Qu’est-ce qui coûtera plus cher en 2024 ?

L’inflation ralentit au pays. L’évolution de l’indice des prix à la consommation sur un an est passée de 6,8 % en novembre 2022 à 3,1 % douze mois plus tard. En d’autres mots, les prix augmentent toujours, mais moins rapidement. Le Devoir a fait un survol des postes de dépense qui devraient continuer à croître en 2024.

Le logement

Le coût du logement accapare près du tiers du budget des ménages au pays, selon Statistique Canada. Tant pour les locataires que les propriétaires, l’année 2024 s’annonce corsée.

Le prix des loyers devrait poursuivre sa tendance haussière. La Société canadienne d’hypothèques et de logement prévoit une hausse de près de 10 % du loyer moyen pour un logement de deux chambres dans la région de Montréal en raison du faible taux d’inoccupation.

Pour les acheteurs, les experts sont divisés quant à l’évolution des prix en 2024. Chez Royal LePage, on mise sur des hausses de 4,5 % à 6 % selon le type d’habitation dans le Grand Montréal, alors que l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec prévoit des hausses de 1 % à 2 %. La Banque TD croit plutôt à une baisse des prix de 10 % d’un océan à l’autre.

Chose certaine, les ménages ayant contracté une hypothèque avant la hausse des taux entamée par la Banque du Canada en mars 2022 doivent s’attendre à un choc tarifaire au moment de leur renouvellement. Bien que le taux directeur — qui influence les taux hypothécaires — se soit stabilisé à 5 % depuis le mois d’août, nous sommes bien loin du 0,25 % qui prévalait en mars 2020. Les paris sont ouverts quant au moment où les taux baisseront, ce qui pourrait arriver au deuxième trimestre de 2024, selon plusieurs économistes, mais à leur niveau actuel, la mensualité hypothécaire médiane au pays devrait croître de plus de 5 % en 2024, selon la Banque du Canada.

« Le logement est un besoin essentiel et le manque encore criant d’unités pour satisfaire à la croissance de la demande et de la population est voué à perdurer, tant et aussi longtemps que les investissements des paliers de gouvernements ne se concrétiseront pas dans le paysage urbain », explique Dominic St-Pierre, vice-président et directeur général pour le Québec chez Royal LePage, dans un blogue publié en décembre.

L’alimentation

Deuxième poste en importance dans le portefeuille des Canadiens, le prix des aliments n’a pas fini de faire jaser. Dans un rapport paru en décembre, les chercheurs de quatre universités canadiennes ont prévu que le prix des aliments augmentera de 2,5 % à 4,5 % au pays dans la prochaine année. Le prix des produits de boulangerie pourrait croître jusqu’à 7 %, tout comme celui de la viande et des légumes. La facture au restaurant devrait quant à elle augmenter de 3 % à 5 %. À noter que pour le Québec, après une hausse globale de 6,7 % en 2023, les chercheurs s’attendent à une augmentation inférieure à la moyenne nationale en 2024.

Le transport

Les Canadiens allouent 15 % de leurs dépenses au transport. L’Agence internationale de l’énergie prévoit un prix du baril de pétrole Brent — un indice de référence — à 83 $US l’an prochain en raison d’une diminution de la production des pays de l’OPEP +. Le prix du baril s’élevait à un peu plus de 76 $US à la fin décembre, mais a été très volatil durant l’année, notamment à cause des tensions géopolitiques.

Si l’évolution des prix à la pompe est incertaine, celle des véhicules neufs et d’occasion pointe vers le haut. La hausse du prix d’achat aurait été entre 5 % et 8 % en 2023. Charles Bernard, économiste principal à la Corporation des associations de détaillants d’automobiles, prédisait cet été que les prix ne redescendront pas considérablement en 2024. Il expliquait cela par la rareté des véhicules neufs et la hausse des prix de fabrication des manufacturiers, entre autres.

Pour ce qui est des transports en commun, la Société de transport de Montréal annonce généralement ses hausses de tarifs au printemps. Elles ont été en moyenne de 2,63 % entre 2018 et 2023.

Les taxes et les services publics

À Montréal, les taxes municipales pour les immeubles résidentiels augmenteront en moyenne de 4,9 % l’an prochain. La Ville de Québec a limité sa hausse à 3,9 %.

En octobre, François Legault a promis que les tarifs résidentiels d’Hydro-Québec, maintenant indexés à l’inflation, n’augmenteront jamais de plus de 3 % par année. La hausse des prix dépendra donc de l’indice des prix à la consommation, qui est sur une trajectoire descendante. Des hausses de tarifs supérieures sont prévues pour les commerces, ce qui devrait de se répercuter, du moins en partie, sur la facture des consommateurs.

Les automobilistes des banlieues montréalaises devront payer une taxe sur l’immatriculation de 59 $ destinée à financer les transports collectifs à partir du 1er janvier 2024. À Montréal, où cette mesure existe déjà, la taxe passera de 45 $ à 59 $, une hausse de 31 %.

La cotisation annuelle maximale d’un travailleur québécois au régime d’assurance emploi augmentera de 781 $ à 834 $ (+ 6,8 %) en 2024. Pour le Régime des rentes du Québec, la cotisation maximale augmentera de 7,7 %.

Et tout le reste…

Selon le site Ratehub.ca, les primes d’assurances devraient continuer leur ascension en 2024, notamment en raison de prix élevés de remplacement des biens et des risques accrus de catastrophes naturelles en raison des changements climatiques.

Avis aux voyageurs : à compter de mars 2024, les frais d’améliorations aéroportuaires passeront de 35 $ à 40 $ par billet à l’aéroport international Montréal-Trudeau.

Tout cela à de quoi en décourager plusieurs. Rappelons toutefois que la hausse des salaires à permis d’améliorer le pouvoir d’achat des ménages québécois depuis 2019. À ce propos, dans une note basée sur des consultations menées auprès des différentes firmes en rémunération, le Conseil du patronat estimait en septembre que les salaires devraient augmenter de 3,6 % à 4,1 % en 2024, soit des taux au-dessus de l’inflation anticipée.

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