Québec fera des «ajustements» pour réduire les délais en francisation

Le gouvernement de François Legault procédera bientôt à des « ajustements » pour réduire les délais de traitement à Francisation Québec, à peine sept mois après le lancement de l’organisme.

Victime de son « succès », selon la ministre de l’Immigration, Christine Fréchette, Francisation Québec n’a traité que 40 % des dossiers en francisation des immigrants depuis son lancement en juin 2023, rapportait la semaine dernière Le Devoir. Le ministère convient lui-même qu’il lui faut maintenant jusqu’à 75 jours pour traiter une demande, soit 25 jours de plus que la norme de service.

« On a un immense succès avec la mise sur pied de Francisation en termes de popularité, il y a énormément de gens qui s’inscrivent, mais il faut comprendre qu’on est dans un contexte de transition. C’est vraiment l’équivalent d’une université en francisation qu’on est en train de mettre sur pied », a expliqué la ministre caquiste en chambre, mercredi.

Elle était alors interrogée par le député libéral André A. Morin, qui déplorait le « fiasco » dans la francisation des immigrants. « Un immigrant se fait offrir des cours en ligne alors qu’il a dit clairement qu’il n’avait pas d’ordinateur. Un jeune immigrant se fait inscrire dans l’éducation aux adultes alors qu’il devrait suivre les cours de francisation dans son école secondaire. Est-ce que la ministre peut mettre de l’ordre dans son ministère ? » a-t-il clamé.

Mme Fréchette assure qu’elle apportera « au cours des prochaines semaines » des « ajustements » au fonctionnement de Francisation Québec. « On va développer une nouvelle approche qui va requérir moins d’interactions entre le ministère et nos partenaires. Il faut [rappeler] qu’on a plus de 140 partenaires qui sont engagés dans cette mouvance de mise en place du processus de francisation », a indiqué la ministre.

« On va tester une nouvelle approche, à petite échelle. Et si ça donne les résultats escomptés, on pourra l’élargir à plus grande échelle », a-t-elle poursuivi.

Sollicité par Le Devoir, le cabinet de la ministre Fréchette n’a pas voulu donner davantage de détails sur ces modifications. « On ne sortira pas là-dessus aujourd’hui », a écrit l’attachée de presse Maude Méthot-Faniel.

Créé l’an dernier dans le cadre de l’adoption de la « loi 96 », l’organisme Francisation Québec est le carrefour des services de francisation pour les personnes immigrantes. La semaine dernière, Mme Fréchette avait aussi justifié la lenteur de sa prestation de service en citant les « enjeux de recrutement de professeurs ».

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