«Sous pression», un premier spectacle solo inégal de Louis Morissette

Pour ses 50 ans, Louis Morissette a décidé de se faire plaisir en s’offrant un premier spectacle solo en carrière. Monsieur madame Tout-le-Monde peut néanmoins trouver son compte dans ce one-man-show très autoréférentiel, à condition de ne pas être de ceux qui exècrent la surexposition médiatique du couple qu’il forme avec Véronique Clouter. Certains gags d’une débilité navrante auraient toutefois mieux fait de mourir avec les Mecs comiques.

Contrairement à la tournée Les Morissette, Véro n’est pas sur scène cette fois, mais elle n’est pas moins omniprésente dans le premier one-man-show de son mari, Sous Pression, dont la première partie est assurée par leur fils, Justin.

La célébrissime animatrice est au coeur de bon nombre d’anecdotes. Toute la première partie du spectacle est même consacrée à retracer le parcours des Clourissette : de leur rencontre en 2001, quand Véro était déjà une superstar et Louis un obscur humoriste, jusqu’à aujourd’hui.

Louis Morissette revient entre autres sur l’échec de l’émission V.I.P, annulée après une seule émission en 2004, sur son conflit avec Québecor à la suite d’un sketch dépeignant Pierre Karl Péladeau en Séraphin, puis sur la controverse autour du Bye Bye 2008. Il n’occulte pas non plus l’arrestation en 2004 de son beau-père Guy Cloutier. « Ce jour-là, notre monde s’écroule », confie-t-il.

Soit. Mais pourquoi vouloir encore ressasser tous ces souvenirs ? Louis Morissette, aujourd’hui l’un des hommes les plus influents de la télévision québécoise, a déjà l’opportunité de le faire sur tous les plateaux de télé et les balados où il est invité.

Et pourtant, il s’agit quand même de la partie du spectacle la plus divertissante. Car pour retracer les moments phares de sa carrière, Louis Morissette s’appuie sur des images tirées des archives des magazines à potins de l’époque. On sourit en voyant les titres sensationnalistes des vieilles couvertures de revues et les photos peu avantageuses de Louis Morissette qui les accompagnaient. L’occasion de constater que la presse jaune de Québecor a longtemps eu en grippe Véro et Louis.

Ce spectacle prend d’ailleurs quelques fois des allures de règlements de compte avec Pierre Karl et Julie, l’ancien « power couple » de l’empire, antagonistes de toujours de Véro et Louis, qui leur envoie plusieurs flèches durant le one-man-show. Jamais on ne le verra dans la même pièce que Julie Snyder, prévient-il dès le départ, avant de se moquer des divorces du président et chef de la direction de Québecor. « J’ai hâte de voir ma critique dans le Journal de Montréal », nargue-t-il.

Deuxième partie plus faible

La seconde partie du spectacle se veut plus personnelle. Et ça s’avère beaucoup moins réussi. Pendant un moment qui nous paraît interminable tellement il est gênant, Louis Morissette raconte que Véro a dû l’aider à aller à la selle lorsqu’il était hospitalisé avec l’épaule déboîtée. Pire : elle a même dû l’essuyer une fois la chose faite ! Louis Morissette s’adonne aussi à la vulgarité lorsqu’il raconte les effets secondaires des anxiolytiques, qui le font « bander dur », sans qu’il soit capable de « venir ».

Les anxiolytiques, des médicaments prescrits pour traiter l’anxiété, font maintenant partie de sa vie. Bourreau de travail, le prolifique producteur a frappé un mur en 2021, lorsqu’il a perdu momentanément l’audition d’une oreille à cause de la pression qu’il s’inflige. D’où le titre de ce one-man-show, Sous pression.

Ce passage du spectacle est empli de longueurs, à tel point qu’on croirait assister à une conférence plutôt qu’à un spectacle. Jusqu’à ce que Louis Morrissette balance une blague sur la surdité des enfants de René Simard. Quel culot ! Rappelons qu’un sketch sur Nathalie Simard était entre autres à l’origine de la controverse autour du Bye Bye de 2008.

Mais c’est plus fort que lui. Louis Morissette a toujours été un provocateur. Dans les séries et les films qu’il scénarise, il se permet d’ailleurs toujours des critiques assez acerbes sur la société et sur le couple. Il le fait avec intelligence. Dommage qu’il ait choisi un tout autre registre pour sa première expérience en solo sur scène.

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