Sandrine Rousseau soutient “certains” agriculteurs et fustige les autres

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Sandrine Rousseau soutient "certains" agriculteurs et fustige les autres

La députée EELV de Paris Sandrine Rousseau réclame un “grand plan de transformation de l’agriculture”. Elle apparaît toutefois en désaccord avec les agriculteurs au sujet des normes qui leur sont imposées et des pesticides utilisés.

La colère du monde agricole monte. Alors que ce lundi marque déjà le cinquième jour des actions de blocage de la part des agriculteurs dans le pays, le premier ministre Gabriel Attal recevra ce lundi 22 janvier à 18 heures la FNSEA. Le président du syndicat agricole a déclaré que des actions seront menées “aussi longtemps qu’il sera nécessaire”. Dans le même temps, la députée EELV Sandrine Rousseau, figure de la cause environnementale s’est exprimée ce lundi matin au micro de Sud Radio sur la gronde des agriculteurs et les problématiques profondes qui touchent leur profession. 

“Le sujet c’est le réchauffement climatique, pas les normes”

Pour l’élue de Paris, “le sujet c’est pas l’environnement, c’est comment on réorganise le secteur agricole. Il faut produire différemment, avec moins d’impact sur l’environnement, avec plus de revenus”. En effet, l’une des revendications des agriculteurs concerne bien les salaires. “J’ai des amis à moi qui parlent de suicide. Il faut attendre quoi pour un réveil de l’État ?” s’alarme Jérôme Baille, organisateur du blocus de l’autoroute A64 au sud de Toulouse, ce week-end au micro d’Europe 1. Si les agriculteurs regrettent de ne pas vivre de leur travail, Sandrine Rousseau dit “comprendre la colère”. En revanche, “je ne suis pas pour qu’on continue dans le modèle agricole tel qu’il est actuellement. Il faut des discussions intelligentes parce qu’aujourd’hui, personne n’a la solution”. 

Pas toujours en phase avec le monde agricole et l’élevage, Sandrine Rousseau n’a pas hésité à mettre sur la table la cause environnementale qui lui est chère : “Le sujet c’est le réchauffement climatique, pas les normes. Comment fait-on pour que les agriculteurs puissent encore exister ? Comment fait-on pour que ça n’assèche pas les ressources en eau ? Comment fait-on pour que les sols soient vivants ?” a-t-elle lancé, toujours sur Sud Radio. Pourtant, ce sont bien ces normes environnementales qui sont régulièrement décriées par les agriculteurs. 

Des normes trop lourdes pour les agriculteurs

Ce qui est pointé du doigt, c’est notamment “l’édiction de règles et de normes de plus en plus lourdes à supporters”, comme l’a rapporté Etienne Gangneron, président de la chambre d’agriculture du Cher à l’AFP. Les agriculteurs expriment également leur mécontentement et leur crainte que le “Pacte vert de l’UE” qui vise à réduire de moitié d’ici 2030 l’utilisation des produits phytosanitaires chimiques, ne les laissent sans solutions pour cultiver les terres à bas coûts. D’autant que selon la FNSEA, il existe “une concurrence déloyale” des agriculteurs étrangers qui exportent dans l’UE sans être tenus à des normes aussi exigeantes.

Les agriculteurs “ne sont pas les premiers écologistes de France” dénonce Rousseau

De son côté, Sandrine Rousseau n’hésite pas à remettre en cause certains agriculteurs : “le monde est entrain de se transformer. Les agriculteurs sont les garants de la préservation de la biodiversité”. Mais alors, sont-ils les premiers écologistes ? “Quand ils font des mégabassines et qu’ils rasent toutes les haies, non,  ce ne sont pas les premiers écologistes de France”. La députée de Paris regrette notamment que “certains agriculteurs sur-utilisent les pesticides. On arrive pas a diminuer les pesticides en France”. Elle réclame maintenant un “grand plan de transformation de l’agriculture en soutien des agriculteurs, pas en soutien des industriels de l’agriculture qui tuent nos campagnes”.
 

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