que réclament-ils ? Quelles sont les raisons de la colère ?

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Manifestations des agriculteurs : que réclament-ils ? Quelles sont les raisons de la colère ?

Les agriculteurs français manifestent contre le manque de moyens et les restrictions qui visent la profession.

La colère des agriculteurs sera-t-elle aussi forte que celle des gilets jaunes ? Le mouvement lancé depuis plusieurs jours, à l’appel des syndicats, prend une ampleur considérable. Les premiers blocages des axes autoroutiers, notamment dans le sud-ouest, sont plutôt vus avec bienveillance et compréhension par les Français. Aux côtés des camions alignés les uns derrière les autres, des mottes de pailles empilées pour former un barrage, les agriculteurs bénéficient plutôt du soutien des automobilistes et des riverains comme le rapporte Actu Toulouse et les manifestants eux-mêmes auprès des médias.

La FNSEA réclame le “déblocage urgent des enveloppes promises par l’État”, “la réhabilitation du taux d’exonération de la taxe de consommation sur les produits énergétiques” et de ne pas modifier les autorisations d’irrigations. Selon Christiane Lambert, présidente du Comité des organisations professionnelles agricoles de l’Union européenne, les agriculteurs qui doivent déjà faire face aux perturbations climatiques, à la flambée de leurs coûts de production et aux conséquences commerciales de la guerre en Ukraine, ont le sentiment de “se faire imposer” des mesures trop drastiques, notamment dans le cadre de la transition écologique, rapporte Ouest-France.

Concurrence, normes, transition écologique…. Les agriculteurs en colère

Est aussi pointé “l’édiction de règles et de normes de plus en plus lourdes à supporters”, comme l’a rapporté Etienne Gangneron, président de la chambre d’agriculture du Cher à l’AFP. 

Les agriculteurs expriment aussi leur mécontentement et leur crainte que le “Pacte vert de l’UE” qui vise à réduire de moitié d’ici 2030 l’utilisation des produits phytosanitaires chimiques, ne les laissent sans solutions pour cultiver les terres à bas coûts. D’autant que selon la FNSEA, il existe “une concurrence déloyale” des agriculteurs étrangers qui exportent dans l’UE sans être tenus à des normes aussi exigeantes.

“Le coût de l’énergie a explosé, les coûts des intrants ont augmenté, tout comme ceux de la main d’œuvre ou de l’alimentation animale”, a ajouté à l’AFP Christiane Lambert, présidente du Comité des organisations professionnelles agricoles de l’Union européenne. Pour les syndicats d’agriculteurs, la hausse des coûts de production n’est pas prise en compte par les industriels dans leurs négociations commerciales

La colère des agriculteurs français a d’abord été relayée dans les médias lorsque se sont opérés des retournements de panneaux signalétiques dans de nombreuses communes rurales. Une façon de dire qu'”#On marche sur la tête”, slogan repris partout. Le blocage de l’autoroute A6 et les rassemblements devant des administrations, le week-end dernier, a donné une autre visibilité au mouvement.

“Je peux vous dire que dès aujourd’hui et toute la semaine et aussi longtemps qu’il sera nécessaire, un certain nombre d’actions vont être menées”, a fait savoir Arnaud Rousseau, le président de la FNSEA, ce lundi 22 janvier sur France Inter.

Ces manifestations s’inscrivent dans un mouvement de colère plus large. Ces actions se multiplient “partout en Europe, notamment en Roumanie, aux Pays-Bas et en Allemagne”.

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