Quatre questions pour comprendre les négociations en cours entre Québec et la fonction publique


Après des semaines de négociations, le Front commun intersyndical s’est finalement entendu avec Québec, tant sur les conditions de travail que les salaires de ses membres. Pendant ce temps, l’incertitude persiste quant au retour en classe des élèves le 8 janvier, tandis que, de son côté, la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) poursuit ses échanges avec le gouvernement par l’entremise d’un conciliateur. État des lieux en quatre questions clés.

Où en sont les négociations entre l’État et le Front commun intersyndical ?

Les quatre grandes centrales syndicales constituant le Front commun ont annoncé s’être entendues jeudi sur une proposition d’entente de principe qui établira les conditions salariales des 420 000 employés du secteur public représentés par le regroupement syndical. Une annonce qui survient après que l’ensemble des syndicats membres ont conclu dans les derniers jours des hypothèses d’ententes de principe aux tables sectorielles, au sujet des conditions de travail de leurs membres.

« On est parti dans la bonne direction pour en arriver à une convention collective avec l’État », constate ainsi le syndicaliste Réjean Parent, qui a présidé la Centrale des syndicats du Québec de juin 2003 à juin 2012. « Mais il y a encore du travail à faire. »

Cette proposition d’entente devra maintenant être soumise aux délégations syndicales concernées, qui auront à décider si celle-ci constitue une entente de principe en bonne et due forme. Les membres du Front commun seront ensuite appelés à se prononcer en assemblée générale afin de décider s’ils entérinent ou non cette entente, dont les détails n’ont pas encore été rendus publics.

« On vient d’écarter à toutes fins pratiques la possibilité d’une grève générale illimitée » en début d’année 2024, relève pour sa part en entrevue l’ancien président de la Confédération des syndicats nationaux Jacques Létourneau, qui voit dans cette proposition d’entente une « excellente nouvelle ».

Où en sont les négociations impliquant la FAE et la FIQ ?

La Fédération autonome de l’enseignement (FAE), qui représente 66 500 enseignants qui desservent notamment l’île de Montréal, sa banlieue ainsi que la région de Québec, a confirmé mercredi soir avoir établi une proposition globale de règlement avec le gouvernement. Celle-ci a été présentée jeudi matin aux neuf syndicats affiliés membres d’un Conseil fédératif de négociation, qui doivent décider si cette proposition peut être qualifiée d’entente de principe.

« Nous allons laisser le soin à notre instance de déterminer s’il s’agit d’une entente de principe qui répond aux besoins criants des enseignantes et enseignants ainsi que de leurs élèves. Les 66 500 membres de la FAE viennent de passer 22 jours dans la rue, sans salaire, pour se faire entendre. Nous respecterons nos processus démocratiques avant de nous prononcer davantage », a déclaré la présidente de la FAE, Mélanie Hubert, par voie de communiqué. Pour l’instant, la grève est donc maintenue et ne sera suspendue que si les membres de la FAE votent pour la fin de la grève.

La Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), pour sa part, continue de négocier avec le gouvernement du Québec avec l’aide d’un conciliateur. Il n’a pas été possible jeudi de savoir où en étaient ces discussions. « Tout ce que nous pouvons dire, c’est que les échanges se poursuivent avec le conciliateur et la partie patronale », a indiqué au Devoir la conseillère syndicale Floriane Bonneville. 

Est-ce que les élèves retourneront à l’école le 8 janvier ?

Si les syndicats membres de la FAE entérinent la proposition d’entente avec le gouvernement, la grève en cours depuis le 23 novembre pourrait alors prendre fin. Cela impliquerait alors que les élèves des écoles primaires et secondaires concernés par cette grève pourraient retourner en classe dès le 8 janvier, au terme des vacances de Noël.

Selon nos informations, un vote dans ce dossier était prévu en soirée, jeudi. Les membres de la FAE devront par la suite entériner cette entente dans le cadre d’assemblées générales qui auront lieu au retour des vacances des Fêtes, a annoncé la fédération syndicale mercredi soir.

« Selon moi, tous les élèves retourneront en classe le 8 janvier », entrevoit, optimiste, le syndicaliste Réjean Parent. 

Qu’est-ce que ça veut dire concrètement quand on annonce que les syndicats et le gouvernement « s’entendent » ?

Au terme de négociations intensives, de nombreux syndicats membres du Front commun, de même que la FAE qui n’en fait pas partie, ont convenu à des hypothèses d’ententes. Les détails de celles-ci sont inconnus et confidentiels à ce stade-ci, mais on peut en déduire que tant la partie syndicale que le gouvernement ont effectué des compromis afin d’en arriver à ces accords. « Il n’y a jamais une partie ou une autre qui concède tout », explique Jacques Létourneau. 

Il faudra maintenant voir si ces ententes sont à la satisfaction des membres des différents syndicats concernés. Chose certaine, « c’est une négociation qui inévitablement doit se conclure », poursuit le syndicaliste.

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