Québec revoit sa position sur la guerre Israël-Hamas

Le Québec révise sa position au sujet du conflit israélo-palestinien et demande la mise en place de « conditions d’une cessation durable des hostilités ». Contrairement à Ottawa, le gouvernement Legault n’exige toujours pas de « cessez-le-feu humanitaire immédiat » à Gaza. 

La ministre des Relations internationales, Martine Biron, a expliqué lundi avoir revu la position du Québec à la lumière d’une prise de position du Conseil de sécurité de l’ONU et d’une décision de la Cour internationale de justice. Cette dernière a sommé Israël vendredi d’empêcher tout acte éventuel de « génocide » et d’autoriser l’accès humanitaire à Gaza.

« Quand le Conseil de sécurité [de l’ONU] dit que les conditions doivent être mises en place pour un arrêt des hostilités, je pense qu’on doit entendre ce que le Conseil de sécurité dit », a lancé Mme Biron, en marge d’une annonce sur l’accès à l’avortement au Québec.

La ministre a aussi souligné que le Conseil de sécurité avait exigé l’acheminement « à grande échelle » de l’aide humanitaire à Gaza. « Je n’ai pas l’impression que ça a été fait », a-t-elle observé. 

« C’est un conflit qui évolue. Mon enjeu, c’est celui du Hamas. Le Hamas est un mouvement terroriste, mais force est d’admettre que les populations civiles dans Gaza sont dans une situation terrible », a déclaré Mme Biron. « On ne doit pas céder face à un mouvement terroriste comme celui du Hamas, mais quand même, à quel prix ? Les civils dans Gaza souffrent énormément, ce serait bien […] qu’on puisse apaiser les souffrances des innocents. »

Toujours pas de cessez-le-feu

 

La ministre Biron a confirmé que le Québec ne demande toujours pas un cessez-le-feu à Gaza. Pour cela, il exige d’abord « la capitulation du Hamas » et la libération des otages israéliens.

À la mi-décembre, Québec avait refusé d’emboîter le pas à Ottawa, qui avait alors demandé un « cessez-le-feu humanitaire immédiat » à Gaza. « Le Hamas, mouvement terroriste reconnu par plusieurs États dont le Canada, doit rendre les armes. De plus, les otages doivent être libérés pour que l’on puisse envisager un cessez-le-feu », avait alors déclaré le cabinet Biron au Devoir.

On ne doit pas céder face à un mouvement terroriste comme celui du Hamas, mais quand même, à quel prix ?

Deux jours plus tôt, Ottawa avait voté pour une résolution exigeant un cessez-le-feu de l’Organisation des Nations unies (ONU), de concert avec 152 autres États. Justin Trudeau avait auparavant envoyé un communiqué conjoint avec ses homologues de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande, dans lequel il exigeait un « cessez-le-feu durable », tout en demandant au Hamas « de libérer tous les otages ».

L’attaque surprise menée par le Hamas le 7 octobre a entraîné la mort d’environ 1140 personnes en Israël, selon un décompte de l’Agence France-Presse réalisé à partir de chiffres officiels israéliens. La majorité des victimes sont civiles. En guise de riposte, Israël a lancé une attaque d’une « force sans précédent » à Gaza et fait plus de 25 000 morts, principalement des femmes et des enfants, selon le ministère de la Santé du Hamas. Israël affirme que 132 personnes prises en otage sont toujours à Gaza. 

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