisé pour devenir plus mince et séduisant, soit je décidais de faire d’Eddie Valiant mon sosie : une silhouette en forme de cube. En relisant le scénario, je n’ai plus hésité. Eddie est un raté, un ivrogne. Il dort tout habillé, il commence presque à dérailler, et son look est vraiment le dernier de ses soucis. C’est comme ça que j’ai choisi de le jouer”, racontait l’acteur dans le même numéro de Première.

Un raté dont le partenaire est un lapin fictif recherché par la police… A l’époque d’avant les fonds verts, comment un comédien, formé au théâtre, parvient-il à construire son duo seul ?

“C’est en regardant ma petite fille de trois ans jouer avec des amis imaginaires que j’ai, en fait, trouvé le truc, expliquait-il. Mais heureusement que, de temps en temps, Charles Fleischer [qui prête sa voix à Roger Rabbit] venait sur le plateau, hors caméra, me donner la réplique. Et pour m’aider, il venait déguisé en lapin, ce qui, très sérieusement, m’a été d’une aide inestimable.”

Si c’est le film de Neil Jordan, Mona Lisa, qui lui valut un Prix d’interprétation à Cannes et une nomination à l’Oscar en 1986, ce rôle de détective loser qui se bat contre des toons n’en était pas moins une performance inoubliable – et c’est d’ailleurs surtout pour celle-là qu’on se souviendra de Bob Hoskins.

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La bande-annonce de Qui veut la peau de Roger Rabbit ?, diffusé ce soir sur Gulli :


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